about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

27 mars 2006

Ce que femme veut...

« Journée de la femme », rien que le nom fait hurler au scandale les plus féministes d’entre nous. Cela sous-entend clairement que les 364 autres jours de l’année sont dédiés à vous messieurs, et c’est pour cela que j’en parle le 27 mars et non le 8, eh oui, pourquoi ça ne serait pas aujourd’hui et tous les autres jours de l’année ?
Je vois d’ici Monsieur CarrieB et ses acolytes masculins (je n'ai pas dit alcooliques) brandir la pancarte féministe dès que je fais allusion à l’injustice de notre situation de femme, au partage – équitable – des tâches domestiques ou à la nécessité de rabattre ce foutu abattant de toilettes.
Ben oui mais il fallait bien que je parle de ça sur mon blog, c’est aussi moi, ça (malheureusement, je sais).
Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, c’est l’une des explications possibles des conceptions différentes des deux sexes au niveau…d’à peu près tout.
Encore faudrait-il que que Mars se situe à l’entrejambe et Vénus un peu plus haut dans la tête.
Alors soyons fous, aujourd’hui j’ai décidé d’être bonne princesse et de me faire l’avocate de la dernière chance, ou de l’avant-dernière, ou de l’antépénultième (oh, vous avez même appris un mot dites donc : c’est un blog ou l’on s’instruit ici)…
Je m’étonne souvent de la facilité à comprendre les hommes, de l’uniformité de leurs pensées sur les grandes lignes (je précise, avant qu’on crie à la toutlemondedanslemêmesac-tion) et de la simplicité que peut avoir une femme à les manipuler (je ne parle pas de moi, bien sûrrrrr), en anticipant leurs besoins et réactions notamment .
Cela paraît si évident que la femme ne comprend pas qu’il n’en soit pas de même à son encontre. Pourtant j’avoue que ça n’est pas si simple et que même les plus grands, tels Freud, se sont cassés les dents sur le mystère de la femme. Pourquoi la Joconde La Joconde Interactive - Mona Lips-synch - Exposition Images à Paris - Cité des Sciences, Francesourit-elle de cette façon si énigmatique? Beaucoup de théories ont été avancées, tout comme pour la vache qui rit.
La femme n’est que complexité et paradoxe, et c’est ce qui en fait tout le charme (enfin, après le physique aux courbes judicieusement situées et les dons de cuisinière-remplisseuse d’estomac de mâle affamé).
L’homme, attiré par les défis et curieux de nature, va s’acharner toute sa vie durant à essayer de la deviner. C’est une merveilleuse motivation et un moteur quotidien de l’amour, jusqu’à ce qu’il s’en lasse….
Sous la pression d’une demande grandissante d’hommes désespérés et de femmes au bord de la rupture, je vais tenter d’élaborer une ébauche de liste (non exhaustive) des attentes générales d’une femme envers celui qui souhaite partager sa vie.
Certaines choses vont paraître évidentes à la gent féminine mais seront sans doute une découverte capitale pour certains de nos homologues masculins…
Vous devez tout simplement :
- Etre (à peu près, ne demandons pas la lune) sain d’esprit, psychologiquement pas (trop) dérangé
- Etre là quand on a besoin de vous, pas au bistrot du coin, ça a l’air bête comme ça
- Vous intéresser (ou au moins faire semblant, mais sincèrement, avec hochement de tête et yeux écarquillés) à ce que l’on raconte, même s’il s’agit de la mort du poisson rouge d’une collègue de boulot que vous ne connaissez ni d'oeil ni de dents (c'est plus marrant comme ça)
- Etre sympathique avec notre maman et notre meilleure amie, on ne séduit pas une femme mais 3, pas de la même manière bien entendu
- Accepter de partager les tâches de la maison (allez, on vous laisse même choisir), ce qui contrairement à votre a priori ne détruit pas votre virilité, mais au contraire vous rend beaucoup BEAUCOUP plus sexy (si, si !)
- Ne pas complètement vous laisser aller jme rase plus, jme lave plus, je grossis, pète-et-rote en mangeant, après confirmation que madame vous aime vraiment, sinon elle n’ a qu’à faire pareil et vous verrez si c’est rigolo
- Essayer de nous surprendre chaque jour (bon, on va dire une fois par mois) pour que ne s’éteigne pas la flamme passionnique (oui, je sais ça n'existe pas, alors j’ajoute « nous laisser inventer les mots qu’on veut sans discutailler »)
- Etre un tant soit peu responsable, dans tous les sens du terme (indice : accessible à la page R du dico, pour ceux qui n’en connaissent pas la signification).
La liste pourrait évidemment être plus longue, ne nous voilons pas les fesses (mot magique grand générateur de trafic dans les moteurs de recherche, ndlr).
Mais à bien y regarder, ça n’a rien de bien compliqué tout ça, et les hommes vont me rétorquer (encore une réaction prévisible, pfff) que ce sont nous, les femmes, qui sommes d'éternelles insatisfaites.
Alors je dis oui, c’est vrai, je le reconnais, mais vous savez pourquoi ? C’est uniquement pour vous bonifier, vous stimuler, vous magnifier, vous rendre meilleurs, messieurs, et ne me dis pas, toi, l’homme qui me lis, que tu ne veux pas être le meilleur de tous, superman omniscient séduisant performant ? Je vois d’ici les poils de ton ego qui se dressent (non non, ton ego ne se trouve pas entre tes jambes)...

