about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

22 avril 2008

Paris, tu paries ?

C’est un peu comme ça qu’avait été lancée l’idée d’une folle escapade à Paris par ma fée préférée, qui s’est concrétisée il y a 15 jours déjà…
Mais au fait, à quoi reconnaît-on deux provinciales qui passent quelques jours à la capitale ?
Elles commencent par se perdre dans le hall de gare, ensuite se retrouvent systématiquement sur le quai de métro opposé à leur destination et, une fois dans la rue, prennent encore la mauvaise direction.
Elles ne se déplacent jamais sans leur plan détaillé des arrondissements et arrêts de métro, mais ne le tiennent pas forcément dans le bon sens.
Elles remarquent immédiatement que Paris ne sent pas bon, ni en sous-sol, ni en surface, et n’arrivent pas à faire abstraction du mélange d’odeurs qui atteint leurs narines, mais éveillent tous leurs autres sens pour compenser.
Elles courent, comme les parisiens, mais pas pour les mêmes raisons : d’abord emportées par le mouvement, elles veulent voir tant de choses, visiter, découvrir, que le temps leur manque toujours.
Elles s’excusent lorsqu’elles se font bousculer, sourient et osent même parler à des personnes qu’elles ne connaissent pas, tout en restant polies.
Elles ne s’engouffrent pas dans la première bouche souterraine en cas d’averse, elles préfèrent admirer l’architecture urbaine de plain-pied, même sous la pluie.
Elles ne regardent pas où elles marchent, leurs yeux s’attardent en l’air, sur des bâtiments chargés d’histoire ou bien plus hauts qu’elle n’en voient au quotidien.
Elles refusent de se laisser prendre au piège des attrape-touristes chargés de porte-clés Tour Eiffel et de T-shirts « I love Paris », mais s’attardent anormalement dans les boutiques des musées.
Elles se font aborder dès la sortie du train pour se faire vendre des livres d’occasion au prix des neufs, et enchaînent sur une bonne partie des malheureux de la ville lumière, en demande d’argent, de cigarettes ou d’attention.
Elles s’émerveillent de chaque chose, et par-dessus tout de ce choix trop large d’activités dont les autochtones n’imaginent peut-être pas le côté exceptionnel.
Elles n’hésitent pas à aider, dans la mesure de leurs capacités et de leur sens de l’orientation, d’autres provinciaux égarés à trouver leur chemin.
Elles disent qu’elles adorent Paris, mais n’envisageraient pas même une seconde d’y vivre.
Elles aiment se perdre dans les rues à la lueur des réverbères en refaisant le monde, et arriver malgré tout à retrouver leur hôtel, même au petit matin.
Et pour ces deux là, ce week-end précis, elles savent apprécier la douceur d’un soir en terrasse à Beaubourg, une pièce aussi intime qu’hilarante* et un restaurant aussi inattendu qu’expérimental**.
Elles découvrent avec admiration les grands classiques du Louvre, puis une exposition surprenante et qui submerge d’émotions***.
Elles rencontrent des blogueurs au grand cœur****, voient l’Opéra, Notre Dame, l’Ile Saint-Louis, Pigalle, Luxembourg, Montmartre, le marathon de Paris et tant d’autres!
Elles rentrent chez elles trop vite, épuisées mais des images plein les yeux et des sourires plein le cœur.
Paris, tu paries, Paris, que je te quitte?
Mais que je reviendrai un jour y rejouer la provinciale, ça c’est sûr, et avec plaisir.

* «
Quand je serai grande j’aurai des chaussures rouges », pièce tendre, émouvante et drôle aux Blancs Manteaux, avec Valentine et Sandrine, comédiennes au bagout et au dynamisme sans faille : une soirée fous-rires à ne pas rater !

** « Dans le noir ?», ou comment manger un menu surprise (ou boire un verre) dans l’obscurité totale, avec l’aide de guides non-voyants d’une grande compréhension : expérience sensorielle aussi étonnante que déstabilisante.

*** « Sorbonne Plage », à la bibliothèque Nationale de France, jusqu’au 18 mai, manuscrits originaux, photographies, dessins, films et enregistrements d'époque : correspondances, idéaux, et liens de 4 prix Nobel engagés

****
Mme de Keravel (et Monsieur, bien sûr, quel accueil!), Pepina (et junior, adorable) et Titouns (en coup de vent, à regrets)

