Le romantisme c'est trop d'la balle
En désespoir de cause et à défaut d’un autre, j’ai opté pour « Dance with me », avec Antonio Banderas.
Pour résumer, c’est l’histoire vraie d’un certain Pierre Dulaine, professeur de danse de salon, qui a l’idée folle d’enseigner sa discipline à un groupe de lycéens difficiles de Manhattan.
C’est très cliché mais son idée a marché contre toute attente et fait des petits (non il n’as pas eu de bambins avec les étudiantes).
Oh, pas un grand film d’auteur ou qui restera dans les annales, non.
Ni même dans ma mémoire pour très longtemps sans doute.
Mais l’idée générale est que les choses que l’on pense parfois démodées ou d’un autre âge ne le sont pas tant que ça, surtout en ce qui concerne les rapports humains, et en l’occurrence la séduction.
On va m’accuser d’être vieille France ou has been, mais je pense que romantique (même si la définition a été détournée) est le mot qui convient.
Bref, nul besoin de préciser que j’ai beaucoup de mal avec les méthodes d’approche actuelles, même s’il persiste sans doute quelques rares exceptions.
Et je suppose qu’une majorité de femmes de tous âges abonde en mon sens, même si elles ne (se) l’avouent pas toujours.
La scène de la main de Julien Sorel décrite par Stendhal m’a plus bouleversée que n’importe quel baiser de cinéma, c’est ainsi.
Mais il paraît que ça n’est plus ça maintenant, le Romantisme, l’Art de séduire.
Alors évidemment, je ne pouvais résister à l’envie d’une petite analyse-traduction de texte d’un de nos grands auteurs « romantiques » contemporains, un dénommé M.Pokora, bien connu des moins de 18 ans et assez représentatif il me semble de cette nouvelle génération de grands séducteurs. Hum.
Ah oui, la chanson s’appelle Señorita, tout un programme…
J'étais tranquille en train de causer
« Je discutais avec quelques amis de l’influence du réchauffement climatique sur la natalité des bébés phoques»
(Ca se complique là) : « Lorsque cette magnifique jeune femme m’est apparue »
(Alors là tout faux) : « Son immense beauté m’a laissé sans voix »
« Une demoiselle voluptueuse, élancée et à la peau couleur de miel »
(?) « Elle me semble inaccessible, serai-je à la hauteur ? »
« Je ne m’imagine pas ne pas lui adresser quelques mots, un sourire »
Refrain :
Hey, j'aimerais que tu me regardes
« Daignerez-vous poser votre regard océan sur mon humble personne ? »
« Vous avez pourtant fait chavirer mon cœur »
« Me feriez-vous l’immense faveur de me transmettre vos coordonnées postales afin que je vous fasse parvenir quelque poème inspiré de votre charme sans égal ? »
Elle m'a snobé
« Elle n’a pas accepté cet amour infini que je lui offrais comme j’aurais offert mon âme »
«Ni même tourné ses yeux de velours vers ceux de son chevalier servant»
« Je dois rapidement trouver le moyen de la faire changer d’opinion à mon égard »
(La voilà la fameuse main du jeune Sorel, en plus radical) « Je l’implore de rester à mes côtés »
« Et la supplie genou à terre de bien vouloir me donner une chance »
(Refrain)
Faut qu'on s' revoie
« Serait-il envisageable de nous revoir dans un proche avenir ? »
(Ca, ca s’appelle du harcèlement monsieur) « Nuit et jour je penserai à vous jusqu’à ce jour béni où vous me direz oui »
(Refrain)
Personnellement ça n’est pas le genre de langage qui me fait rêver ou frissonner, tout comme le désormais traditionnel « t’es bonne » ou « j’te kiffe grave » de l’individu au jean démesurément large et à la casquette mal ajustée, assortis de vieilles baskets couleur trop-portées.
Quelques uns ont bien tenté de rassembler les 2 genres, style « tes yeux sont aussi beaux que les ailes d’un oiseau », mais sans grand succès.
A choisir j’opte pour le Banderas au charme fou en costume et sourire ravageur, d’une classe innée et d’un humour sans faille, qui rien qu’en tendant sa main vers vous et sans un mot vous donne envie de le suivre au bout du monde. Non je ne suis pas amoureuse.
M’accorderez-vous cette danse ? Tango argentin enflammé ou valse viennoise grisante ?
Nostalgique d’un temps où le respect et la courtoisie étaient monnaie courante…
Ouah comment elle assure trop pas elle !