19 mars 2006

Madame BADABOUM - Part Two

La palme revient cependant et d’une bonne longueur d’avance à cette mésaventure dans le plus gros parc d’attractions d’Allemagne, et qui vaut bien un article à elle seule. Ce jour là il faisait vraiment, mais vraiment très chaud, et après quelques attractions je cherchais un moyen de me rafraîchir.
Il y avait ce grand bassin au milieu de l’allée principale, autour duquel plusieurs dizaines de touristes étaient assis, laissant leurs jambes pendouiller dans l’eau fraîche et limpide. Evidemment je me suis empressée d’en faire de même et de me délecter de cette sensation.
C’est incroyable comme cette eau était claire, malgré les centaines de pieds plus ou moins propres et odorants qui la brassaient.
On pouvait nettement distinguer les mosaïques composant le fond du bassin, une cinquantaine de centimètre en dessous.
Un panneau sur le bord du bassin me paraissait bien insolite : il y était noté en plusieurs langues qu’il était interdit de se baigner dans le bassin !
Je me suis dit qu’ils étaient vraiment fous ces allemands ou qu’ils anticipaient la venue d’un bus de minipouss susceptibles de pouvoir nager dans si peu d’eau.
Et puis je me suis dit qu’après tout il n’était visiblement pas interdit de faire quelques pas dans l’eau afin d’accélérer le processus de rafraîchissement.
D’ailleurs, qu’est-ce qu’ils étaient stupides les autres, de ne pas y a voir pensé !
Et c’est là qu’arriva le drame.Ca s’est passé très vite.
Je me suis levée de ma position assise les pieds dans l’eau, et là ce fut la descente dans les abysses façon Jacques Mayol sans l’apnée.
Il se trouve qu’en fait il n’y avait pas 50 cm d’eau mais à peu près 250, grosse erreur d’appréciation de ma part je l'admets.
Il se trouve aussi que j’étais entièrement habillée et que je portais mon portefeuille, mes papiers, mon paquet de cigarettes et autres affaires vitales autour de la taille dans une chose qui s’appelle « banane» et qui n’est pas un fruit.
J’espère d’ailleurs qu’il n’en existe plus de nos jours que dans les musées d’accessoires kitch.
Il se trouve également que ma chute fit un certain gros plouf, accompagné d’un cri de désespoir la bouche pleine d’eau, ce qui a inévitablement attiré l’attention de la totalité des touristes à une centaine de mètres à la ronde. Et ils riaient, il riaient…
Voilà comment je figure sans doute sur les albums photos souvenirs de familles de toute l’Europe, mais pas forcément sous mon meilleur profil.
Je n’avais pas à l’époque d‘équipe de sécurité pour récupérer toutes les pellicules ;-)

Bonus track (eh bien, quelle persévérance !) :

Bien sûr il y en a eu d’autres depuis, notamment une à 6 mois de grossesse où il a fallu que j’explique aux urgentistes ébahis que je ne venais pas pour un accouchement prématuré.
Juste que je changeais mes draps debout sur le lit (hum, chacun sa technique) et que j’avais malencontreusement glissé entre ledit lit et le mur de la chambre. Ceci en laissant mon pied coincé entre le matelas et le rebord du lit. Une entorse, qu'ils ont dit, en me précisant au passage qu'il était parfaitement possible de mettre une housse de couette en restant au sol.
Ouais ouais, mon ventre arrondi avait juste compliqué les choses en décalant la latitude de mon centre de gravité, c'est tout.