21 mars 2008

Saison de l'écriture

Je me suis rendue compte récemment que mes périodes lecture/écriture ne coïncidaient jamais.
Il y a résolument dans ma vie des épisodes, plus ou moins longs, consacrés à l’une ou à l’autre, mais de manière quasi obsessionnelle et systématique.
Quand l’envie de lire me prend, c’est une boulimie de lignes qui m’envahit : je lis jusqu’à l’endormissement, jusqu’au dégoût, jusqu’à l’overdose de ces mots d’auteurs qui me touchent ou m’indiffèrent.
Je ne possède que peu de livres, trop nourrie depuis mon enfance des exemplaires cornés et odorants des rayonnages de la bibliothèque, et l’idée même d’annoter de ma main la marge d’un ouvrage dont j’aurais fait l’acquisition m’apparaît comme un blasphème.
Je respecte l’objet-livre et son histoire en tant que tel, et ne tente de me l’approprier que l’espace de ma lecture, par l’imagination, l’identification psychologique, parfois jusqu’au transfert momentané.
Dans ma "culture littéraire" il y a de tout et de rien, romans, nouvelles, biographies, poèmes, contes et j’en passe, du genre littéraire, d’auteurs connus ou pas du tout.
J’en ai oublié la plupart, à vrai dire, et retenu que peu, mais à coup sûr ils ont tous apporté leur contribution au puzzle de mon existence, des choix que j’ai faits et des directions que j’ai prises.
Alors, lorsque la frénésie me prend, je les sélectionne le plus souvent selon des critères qui mêlent le hasard à l’intuition, et les dévore sans relâche de la première à la dernière miette de mot.
De bonnes surprises parfois, des déceptions aussi, ou pire certains qui ne m’atteignent en rien, mais la joie de lire est toujours intacte.
Dans l’idéal, pour être rassasiée, ne serait-ce que provisoirement, il faut que je trouve le livre qui me bouscule, me bouleverse, m’apprenne, m’interroge sur mes convictions les plus profondes, me laisse sans voix et stupide de ne pas l’avoir lu plus tôt.
Il y en a comme ça, qui font que vous ne serez jamais plus la/le même, aussitôt la dernière page achevée.
Oui ce que j’aime dans la lecture c’est, en plus du rapport charnel, sensuel (littéralement) avec l’objet, ce besoin impérieux, essentiel, que l’on mette à mal mes neurones, mon mode de pensée même, mes certitudes, et c’est sans doute la finalité de cette orgie de chapitres.
Lire beaucoup, de tout, du bon et du médiocre, pour mieux apprécier la pépite qui se cache dans la masse et saura faire chavirer mes sens sans crier gare, et me faire renoncer à écrire quoi que ce soit sans que je ne chiffonne chaque ébauche de début de genèse de naissance de prémices de commencement de texte.
Après avoir lu tant et tant de pages rédigées par d’autres, au prix de mois, d’années de travail ou de l’œuvre d’une vie, comment ne pas penser que tout à déjà été écrit ?
Comment imaginer pouvoir apporter quelque chose à l’autre, le distraire, susciter de l’intérêt, éveiller une étincelle, l’attiser, et satisfaire et l’auteur, et le lecteur ?
Mais l’écriture revient toujours, saison bénie, car à défaut de la connaître ou de la maîtriser, je l’aime et elle a toujours été quelque part à l’intérieur, faisant parfois un signe, se cachant, s’extériorisant tout à coup, puis repartant se blottir à l’abri de moi-même.
J’aime cet instant précis où une idée me vient, sans préméditation, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, légère ou plus personnelle, simple ou sur laquelle il me faudra travailler.
Un mot, une phrase, autour de laquelle il faudra construire une histoire, vécue ou non, de toutes pièces.
L’inspiration de départ est comme l’unique indice d’une enquête, une base de travail pour l’imagination, la mémoire, l’esprit en général, qu’il faudra analyser, fouiller, torturer aussi.
Quand les mots commencent à s’échapper du stylo sur la page blanche, soit ils s’enchaînent automatiquement en un flot rapide qui ne cesse qu’au point final, soit ils s’arrêtent trop tôt en une ph(r)ase incomplète.
Plus je m’implique dans l’écriture, plus elle me fait souffrir, trébucher à chaque étape sur des obstacles invisibles, tomber dans le trou noir de la page blanche.
Le vide ne m’a jamais tant effrayé que dans ma tête et sur le papier.
Je veux écrire, mais je ne peux pas : frustration extrême, tiraillement des méninges et douleur physique indescriptible, comme si tout le corps se contractait, s’arrêtait d’accomplir ses fonctions vitales, déçu de si peu de résultats fournis par le cerveau.
Mais quel bonheur quand les mots reviennent !
Même un seul, clé mystérieuse qui permet d’ouvrir la porte à la suite de syllabes encastrables, de sujets modulables, adjectifs interchangeables, verbes indispensables et compléments déplaçables, qui composeront le texte.
Etrangement mes cahiers ne sont pas du tout soignés, couverts de caractères illisibles et puérils, de symboles de renvoi vers note, de ratures grossières, qui ne correspondent en rien à mon écriture habituelle, comme s’il avait fallu conserver intact l’état d’esprit des premiers poèmes griffonnés de mon enfance.
Je noircis des pages en abondance, souvent plusieurs textes à la fois, passant de l’un à l’autre au gré de mon humeur, et dois limiter mes relectures pour ne pas tous les éliminer prématurément, et que certains subsistent malgré tout.
Alors j’écris pour le plaisir d’écrire, comme je lis pour le plaisir de lire, et peu importe le résultat, tant que l’envie est là.
J’écris à saturation, ou à satisfaction, mais n’insiste jamais quand le moment est venu, quand cahier et stylo implorent du repos.
Alors ils s’ouvrent seulement, avec parcimonie à quelques notes concises, quelques idées qui vagabondent, et qui peut-être plus tard feront l’objet d’un récit, ou pas.
En attendant revient le temps de la lecture, comme une saison nouvelle qu’on n’a jamais eu l’occasion d’attendre.
Saison aussi du partage des expériences : Qu'en est-il de votre relation à la lecture/l'écriture?

11 mars 2008

Lettre ouverte à C.

Cette journée de la femme avait un goût bien amer cette année, après ce que tu m’avais annoncé une semaine plus tôt.
L’heure n’était plus à te dire que c’était prévisible, que tu pouvais te douter que ni le temps, ni la patience, ni le déménagement d’il y a quelques mois ne le feraient changer.
C’était tentant de te rappeler qu’il t’avait déjà frappée par le passé, prétendant à des « accidents », que sa personnalité déroutante , sa jalousie maladive et son alcoolisme grandissant avaient réussi à te couper du monde, des amis, de ta famille.
Que l’amour ça n’est pas ça, tout simplement.
J’aurais pu te blâmer de ne pas l’avoir quitté déjà depuis longtemps, de ne pas avoir réagi à ses accès de colère, de ne pas en avoir parlé avant, malgré les fluctuations de son comportement.
Mais je me suis souvenue qu’il y a plus de 10 ans, je m’étais fait prendre au même piège insidieux de la violence psychologique qui détruit à petit feu, de l’intérieur, dévalorise, fait perdre toute confiance en soi, en son propre jugement, et mène à douter de sa propre intégrité mentale.
Je me suis remémorée l’incompréhension et l’impuissance de l’entourage lorsque j’avais plié bagages avant l’irrévocable, les doutes qui m’assaillaient et la peur du lendemain, de l’inconnu, mais aussi l’instinct de survie et l’espoir, oui l’espoir.
Alors je me suis abstenue de porter un jugement et ai tenté de t’aider au plus vite comme je le pouvais, sans attendre que tu me le demandes, quitte à ce que tu m’en veuilles de me mêler ainsi de ta vie, d’intervenir sans ton autorisation sur le cours de ton avenir.
Parce que je voulais que tu en aies un, d’avenir, et je savais qu’en te laissant ainsi, déjà couverte d’ecchymoses et dangereusement amaigrie, le tien était plus qu’incertain,.
Tu as fini par comprendre que ma main n’était tendue vers toi que pour te protéger, et sortir tes enfants d’une situation qu’ils n’ont jamais choisie, que je faisais le choix, pour toi, de croire en des lendemains meilleurs.
« Violence conjugale » : les mots étaient lâchés, à la gendarmerie, aux associations d’aide aux femmes battues, et P., M., R., les hommes en bleu et moi t’avons accompagnée du mieux que nous avons pu au jour le jour, au fil de tes hésitations et de tes craintes, jusqu’à ce qu’enfin tu acceptes de porter plainte, de dénoncer l’individu malveillant qui confisquait ta vie, te réduisant à l’ombre de toi-même.
Bien sûr, il n’est jamais simple d’accepter un échec et de passer outre la culpabilité injustifiée et la peur, cette peur qui était ton quotidien et qui ne t’a pas encore quittée.
Bien sûr, il y a eu cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la tolérance, ce coup de trop porté à la chair de ta chair.
Bien sûr j’ai craint pour ta vie, celle des enfants, celle de M. venue te soutenir, et prié fort lorsque tu m’as dit que je signais ton arrêt de mort.
Je prie toujours à qui veut bien m’entendre quand la situation ne dépend pas que de moi, on ne sait jamais.
Mais ce dont je suis certaine, quoi qu’il arrive maintenant, est que tu as, nous avons, pris la meilleure décision, premier pas vers une nouvelle existence qu’il va te falloir reconstruire de toutes pièces sur des bases plus saines, plus sereines.
Ce qui est sûr est que demain, date de ton déménagement improvisé dans l’urgence chez M. et P., sera le premier jour du reste de ta vie, et que tu ne seras pas seule pour y faire face.

Tristes rappels : En France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon.
Entre 2005 et 2006, 330 000 femmes ont déclaré vivre avec un conjoint qui a porté la main sur elles. 8,8% seulement ont déposé plainte et 84% de ces actes n'ont fait l'objet d'aucun signalement à la police ou à la gendarmerie.
« Tant que la violence faite aux femmes sera occultée et relativisée , tant qu'elle ne sera pas suffisamment prise en compte par l'Etat et reconnue comme un véritable enjeu par la société tout entière , elle ne cessera pas. C'est à ce prix seulement que la France qui se revendique comme la patrie des droits de l'homme sera aussi celle des droits des femmes », écrit Amnesty International dans « les Violences faites aux femmes en France, une affaire d'Etat » ( Autrement, 2006 ).

06 mars 2008

Prends le temps...de tout regarder!

video

Avec toutes mes excuses à l’anonyme à qui j’ai emprunté le début de ce diaporama...

Pour les malheureux qui n’arriveraient pas à lire le film, vous pouvez télécharger Windows Media Player .

Et, sélectionnée ou pas, je compte bien aller au Festival de Romans (en même temps, c’est près de chez moi), alors si vous en êtes aussi, faites moi signe pour qu’on s’y rencontre !

Rappel :
http://www.festivalderomans.com/festival_de_romans/participants/
Catégorie « blog de vie », « aboutthirty » fiche détaillée, « voter pour aboutthirty », puis attente confirmation par mail et valider le vote

PS : Vous avez vu? J'ai réussi à transformer un fichier Powerpoint en fichier vidéo toute seule comme une grande, je suis trop forte!

Important, edit du 13/03 : Il semblerait qu’un ou plusieurs admirateurs secrets aient utilisé un ou des comptes mail provisoires pour m’attribuer d’avantage de voix, et je viens d’en être informée par l’équipe du Festival. Ce phénomène n’est pas isolé, puisqu’il concerne a priori plusieurs blogueurs, mais ça n’est pas nous rendre service que d’adopter ce genre de comportement, alors merci de ne plus rien en faire. Je préfère de loin être la dernière de la liste honnêtement que la première de façon frauduleuse !

28 février 2008

Entretien d’embauche : attention sport extrême !