Epilogue (ça y est, c’est la fin !) :

Bien sûr il y en aura encore d’autres, mais je ne m’inquiète pas : la relève est assurée par ma fille, qui a déjà fait ses preuves et développé de belles dispositions.
Je crois que c’est ce qu’on appelle le poids de l’hérédité.

Madame BADABOUM - Part One

De quoi allons nous parler maintenant? Je vous le donne en mille : de moi pardi, tiens, pour changer, et plus précisément de mes chutes.
Pas de ma chute de rein, non désolée public masculin, je parle de mes gadins, gamelles, culbutes, tourneboules et autres rateaux.
Pour resituer dans le contexte, comment dire, les fées Maladresse et Etourderie se sont sans doute attardées un peu trop au dessus de mon berceau.
Ajoutez à cela une grande difficulté à situer dans l’espace mon centre de gravité et vous aurez une ébauche d’explication à ce qui va suivre.
Ceci est bien sûr un récit non exhaustif de mes mésaventures chutesques, mais il a bien fallu faire une sélection arbitraire des plus mémorables.
Lorsque je parle d’étourderie, ma vénérable maman aimait à dire de moi petite que j’avais de la chance d’avoir les fesses attachées, au moins une chose que je ne pouvais ni perdre ni oublier. Non mais vous imaginez : « merdeeuuuu j’ai encore oublié mes fesses aux toilettes ! », « excusez moi vous n’auriez pas vu une paire de fesses ? bien roses, pas très musclées ? », on pourrait même repartir avec des fesses qui ne sont pas les nôtres, ce serait horrible !
Bref, rêveuse, perdue dans mes pensées, des détails tels que rapporter mon sac de l’école ou mettre des chaussures pour y aller ne m’apparaissaient pas comme une évidence.
Comme une suite logique, j’ai très tôt développé un don pour la chute gratuite, sans motif particulier, au point que mon instituteur de primaire me félicitait les rares et bénis jours où je ne tombais pas, en heures scolaires bien entendu.
Je collectionnais les bleus comme d’autres les timbres du Mozambique ou les bâtonnets d’esquimaux au chocolat blanc.
Je me rappelle d’ailleurs de ce fameux jour où j’ai voulu faire une démonstration de kung-fu (ne cherchez même pas à comprendre) avec une jupe en jean bien droite juste au dessus du genou.
La première jambe s’est jetée en l’air pour atteindre l’angle visé de 90°, mais la 2ème, appelée aussi jambe d’appui, a été emportée par le mouvement dès les 45°, ce qui ne serait soit-dit en passant jamais arrivé quelques années plus tard avec l’avènement du stretch.
La malédiction m’a poursuivie au collège, avec notamment la chute la plus impressionnante puisque la plus blessante : trébuchage sur un p#$^ @} de sac abandonné sur le sol de la cour, tombage de tout mon long et face la première sur le béton gravillonné, suivi de mauvais soignage par femme de ménage infirmière à ses heures, mais défigurage définitif évité de justesse par vrai médecin pas familier du chiffon à poussière.
Je suis attirée par les obstacles, cailloux, trous, murs, poteaux, comme le chat persan par le Sheba, c’est plus fort que moi, et ce toujours en public, de préférence nombreux.
Cet été-là j’avais acheté des lunettes de soleil branchées ultra frime style John Lennon, mais à travers lesquelles, il faut le dire, je ne voyais rien du tout (verres trop teintés et myopie non corrigée).
Devant un supermarché une voix m’interpelle à droite sur le parking et je tourne donc la tête comme si de rien n’était pour saluer ma connaissance, que je ne pouvais évidemment pas distinguer, d’un vaste sourire accompagné d’un signe de la main.
Ceci tout en continuant à marcher bien entendu.
C’était un samedi après-midi de jour de paye et la rencontre brutale et franche de ma tête avec le poteau métallique d‘entrée du magasin n’est pas passée inaperçue.
Elle a aussi laissé comme un ironique trophée la marque de mes feues lunettes imprimée sur le côté gauche de mon visage pendant une bonne semaine.