Après le rafting, le parapente ou le bobsleigh, j’ai trouvé, un peu malgré moi, un nouveau hobby générateur d’adrénaline : l’entretien d’embauche.
Il a l’avantage de n’être coûteux qu’en temps, même si le temps c’est de l’argent, enfin plus pour l’entreprise que pour le candidat quand même.
Il ne nécessite pas d’équipement particulier, juste une tenue correcte et un tant soit peu élégante, dans laquelle on se sente bien.
Au niveau des protections, ni casque ni harnachement : une solide personnalité est censée suffire, les attentes mesurées et les pieds sur terre.
Tout comme la veille d’une épreuve sportive, il vaut mieux éviter les abus et fêtes trop bien arrosées, sous peine de ne pas avoir le temps de retrouver tous ses moyens pour le face à face.
On peut manger presque ce que l’on veut au repas qui précède l’épreuve, sans craindre la nausée, sachant qu’il est toutefois recommandé d’éviter légumes secs et plats trop généreusement épicés, pour convenance personnelle tant que pour le confort de l’interlocuteur.
Pas d’exigences climatiques favorables, si ce ne sont celles qui permettent d’aller au point A domicile au point B lieu de l’entrevue par un moyen de transport approprié dans de bonnes conditions.
C’est une discipline qui se pratique de préférence seul, parce qu’en groupe la solidarité n’est pas toujours de mise, avouons le : les coups bas sont fréquents et l’esprit d’équipe totalement absent.
Elle nécessite d’être d’une ponctualité sans faille, sous peine non seulement de laisser une très très mauvaise impression, mais aussi et surtout de rater sa chance à tout jamais.
Avec un entraînement régulier, elle permet de garder le cap sur ses objectifs et d’en améliorer la pratique.
La condition physique y est moins importante que la psychologique : un long entraînement mental peut être nécessaire, avec option répétition orale, au volant de sa voiture ou dans le métro (pour les adeptes de la dernière minute), ou encore devant le miroir de la salle de bain (pour les nostalgiques des discomobiles des années 80, ou pour vérifier la cohérence de l’ensemble geste/discours/apparence).
Stimulé par l’adrénaline, il n’est pas rare d’y accomplir des exploits, tours de force de facilité d’élocution, d’assurance et d’aisance d’échanges dont on ne se serait pas senti capable quelques heures plus tôt.
Cela n’empêche pas l’entretien de pouvoir être aussi épuisant pour l’esprit que pour le corps (et ce, sans penser à la promotion canapé bien sûr), le stress causant inévitablement et entre autres quelques contractures musculaires et encombrant la tête de toutes sortes de questions aussi stupides qu’inutiles (puisque a posteriori).
Alors, comme avant et après le grand saut, les coups de fil et SMS affluent, pour encourager et rassurer d’abord, pour savoir et rassurer encore ensuite.
Dans la plupart des cas, on en sort content de l’avoir fait, mais soulagé que ce soit fini.
Mais là où la situation se complique et où la différence avec les autres sports extrêmes se fait vraiment ressentir, c’est au niveau de l’échéance, de la réservation, du rendez-vous, parce qu’on a beau faire de notre mieux, envoyer de jolies lettres, une photo avec un beau sourire, téléphoner gentiment, l’initiative viendra toujours du recruteur.
Et une fois le cap passé, il y a encore cette attente lourde, pesante, insoutenable, et cet espoir mêlé d’angoisse, qui aboutissent bien plus souvent à des déceptions qu’à des joies et en font une activité des plus fortes en émotions.
Cependant, bien plus que du mérite, une satisfaction personnelle ou un certificat, l’entretien d’embauche peut ouvrir de belles promesses d’avenir et ça, c’est un sacré enjeu.

05 février 2008

Une rencontre tout sauf virtuelle

Ca faisait longtemps, trop sans doute, que je n’avais pas franchi le pas du virtuel au réel.
Ca faisait longtemps, trop sans doute, que j’avais envie de les rencontrer, mais l’occasion ne s’était pas présentée.
Alors j’ai créé l’occasion, proposé une date, un week-end entier pour ne pas faire les choses à moitié, et le seul regret que j’ai est que nous ne l’ayons pas fait plus tôt.
Ils sont arrivés devant ma porte, avec des fleurs et des sourires, deux beaux enfants presque identiques mais en même temps si différents.
Très vite leurs enfants et les nôtres jouaient ensemble comme s’ils s’étaient toujours connus.
Très vite nous avons eu l’impression de nous être tous toujours connus.
Si la lecture de leurs écrits respectifs était une bonne introduction, la réalité de leurs personnalités respectives méritait qu’on ne s’en arrête pas là.
Ses mots à elle me touchent par l’émotion qui en transpire, par sa faculté à donner, aimer et écouter l’autre et les autres.
Sa vie est un combat, contre elle, pour elle, et pour tous ceux qui n’en ont plus la force ou pas la possibilité.
Elle veut croire en un monde meilleur alors qu’elle en côtoie souvent le pire, elle ne baisse pas les bras quand ce serait sans doute plus facile.
Ses mots à lui me touchent par leur sincérité et leur simplicité, des vérités-hameçons lancés sur la toile et qui accrochent, ne laissent jamais indifférents.
Son humour, son ironie aussi des choses de la vie, ne sont pas sans cacher une profonde sensibilité à l’humain et des blessures passées.
Il donne sans compter quand il aime, quitte à se prendre de plein fouet revers de médailles et reproches.
Elle et Il sont entiers, généreux, sur les chemins virtuels et dans la vie aussi.
D’anecdotes en confidences, de discussions en éclats de rire, de jeux improbables en mots inventés, de repas partagés en verres trinqués, le bonheur simple d’être soi-même et d’être bien ensemble.
Le temps nous a filé trop vite entre les doigts et les heures, même volées à la nuit, sont passées sur la pointe des pieds sans qu’on s’en aperçoive.
La frustration de leur départ n’a fait que confirmer cette merveilleuse impression qu’une belle amitié était en train de naître et que, c’est sûr, nous allions bientôt nous revoir.
On sait tous qu’on a encore beaucoup de choses à se dire, beaucoup à apprendre les uns des autres et, insatiables, l’impatience est déjà là de la prochaine opportunité.
Les moments que nous avons partagé sont de précieuses pépites que j’ajoute à ma petite collection, depuis déjà 2 ans que ce blog existe.
Merci à Kundun et sa douce, pour ce qu’ils sont et pour leur amitié.