Bravo, tu as réussi à lire la totalité de la première partie sans mourir d’ennui, ce qui n’était pas gagné avouons-le. Tu as droit à la 2ème partie et son bonus track final si tu es encore assez beau(belle) et intelligent(e) pour aller jusque là…

11 mars 2006

Pour toi Franck Dubosc

Ah, cette histoire de Prince Charmant fait encore couler beaucoup d’encre, même de nos jours.
Pourtant j’avais vraiment pensé l’avoir rencontré, un jour en Californie. Comment ça, je vous ai pas raconté ?
J’étais là-bas pour une compèt’ de beach volley, oh juste un tournoi international de bienfaisance au profit des victimes de mines antipersonnelles, un tournoi bénévole de rien du tout.
Ah, Malibu, sa boisson alcoolisée à la noix de coco, ses alertes, et ses plages de sable fin bondées d’hommes aux muscles saillants et au bronzage luisant, ruisselant de sueur et tentant vainement de se rafraîchir en faisant doucement rouler une canette de soda glacée sur leur torse imberbe…
Bref, le jour suivant la victoire finale de mon équipe, je dis mon équipe parce que j’en étais l’humble capitaine, était le jour prévu du retour vers ma France natale, my birth nation.
Ce matin là, vers 5h/5h30, après avoir fait mes 20 km de footing quotidien dont 5 en roller à reculons, je faisais quelques étirements sur la plage en regardant le soleil se lever, the sunrise, sur l’océan agité.
Quand tout à coup un cri couvre la voix pourtant anormalement aigüe des Bee Gees, vantant les mérites du Surf in USA dans mon oreille droite.
Un cri, un appel au large, la voix d’une petite fille aveugle d’à peine 6 ans s’étant laissée porter par le courant dans sa petite bouée canard jaune.
Elle criait : « help me, help me, I’m blind and I’m 6 years old, and I'm lost in ocean in my little yellow-duck buoy!”
Bêtement ce jour-là j’avais opté pour le traditionnel micro bikini string cache tétons bronzage optimal plutôt que pour mon nageur profilé séchage rapide.
Jetant un rapide coup d’œil à l'océan en évaluant les courants et la vitesse du vent, je vis effectivement un point jaune au loin, à vue de nez à 2,34 miles de là.
N’écoutant que mon cœur de femme sensible, je me jetai dans les vagues, d’abord en courant après une tentative infructueuse de brasse coulée à 30 cm du bord, puis, dés qu’il y eut suffisamment d’eau, à la nage, combinant papillon double axel et dos crawlé triple boucle piquée jusqu’à la pauvre petite en pleurs.
2 minutes 27’18’’ après (je n’avais pas mon nageur, je vous l’ai dit), nous étions de retour sur la plage sous les bravos des quelques centaines de badauds présents.
Sa mère, aveugle elle aussi mais à qui on avait gentiment signalé qu’elle parlait depuis quelques minutes au drap de bain vide à côté d’elle, se fraya un passage à travers la foule à l’aide de sa canne blanche, her white cane, pour venir serrer la petite Hope dans ses bras.
Elle m’honora d’un « thank you very much, you are God’s gift, the best person on this earth, such a beautiful angel », enfin je ne me rappelle sans doute pas de toutes ses paroles en détail. Après quelques photos et la promesse sincère d’acheter l’après-midi même à Hope un chien guide amphibie, je repris le chemin de l’hôtel où je devais participer à un championnat d’échecs.
Un dénommé David C., qui passait par là et qui avait assisté à la scène, vint à ma rencontre.
Uniquement vêtu d’un short de bain rouge (!), il essuyait une larme au coin de son œil et me tendit une main chaleureuse. Alors que je lui demandais qui il était, ce qu’il voulait, et pourquoi il avait opté pour le rouge qui ne le mettait pas forcément en valeur, il décela ce faible accent français qui nous rapprocha immédiatement, en plus de mon bonnet C et de mes jambes interminables.
C'était sa tenue de travail, il était figurant dans une série, Baywatch si ça vous dit quelque chose.
Je me suis installée chez lui après sa demande en mariage, et le lendemain, concours de circonstances, Yasmine B. se cassait une jambe et David B., Mitch pour les intimes, me demandait de la remplacer au pied levé, et vous connaissez la suite…
Comment ça non ? C’est juste que les épisodes n’ont jamais été diffusés en France pour que je puisse continuer à mener une vie normale, et que David préférait à l’époque rester discret sur sa vie privée.
Se jeter de dépit dans les bras de Pamela A. et décider de se mettre à la chanson pour exprimer sa douleur, tout ce gâchis est ma faute quelque part.
Tout ça parce que j’ai rencontré Sören, ce mannequin suédois professeur d’océanographie lors d’une expédition « sauvons les baleines » en Arctique canadien…
Comment ça, je vous ai pas raconté ????