28 janvier 2008

«Bougez avec la Poste», enfin commencez tout seul

Je sais que Danny Boon en a déjà fait un sketch désopilant, mais c’était plus fort que moi : il fallait que j’écrive sur cette merveilleuse administration qu’est La Poste.
J’ai eu ces derniers temps plusieurs fois l’occasion de me rendre à celle de ma ville, et depuis ma première visite j’angoisse à l’idée d’y retourner.
D’abord la Poste est située juste au bord de la nationale, à côté d’une école et de quelques commerces de proximité, à proximité desquels, justement, il est impossible de se garer.
Les seules places de parking sont disputées par des riverains désespérés qui aspirent uniquement à ne pas laisser leur voiture à l’autre bout de la ville lorsqu’ils rentrent éreintés du travail ou du plein de courses au supermarché.
Evidemment la Poste est au nord de la ville, alors que j’habite au sud, ce qui me rend l’accès à pieds, si ce n’est impossible, du moins difficile, surtout quand il faut effectuer l’aller ou le retour lesté d’un colis de plusieurs kilos.
Bref, tout ça pour dire que je me gare comme je peux, et pas forcément sur des emplacements appropriés (trottoir, abri bus…).
L’ennui c’est qu’il faut prévoir à chaque fois au moins une bonne demie heure pour accéder à l’unique guichet, ou à l’un des deux si l’on tombe par chance sur un jour en sureffectif, pour cause de RTT soldés ou d’erreur de planning.
Le 3ème guichet, celui du milieu, est destiné aux détenteurs de la carte professionnelle, pass magique qui est censé permettre aux chefs d’entreprise de ne pas perdre trop de leur précieux temps en allant directement à la case comptoir sans passer par la case file d’attente.
La première fois que je suis allée à cette Poste, il y avait déjà une dizaine de personnes devant moi, dont au moins la moitié de personnes âgées.
Oh, je n’ai rien du tout contre elles, mais j’ai eu largement le temps de me demander si cette tranche de notre population écrivait davantage de lettres que la moyenne, si elle tenait particulièrement à remettre son courrier en main propre au postier pour lui demander des nouvelles de sa mère plutôt que de le glisser bêtement dans une boîte impersonnelle, ou si, par peur de se faire agresser et voler, elle venait chaque jour retirer de son compte la somme nécessaire à ses achats quotidiens :
« - Je voudrais retirer 8 euros 24, s’il vous plait monsieur : il faut que j’aille acheter du pain, le journal et de quoi me faire une bonne soupe de légumes.
Pas de celles qu’on achète toutes prêtes et pleines de cochonneries de conservateurs non.
Mon feu mari adorait cette soupe, il nous a quittés il y a 12 ans maintenant, ça passe…vous savez ce que je mets dans ma fameuse soupe ? Des navets, des pommes de terre bien sûr…et bla bla bla »
Je comprends la solitude de certaines personnes âgées, et je compatis, mais de là à venir la combler au bureau de Poste, non : il y a bien assez de clubs de bridge ou de scrabble ici pour avoir une bonne excuse.
Bref, j’allais chercher un colis, que le facteur avait tenté de déposer chez moi la veille à 11h18, pendant l’un des seuls créneaux horaires où je ne suis pas censée être à la maison, vu qu’il faut que je sois à la sortie de l’école.
Alors que j’attendais patiemment (ou au moins en apparence), tout en jetant un œil à ma voiture (mal garée, je le rappelle), une privilégiée détentrice de la carte pro, juste devant moi dans la file, osa la question qui fâche en demandant pourquoi il n’y avait personne au 3ème guichet, celui justement tout fait exprès pour elle.
« - Ah désolée madame, mais le guichet pro n’ouvre que de 14 à 15 heures : il faudra repasser plus tard ou faire la queue comme tout le monde »
Nos regards incrédules et stupéfaits se sont croisés, et elle m’a prise à témoin : « On dirait un sketch, c’est fou ! Elle me sert à quoi cette carte si je dois faire la queue pendant une demie heure ? », et moi, compréhensive : « c’est clair que de 14 à 15, tout le monde le sait, les chefs d’entreprise n’ont rien de spécial à faire, si ce n’est aller à la Poste ».
Il aurait suffi que l’un des employés se décale d’un guichet l’espace de quelques minutes, mais a priori le déplacement latéral n’est mentionné nulle part dans les procédures de la Poste, pas plus que de quelconques objectifs de productivité visiblement.
Après une longue, longue, longue attente, j’arrive enfin au guichet, munie de mon bordereau et de ma pièce d’identité (heureusement que je ne l’avais pas oubliée, celle-là).
Je ne vois pas la personne à qui je m’adresse, elle doit être assise par terre ou le comptoir n’est pas à la bonne taille.
En face de moi, une vitre à la propreté douteuse munie d’une large barre de métal pile à la hauteur de mes yeux : je dois me contorsionner en dessous pour apercevoir un petit monsieur de la cinquantaine, rabougri, au visage figé.
« Bonjour, je viens chercher un colis », et je m’empresse de lui remettre les documents avec le sourire.
Là, il part sans un mot dans la salle adjacente, qui semble être un entrepôt de colis de plusieurs milliers de m², étonnant pour une petite ville, étant donné qu’il ne revient qu’au bout de 15 minutes.
« Je ne l’ai pas trouvé, il ressemble à quoi ?
- Mais comment voulez-vous que je le sache, je ne l’ai pas encore vu, vous comprenez ? c’est pour ça que je viens le chercher d’ailleurs…
- Ah. »
Et il repart de plus belle encore 10 minutes.
Si ça continue je vais rater la sortie des enfants et je n’aurai même pas mon colis, ou comment passer sa matinée à piétiner pour rien.
Oh mon Dieu, il est 11h18 : peut-être que le facteur est en train de rédiger un autre avis de passage devant ma boîte aux lettres, alors que moi je suis là, à la Poste !
Inspirer, expirer, garder son calme.
L’employé revient alors, les mains vides, et s’assoit tranquillement : « Ah, j’ai oublié de regarder là. »
« Là », c’est un grand casier juste à côté de son guichet, qui contient évidemment mon précieux colis !
Je déteste la violence, mais je ne peux que constater avec étonnement le self-control des clients de la Poste : c’est peut-être parce qu’on n’a pas (encore) le choix, sinon le choix serait vite fait.
Une autre fois, je voulais à mon tour expédier un colis. J’avais apporté tout ce que je comptais y mettre, en me disant qu’acheter une boîte toute prête serait plus facile et rapide.
Après seulement 25 minutes, je déclarais à la dame du guichet : « Je souhaite acheter une boîte colis, voilà ce que j’ai à y placer », et de lui montrer mes cadeaux soigneusement emballés.
« - C’est pour la France ou pour l’étranger ?
- L’étranger
- Quel pays ?
- Tahiti
- Ah ben non, ça n’est pas l’étranger, les boîtes sont différentes ; c’est un DOM ou un TOM ?
- Mais j’en sais rien moi, pourquoi ? les boîtes sont aussi différentes pour chaque ?
- (criant à son collègue du guichet 1, à 2 mètres) Tu sais si on en a recommandé des boîtes DOM-TOM ???
- Non, faut que t’ailles voir en réserve
- Faut que j’aille en réserve
- (après 6 minutes 48 secondes) Non, on n’en a plus de la taille intermédiaire, j’ai juste le petit ou le gros modèle
- Dans le petit, ça ne rentrera pas, même à plat on le voit, et l’autre est beaucoup trop gros
- On va essayer de monter le petit
- Non, non, pas la peine (je tourne la tête et vois la file d’attente qui s’allonge et se met aux exercices de respiration contrôlée), on voit très bien que ça ne passera pas
- (après 3 minutes de simulation de montage) Ah non, c’est vrai c’est trop petit. Vous pouvez prendre le gros alors.
- Non, le contenu va nager, je n’ai pas de quoi le remplir
- Oui, mais il peut contenir 7 kilos
- Sauf que je n’ai pas 7 kilos de cadeaux à envoyer moi
- Vous pouvez l’emporter chez vous et le charger jusqu’à 7 kilos ?
- …Mais non ! Je n’ai rien d’autre à mettre dedans, je ne vais quand même pas le remplir de cailloux !
- Oh vous savez, on y est vite à 7 kilos, et puis il doit coûter dans les 40 euros, ça vaut le coup…attendez, je vérifie le code-barre…ah non : 75 euros »
Et là, tollé général dans la foule de gens incrédule qui s’est amassée derrière moi.
- Je ne vais pas acheter une boîte vide 75€ alors que je n’en ai pas pour cette somme à l’intérieur !
- Oui, mais vous pouvez mettre jusqu’à 7 kilos !
- … »
Et là, je suis partie avec mes cadeaux sous le bras en claquant la porte, c’en était trop pour mes nerfs.
De retour chez moi, il a fallu que je fabrique moi-même un emballage adéquat, en bricolant et recoupant un carton pioché dans mon garage (et il y en a !), et c’est toute fière que je me représente en 9ème place de la file d’attente le lendemain matin.
Je reconnais des visages familiers dans la queue : ont-ils passé la nuit sur place pour être sûrs d’arriver un jour au guichet ?
Il y a également de l’autre côté du comptoir la dame d’hier, et une jeunette : je vais attendre devant la novice, peut-être est-elle encore vierge de l’esprit d’entreprise, ou, avec un peu de chance, a-t-elle travaillé ou même effectué des stages auparavant dans une société privée.
J’ai trouvé le truc : dans la file, je bouquine, mets à jour mon agenda, trie mes tickets de caisse, bref : je m’occupe pour ne pas perdre patience.
J’ai même le temps de regarder les panneaux publicitaires et de découvrir leur super nouvelle opération marketing : pour toute ouverture d’un livret enfant, la Poste offre, tenez-vous bien : un sticker géant Shrek ! Le truc que tout le monde rêve d’avoir.
Je me demande où va notre monde, et mes pensées sont interrompues lorsque je me rends compte que ça y est, c’est à moi ! Je me présente enfin devant la jeune fille, et lui tends vaillamment mon colis-fait-maison digne de leurs boî-boîtes, avec beaucoup plus de ruban adhésif marron (j’en ai toujours à la maison, en cas de redéménagement en urgence).
Aucune question : elle sait lire une adresse toute seule sur un paquet et se contente de le peser. Elle ira loin cette petite, elle ne devrait pas rester au guichet bien longtemps.
« - Ca fera X euros madame, mais vous savez qu’en prenant un prêt-à-poster ça vous aurait coûté moins cher ?
- Oui je sais, MAIS VOUS N’EN AVEZ PLUS DE CETTE TAILLE, N’EST-CE PAS ? (assez fort pour que l’employée d’hier entende)
- (l’autre employée) Ah oui, c’est vous qui êtes venue hier, même que les gens derrière vous s’étaient tous moqués de moi quand je vous avais dit que la boîte coûtait 75€
- Oui oui
- (elle à sa jeune collègue) Oui mais elle peut contenir 7 kilos ! »
Ca ne doit pas être la Poste, juste une mauvaise parodie : les employés doivent avoir tellement d’humour qu’ils se caricaturent eux-mêmes à l’extrême, c’est ça ? Oui, ça doit être ça.
Et je laisse le mot de la fin à Dany Boon :
« Bougez avec la Poste : ceux qui ont écrit cette pub ne sont jamais allés à la Poste ! S’il y a bien un endroit sur terre où ça ne bouge pas, c’est à la Poste ! »