05 mars 2006

Il était une fois...

Comme la plupart d’entre nous, en tous cas celles en couple ou qui l’ont été un jour ou l’autre plus d’une semaine, j’ai depuis longtemps renoncé à l’idée du prince charmant.
Qui ? Vous savez, ce gentilhomme-pâte à modeler que l’on peut façonner selon ses envies, ce Ken au sourire ultra bright qui brave tous les dangers et n’a d’autre préoccupation dans sa vie que d’être avec nous chaque seconde qui passe. Pour quoi faire ?
On en sait rien à vrai dire, juste être avec nous et s’aimer très fort très fort.
Enfermée dans la tour, ou plutôt dans ma chambre à l’étage de la maison de mes parents, je l’imaginais, grand, brun (même si dans les contes de fées il est toujours blond), imberbe (parce que je n’aime pas les poils), musclé mais pas trop (ben, tant qu’à faire), arrivant sur son fidèle destrier (une 103SP aurait suffi) et me délivrant de l’emprise parentale en grimpant jusqu’à moi grâce à ma longue tresse (je les avais laissé pousser exprès)…
N’empêche que ça doit faire super mal et que le prince de mon livre de contes de fées n’a rien de bien viril dans son petit collant moulant, même si à l’époque la taille de son…n’avait pas grande importance à mes yeux.
Est-ce à cause de sa tenue qu’a priori il n’a pas d’amis (sinon il ne se battrait pas toujours tout seul), pas de vie sociale et ne travaille même pas ? Ben non, c’est volontaire : pas le temps, puisqu’il faut qu’il défie des dragons et surmonte les sortilèges d’une vilaine sorcière.
D’ailleurs, soit dit-en passant qu’est-ce qu’elle est chiante celle-là et de quoi elle se mêle ?
Ca serait quand même beaucoup plus facile si elle nous lâchait un peu la grappe, non ?
Elle pourrait s’inscrire à un club de scrabble ou se passionner pour les Feux de l’Amour, ça l’occuperait.
Revenons à notre top-model. Certes son statut de prince doit bien lui valoir une certaine richesse et quelques relations bien placées mais bon, ça cache sans doute quelque chose.
Dans l’Histoire les royaumes se faisaient et se défaisaient au rythme des guerres et au prix des plus viles barbaries. Ca n’a pas beaucoup changé depuis d’ailleurs.
Et on voudrait nous faire croire que ce prince-là, tout aussi charmant qu’il soit, n’a rien à se reprocher et que ses biens ont été acquis dans la plus stricte légalité et sans avoir fait ni veuve ni orphelin ? Ben voyons.
Et moi, la princesse, je n’ai rien demandé, moi, tranquille en train de dormir ou de balayer quelques cendres au coin du feu quand cette histoire m’est tombée dessus, comme ça.
C’est la panique, on ne m’a même pas laissé le temps d’avoir plusieurs expériences avant de choisir l’élu en toute connaissance de cause, non : c’est lui ou rien du tout, alors que je ne sais même pas s’il sait parler, et si oui, de quoi et en quelle langue.
Tout ça pour quoi ? Aller m’enfermer ad vitam eternam dans un château au milieu de nulle part et avoir beaucoup d’enfants ?
Bonjour l’évolution…bobonne éduque la descendance pendant que môssieur chasse à courre et danse le menuet avec la très belle Anne d’Autriche ( ?, oui, elle était vraiment très jolie).
En plus, le prince, avec ses caleçons moule-engin, c’est pas dit qu’il puisse en avoir tant que ça des enfants : porter des vêtements trop serrés nuit à la qualité des spermatozoïdes, tout le monde sait ça.
Ca doit être aussi super frustrant d’avoir vécu autant d’aventures fantastiques pour se retrouver avec une vie plan-plan sans surprise. C’est qu’à l’époque de mon rêve ni centres commerciaux ni bars ou boîtes de nuit où sortir entre copines n’existaient, je vous jure.
Pour le peu je serais allée m’inscrire au cours de yoga avec la méchante sorcière qui a sans doute des potins croustillants à raconter…
En conclusion, si on renonce à l’idée du prince charmant, ce n’est donc pas tant parce qu’il n’existe pas que parce qu’on en veut pas à son réveil.
Peu importe l’emballage, ce qui compte est à l’intérieur, et de ça, on en parle pas beaucoup dans les contes de fées…