21 janvier 2008

CarrieB fait sa résolution

Il paraît qu’on a jusqu’au 31 janvier pour souhaiter ses vœux pour la nouvelle année, alors je suppose qu’il en est de même pour les résolutions.
Etant donné que nous sommes déjà le 21, il faudrait que je m’affole un peu, mais j’ai beau me creuser la tête, me malaxer les neurones, je ne trouve pas de résolution qui ne figure pas déjà au top 5 universel des choses qu’il serait plus raisonnable de faire.
Alors d’abord, une bonne année à tous ceux à qui je ne l’aurais pas déjà souhaitée (ça, c’est fait), et pour ce qui est des résolutions…
Je pourrais ré-arrêter de fumer, tiens, très original, puisque de toutes façons on ne peut plus fumer nulle part.
Ca sert à quoi de fumer sur le trottoir devant le restaurant sous une pluie battante, alors que pendant ce temps on se fait voler sa future conquête par le mec qui mâche des Nic*rette ?
Et puis j’avais déjà arrêté en 2006, repris en 2007, alors on pourrait dire que j’arrête de fumer les années paires, c’est toujours mieux que les bissextiles.
Il y a aussi la nourriture qui préoccupe pas mal de gens, bien sûr : perdre du poids, arrêter de manger des sucreries délicieuses et des plats bien consistants pour faire plaisir à ma balance, à la dentiste aussi, même si je pense sincèrement que ce sont mes chèques qui la satisfont davantage et qu’elle se frotte les mains après ces fêtes de fin d’année, l’hypocrite.
Et si je maigrissais vraiment, je serais obligée de refaire toute ma garde-robe, je ne pourrais plus mettre ma robe préférée, la grise, ni ce jean slim qui n’aurait plus de moulant que les os de mes chevilles.
Manger plus sain, plus équilibré, « au moins 5 fruits et légumes par jour », qu’il disent, et autant pour mes enfants, ce serait bien, c’est sûr.
Mais alors quand est-ce que je leurs fais des pâtes, de la purée, du riz, des crèpes, bref, tout ce qu’ils préfèrent ?
On va dire alors que 6 semaines par an, on ne mangera que des fruits et légumes : 43 par jour très exactement, comme ça en lissage annuel le compte sera bon.
On appellera ça « les semaines végétariennes », et ce sera trop drôle, si si les enfants : on va s’éclater à faire des flans aux courgettes et des gratins de topinambours, manger des régimes de bananes entiers et jouer à croque-carotte !
« Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé ! », entonnent-ils en chœur en dévorant respectivement une belle tranche de saucisson et une tartine de N*tella…
Et du sport, mais oui, il faut faire du sport ! Qui ne fait pas de sport ?
Ah bon il n’y a que moi ? Et si on a des amis qui en font, ça suffit ? Ou si on pense très fort qu’on en fait ?
En fait ça ne me dérange pas de faire du sport, non : ce qui me dérange c’est la démarche d’inscription, et aussi le fait de m’y rendre, mais une fois que j’y suis, tout va bien, les endorphines font leur travail, et ma conscience me félicite même chaleureusement après l’effort. Je la soupçonne d’ailleurs fortement d’être de mèche avec ma balance, la mesquine.
Ah, il y a aussi l’incontournable question de l’alcool : j’ai entendu dire qu’il ne fallait pas en abuser.
Oui, mais il faudrait quand même préciser si c’est mieux deux verres de vin par jour ou une bonne cuite de temps en temps.
J’habite dans la vallée du Rhône, et il me tient à cœur de soutenir les producteurs locaux, surtout quand il s’agit des viticulteurs : c’est important pour l’économie locale, et pas franchement désagréable, entre nous.
Donc, 6 semaines par an, je soutiendrai les maraîchers en dégustant les fruits et légumes du terroir, tandis que le reste de l’année sera consacré, avec la modération de rigueur, aux vignerons.
Au top des bonnes résolutions figure aussi « mettre de l’argent de côté », mais de quel côté d’abord ? Et pourquoi ? « Pour t’acheter une maison bien à toi, pardi ! » répondent ensemble tous mes amis bien intentionnés.
Sauf que, même en mettant l’intégralité de ce que je gagne de côté, il me faudrait une bonne vingtaine d’années pour pouvoir me la payer, cette maison, alors d’ici à ce qu’elle soit « bien à moi », elle sera surtout « bien à ma banque ».
Quant à placer de l’argent pour payer les études de mes enfants, ça ne sera pas utile : la grande veut être coiffeuse et le petit, Spiderman, et, à ma connaissance, nul n’est besoin de coûteuses et longues études pour y arriver, même si je n’exclus pas l’éventualité d’un changement d’avis d’ici quelques années (pour mon fils, ce serait assez indispensable, parce que je ne dispose pas des équipements adéquats, et qu’on risque de se moquer de lui quand il annoncera son choix à la conseillère d’orientation du collège).
Non, vraiment, je ne vois pas de résolutions originales pour mon top 5, si ce n’est, peut-être…
- Ne pas prendre de résolution du tout, ou en trouver une vraiment bonne pour 2009
- Ecrire plus souvent, sur ce blog, et ailleurs
- Arrêter de fumer quand même, ben oui, je ne suis pas folle non plus
- Trouver un bon travail (c’est pas que je m’ennuie à la maison, mais c’est drôle un temps)
- Commencer dignement à siffler avec des gants (celle-là, je l’ai trouvée sur le fameux, l’original, l’unique
Générateur Interactif de Bonnes Résolutions)
Et vous, vous faites votre résolution en 2008 ?

20 décembre 2007

Esprit, es-tu là?