A lire absolument : « Psychanalyse des Contes de Fées » de Bruno Bettelheim

03 mars 2006

Même Angelina Jolie a 30 ans

Mon précédent article vous a fait déprimer ? Tant mieux, vous n’en apprécierez que plus celui-ci : après le récit du pire, voici le meilleur. Le Nutella après le Mutella du Lidl.
Contrairement à mes prévisions et allégations, la femme trentenaire est loin d’être finie.
Elle n’a plus l’insouciance naïve de la vingtaine mais pas encore les inquiétudes de la quarantaine.
Elle est presque mûre mais pas encore blette, pourrait-on dire, comme un fruit qui s’est patiemment gorgé d’eau et de soleil pour qu’au moment de la cueillette on ne résiste pas à le manger sur l’arbre tant il est appétissant.
Plus sérieusement, j’ai pu découvrir avec grand plaisir que la trentenaire plait plus que jamais, et touche une tranche d’âge masculine plus importante, de 7 à 77 ans mais pas pour les mêmes raisons…
Elle plait aux plus jeunes parce qu’elle représente pour eux une certaine idée de la femme femme, expérimentée mais pas encore de l’âge de leur mère, à ceux de son âge qui trouvent en elle une éventuelle mère-de-leurs-enfants-femme-maîtresse, et aux plus âgés parce qu’elle incarne leur jeunesse perdue sans être de l’âge de leurs enfants, tout en évitant le risque de détournement de mineur et en ayant un espoir d’engagement sérieux et désintéressé.
C’est l’âge ou elle fait ses choix en toute connaissance de cause, quand la vingtenaire touche à tout et que la quarantenaire sélectionne d’avantage sur des critères rationnels.
Elle connaît ses points forts et ses faiblesses et sait les utiliser à bon escient.
Pourquoi persiste-t-il alors des trentenaires célibataires (aussi appelées célibattantes) sans défaut apparent ?
Justement parce qu’elles en ont encore le choix, et que même si leur horloge biologique les travaille elles ne veulent pas s’engager avec le premier venu, pour peu qu’il soit physiquement acceptable, psychologiquement sain et légalement disponible.
La trentenaire sait ce qu’elle veut et peut encore se permettre d’y prétendre, pour résumer.
Elle a aussi acquis une certaine crédibilité : on ne lui rit plus au nez quand elle va à la banque contracter un crédit ou quand elle postule comme cadre-manager.
C’est son banquier qui l’appelle en s’excusant de déranger pour lui proposer des placements et l’employeur qui se dit que si elle est capable de gérer 1 homme, 2 enfants, une maison et un emploi il peut bien lui confier quelques personnes et gros dossiers dans son service.
Côté apparence, elle a trouvé son style, quel qu’il soit, et qu’il plaise ou non : elle ne se cherche plus, et n’essaie pas encore de se rajeunir au risque d’en paraître ridicule.
Elle ne se prend pas au sérieux, relativise et sait encore s’amuser tout en assumant ses responsabilités, certes plus ou moins difficilement les lendemains de fête, mais bon.
Elle sait apprécier et accepter les compliments, et qu’on est jamais mieux servi que par soi-même comme le prouve cet article.
Comment ça, c’est un autoportrait ? Que nenni, nous sommes toutes comme ça, hein les filles ?
Bon c’est sûr qu’il doit exister des exceptions, mais moi je n’en connais pas personnellement, hum, et finalement c’est plutôt sympa la trentaine vue sous cet angle, non ?
Parce que nous le valons bien…