Je vous ai déjà raconté les noëls de mon enfance et à quel point l’approche des fêtes me les remémore.
Bien loin du marketing agressif et de l’élitisme commercial, l’esprit de noël, le vrai, selon moi, ne s’achète pas, n’a pas de prix, ne se trouve pas en tête de gondole des grands magasins.
Je définirais l’esprit de noël en quelques verbes, tels qu’offrir, recevoir, s’émerveiller, partager, être solidaire, termes qui bien sûr doivent s’appliquer au quotidien, mais que cette période particulière de l’année souligne plus que jamais.
Offrir et recevoir, des cadeaux de toutes sortes, tant qu’ils sont sincères.
Un petit présent, une parole gentille, une pensée, un dessin, une carte fabriquée par des petites mains aimantes, sont autant de marques d’affection à communiquer à ceux que l’on aime.
Mon fils m’a offert tout à l’heure un petit sapin de noël-magnet en pâte à sel qui figure déjà en bonne place sur le frigo et me touche infiniment par sa symbolique : c’est la première œuvre d’artiste en herbe qu’il me ramène de l’école, et qui va ouvrir le balai de tant d’autres petits trésors.
Penser à ce qui ferait plaisir à ses proches, emballer les précieux cadeaux : l’éclat des papiers brillants et des rubans me projette dans celui qui fera bientôt briller mon regard du plaisir de les offrir à leurs destinataires, peu importe leur valeur ou leur taille.
S’émerveiller, retrouver un moment ses yeux d’enfant en accrochant les boules et guirlandes au sapin avec ma fille, en contemplant les illuminations de la ville à la nuit tombée, les maisons et vitrines décorées, les flocons de neige qui nous surprennent au réveil, et prendre le temps de s’arrêter au beau milieu d’une galerie marchande bondée pour observer les chalets animés d’oursons automates.
Partager, un repas, de bons moments, un peu de chaleur, avec la famille, les amis, ceux que l’on n’a pas forcément l’occasion de voir aussi souvent qu’on le voudrait.
D’ici quelques jours je fêterai noël avec mes parents, avant d’avoir la chance de pouvoir m’envoler vers la Finlande pour y retrouver ma petite sœur.
Pendant ce temps, mes enfants vont se partager entre leurs grands parents et arrière-grands-parents, profiter de ceux qui leurs sont chers mais dont l’éloignement rend la présence trop rare.
Etre solidaire, penser à ceux qui ont moins de chance, tendre une main bienveillante, ou encore joindre l’utile à l’agréable par de belles initiatives, telles que celle du village de noël de Pont-saint-Esprit, dans le Gard.
Nous y sommes allés en famille, et les enfants ont pu notamment y patiner, y luger ou y pratiquer le quad sur glace, le prix de chaque place d’attraction étant reversé à des associations pour la recherche sur les tumeurs de l’enfant.
Cet esprit de noël est bel et bien présent, là, quelque part, à portée de main.
Je vous souhaite à tous et à toutes de le trouver, et de passer de merveilleuses fêtes de fin d’année.

28 novembre 2007

L'arche de noël

« - Alors, qu’est-ce que tu vas commander au Père-Noël cette année ma chérie ?
- Euh, maman…ben, y a un chien, deux chats, une tortue, un poisson, et aussi un lapin !
- Ah oui mais là il va y avoir un problème ma puce, nous avons déjà parlé de l’éventualité de prendre des animaux à la maison, tu t’en rappelles ?
Un chien : j’adore les chiens tu sais, j’en ai déjà eu, et ils ont été les plus gros chagrins de ma vie à l’époque.
La première est morte pendant que j’étais à l’hôpital, alors que je vivais encore chez tes grands-parents, et j’ai mis énormément de temps à m’en relever.
Le deuxième, j’ai été contrainte de le laisser derrière moi lors d’une sombre période de ma vie et ça a été un véritable déchirement.
Et puis les chiens, ça ne fait pas que des câlins : il faut les sortir régulièrement, les nourrir, les soigner…
- Mais…
- Pas de mais. Quant aux chats, parlons-en justement ! Je t’ai déjà dit que maman est allergique aux chats : dès qu’il y en a un dans la même pièce que moi, mes yeux gonflent et je me mets à éternuer sans pouvoir m’arrêter ; ça n’est pas bien joli à voir.
Tu vois, on a trouvé un assez bon compromis avec le chat de la voisine : il vient nous voir devant la maison, on le nourrit et tu peux le caresser tant que tu veux sans qu’il rentre chez nous.
Mais deux chats ? Pourquoi deux chats ? Déjà un seul…
- C’est que, maman…
- Parlons de la tortue : maman a eu des tortues quand elle était petite comme toi, et elles ont toutes eu une fin tragique : c’est que c’est fragile, ces petites choses, un courant d’air sur leur bocal près de la fenêtre et vlan, plus de tortue.
Et puis il faut dire qu’on ne partage pas grand chose avec une tortue non plus, ça n’est pas l’animal qui manifeste le plus son affection, si tu vois ce que je veux dire.
- C’est pas ça…
- Et les poissons…tu te souviens qu’on en avait acheté trois il y a quelques années ? Le plus gros a mangé les autres, et a fini par se suicider en se fracassant la tête contre les parois du bocal.
Bon d’accord, c’est rare les poissons schizophrènes et tueurs en séries, mais quand même.
- …
- Et puis un oiseau ? C’est fait pour vivre en liberté, un oiseau ! Déployer ses ailes et se laisser porter par le vent, au gré des saisons, chanter sur une branche d’arbre au creux d’une forêt, fabriquer son nid dans l’attente d’une portée à nourrir…Il n’y a rien de pire que de mettre un oiseau en cage, je ne le cautionnerai pas.
- Maman !
- Pour ce qui est du lapin, c’est un animal que je connais bien, pour en avoir élevé un certain nombre. Mes parents achetaient des lapins soit-disant nains, qui pesaient plus de 2 kilos au bout d’un an, et semaient leurs petites crottes partout dans la maison.
Tu sais que le mâle éliminait systématiquement ses bébés si on les mettait dans la même cage ? Si, si, ça peut être odieux un lapin, capable de piétiner sa propre progéniture…tu ne t’en remettrais pas.
Et puis, avec la vie qu’on mène, les week-end d’absence, comment pourrait-on gérer ces petites bêtes sans qu’elles soient malheureuses ?

J’aime bien trop les animaux pour leur faire subir un tel sort.
Alors tu es comme tous ces enfants qui réclament des animaux uniquement pour le bon côté des choses, mais qui sont aux abonnés absents dès qu’il s’agit de s’occuper de leurs besoins primaires, c’est ça ?
- …(montant dans sa chambre en sanglots)...mais non maman, je voulais juste commencer une collection de
Petshops ! »