02 mars 2006

Le Q entre deux chaises

Ah ben c’est pas dans mes habitudes d’utiliser un tel vocabulaire (surtout à l’écrit), mais je crois que ça résume assez bien la situation des trentenaires.
Plus tout à fait des jeunes, pas encore vraiment vieux.
C’est généralement l’âge où l’on a du mal à nous donner un âge à vue de nez.
Nous sommes sensés avoir acquis une certaine ébauche de sagesse tout en nous accrochant à nos illusions de jeunesse.
Mais un jour où l’autre la réalité on se la prend violemment en pleine face, au moment où l’on s’y attend le moins.
Ce n’est pas la maternité qui m’a fait m’en rendre compte, non. Mère d’un premier bébé ça sonne plutôt jeune d’ailleurs.
J’ai commencé à souffrir lorsque j’ai accompagné ma fille à l’école, non de la séparation, mais de mon changement de statut vis à vis de la société.
J’étais devenue une « maman », au milieu du troupeau de celles qui attendent fébrilement leur progéniture à 16h30 et qui jouent des coudes pour être les premières à l’extirper de la salle de classe.
Etrangement encore maintenant je ne me sens aucun point commun avec elles, ou peut-être reste-je à l’écart pour ne pas être endoctrinée ou pire que l’on me considère comme l’une des leurs.
Je les trouve beaucoup plus vieilles, souvent plan-plan ballerines plates petit pantacourt sage et chemisier boutonné jusqu’en haut, avec parfois même le serre-tête ou la bague à foulard assortis.
Elles se connaissent toutes et arrivent d’ailleurs en avance pour parler de leur petit dernier ensemble. Moi j'attends dans la voiture ou plus fréquemment arrive la dernière.
Elles ont grandi dans la même école que celle de leur rejeton, et avec un peu de chance ils se sont même transmis la même maîtresse.
Rien d’étonnant à ce que même à leur âge elles cherchent les faveurs et la reconnaissance de la maîtresse pour…j’en sais rien à vrai dire, sans doute un vieux réflexe.
Et puis il y a aussi la stagiaire de la société qui m’a appelée madame et qui m’a vouvoyée.
Il y avait bien déjà les caissières de supermarché mais j’avais renoncé à les corriger « non, c’est mademoiselle » parce qu’elles ont un métier difficile et que dans un regard furtif elles peuvent se tromper.
C’est le triste anniversaire cette année des 10 ans de sortie d’étude, des 11 ans de permis.
C’est une vraie famille d’adulte avec maison de location et 2 enfants dedans.
C’est ces gamines qui me regardent de travers quand je vais me déhancher dans la salle techno.
Tiens, rien que le fait que je les appelle gamines est significatif.
C’est la crème de nuit qu’on prend « anti-rides », juste en prévention, au cas où.
C’est les teintures qu’on ne fait plus uniquement pour se taper un délire je-change-de-couleur-selon-mon-humeur mais bel et bien parce qu’il faut couvrir des cheveux blancs bien réels.
C’est aussi ma fille qui me croit sur parole quand je lui dis que j’ai 72 ans (elle n’a que 4 ans et demi, je sais)
C’est ma petite sœur qui n’a plus 8 ans mais bientôt 27.
C’est mon ventre qui n’arrive à être plat qu’en position allongée
J’en passe et des meilleures, enfin plutôt des pires !
Je crois que c’est dans l’ordre des choses…je m’inquièterai vraiment quand ma fille voudra que je la dépose au coin de la rue plutôt que devant l’école…
Dans le prochain épisode : tous les avantages de la trentaine, ben oui faut pas croire qu’il n’y a que des inconvénients quand même !

En passant par la Lorraine, avec mes sabots

Je me devais de consacrer un article sur ma région d’origine et, même si malheureusement il n’est pas de moi, ce petit cours de lorrain (non exhaustif mais déjà bien assez long !) vaut le coup d’œil et constitue un bel hommage à mes racines.
Je suis passée par la Haute-Savoie, l’Ardèche et la Drôme où j’ai dû apprendre les termes du patois local, alors avis aux apprentis lorrains et petits rappels pour ceux du cru…
PETIT LEXIQUE DU PARLER LORRAIN
Chouille : rendez-vous convivial, qui précède généralement des matinées fort brumeuses
Cheûler : faire la chouille, picoler
Cheûlard : ou chouilleur = fêtard
Schlass : couteau. Désigne également l'état second consécutif à une nuit de chouille : "Ch'uis complètement schlass"
Beûgner : abîmer. "Samedi soir, il était schlass en sortant de la chouille, Il a beûgné sa bagnole" Beûgne : blessure.
Snaptz : eau de vie faite à base de fruits fermentés (mirabelle, cerise, poire, pomme, framboise, etc...) très connue et appréciée des nombreux cheûlards de Lorraine, en outre pour sa forte proportion d'alcool qui vous met "schlass" très rapidement ! Les connaisseurs savoureront après le feu le subtil arôme des fruits…Prononcer "schnapse".
Schmerres : cigarettes, clopes ! "J'vais m'fumer une schmerre et j'arrive ! "
Strack : raide, rigide et par extension empoté ; autre signification : ivre, saoul. "J'ai repris le sport hier et aujourd'hui ch'uis tout strack !" Prononcer "schtraque".
Stammer : boire abusivement, picoler ! A prononcer "Schtammé", ex : "Samedi soir, à force de stammer il était complètement schlass en sortant de la chouille. Il a beûgné sa bagnole !"
Schlappes : pantoufles, "Arrête de courir pieds nus, viens mettre tes schlappes !" Peut aussi vouloir dire très fatigué, vaseux, amorphe : "Ch'uis complètement schlappe aujourd'hui !"
Le X : habitude lorraine qui choque voir heurte fréquemment les personnes étrangères à ce parler et qui consiste à mettre un article devant les prénoms, un Lorrain ne dit pas "Tiens j'ai croisé Gérard au café", mais "J'ai vu le Gérard au troc, il était de nouveau complètement strack !" (le tout avec un superbe accent maison ! ;-) )
Lard : premier pilier de la culture lorraine. Posez donc la question à un jeune vosgien : "Tu préfères ton père ou ta mère ?" Il vous répondra à coup sûr : "Ch'préfère le lârd !" (la prononciation du "â" se situe entre ô et â).Et si vous êtes connaisseur vous poursuivrez par "Maigre ou Gras?", et il vous répondra "Grâs !" (toujours cette belle prononciation ô-â)
Quiche : tarte aux oeufs et au lard, typiquement lorraine.
Se prendre une quiche : selon les cas, se prendre une veste, une claque ou tomber.
Maurice Barrès : écrivain lorrain dont aucun Lorrain n'a jamais lu la moindre ligne et c'est tant mieux.
Ligne bleue des Vosges : vision extatique dudit Maurice Barrès, lorsqu'il cheûlait un peu trop au Gris de Toul.
Georges de la Tour : maître de la peinture lorraine, dont le musée des Beaux-Arts de Nancy ne possède même pas une ébauche.
Place Stanislas : la plus belle place du monde
Ecole de Nancy : mouvement artistique nancéien rattaché au courant Art Nouveau.
Ecole de Metz : établissement éducatif où l'on apprend aux jeunes Mosellans à parler français.
Saint-Nicolas : mon bon patron, apporte-moi des macarons, des mirabelles pour les d'moiselles, et des bonbons pour les garçons.
Vosges, Meuse : vastes espaces boisés, parfois montagneux, peuplés de rudes indigènes au parler massif (... vosgien) et aux coutumes résolument terriennes.
Scorpions : ils ne sont pas lorrains, mais, aujourd'hui encore, ils font toujours salle comble à Hagondange. Still lovin' them...
Cornet : en français sac en plastique, pour certains poche ou pochon.Pour le Lorrain, un cornet n'est pas forcément pointu, pour un cornet de glace, il précise...
Schneck : escargot ou pain au raisin, peut aussi désigner l'organe féminin.
Clanche : poignée de porte, il existe aussi le verbe clancher (ouvrir la porte)
Câgneux : en lorrain, ne désigne pas forcément les genoux ; signifie en général bancal ou de travers.
Alsace : région voisine amie à laquelle on rattache trop souvent et à tort, la Lorraine.
Wurst (pron. vourcht) : en général saucisse, plus particulièrement saucisse rouge (cervelas).
Metz : pour les Lorrains prononcez "mess" pour les autres "metse" : très jolie ville à seulement 320 kms de Paris (et non 800).
TGV Est : vieille légende, mais certains y croient encore.
Knatch : caoutchouteux. Knatchiche : grincheux. "Qu'est-ce qui l'est knatchiche aujourd'hui !" ça geht's ? ( prononcez "guets " ) : ça va ?
ça tire ! : il y a un courant d'air.
56 : numéro manquant dans notre liste de départements: 54, 55, 57...
X-stroff : quantité de villages et villes en Moselle se finissent par-stroff ex : Grosbliederstroff (si ! si !).
X-villes : beaucoup de villes/villages dont le nom se termine par -villes se trouvent en Lorraine (je sais : on s'en fout !) ex : Thionville.
X-ange : beaucoup de villes/villages dont le nom se termine par ange se trouvent en Lorraine (je sais : on s'en fout aussi mais ça ne serait pas juste vis à vis de l'affirmation précédente) ex : Hagondage..
X-ach : on y trouve également des villes se finissant avec ce suffixe, ex : Forbach ; pour les Allemands prononcer "Forbarre", pour les français non-lorrains "Forbache" et pour les Lorrains "Forbaque" !
Vosges : montagnes lorraines très jolies.
Vert : contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le gris qui prime en Lorraine mais le vert...