Bonne fête môa!
Fait et dit devant le fait accompli c’était ma fête aussi en fait.Le cadeau de ma fille trônait depuis plusieurs jours sur le meuble du salon, dans son joli emballage mauve, sa couleur préférée.
Depuis qu’elle l’avait rapporté de l’école, chaque jour elle m’assurait que je pouvais l’ouvrir avant la date et qu’elle me promettait de ne rien dire à sa maîtresse.
Incorruptible et d’une patience exemplaire, j’ai sagement attendu le jour J, non sans avoir préalablement et discrètement palpé ledit paquet pour éliminer l’hypothèse du collier de pâtes ou du porte-photos en pinces à linge.
D’ailleurs c’est une appréhension qu’ont beaucoup de futures mères et à quoi je réponds que pour le moment je n’ai pas eu ce genre de présent adorable mais difficilement utilisable au quotidien.
Enfin bref, alors que je claviotais sur mon PC, ma fille s’est approchée de moi avec son air de « maman je vais te faire une surprise ! ».
Et là j’ai eu droit à un « BONNE FETE MAMAN ! » hurlé à mon oreille gauche, un énorme bisou-câlin-d’amour, puis à deux jolis poèmes décorés de cœurs sur une carte et d’un mobile-cœur assorti, dont je n’ai pas encore bien saisi l’utilité (oh ! une kineton !)
Ma fille me certifie que je peux y ranger mes bijoux avant de le suspendre quelque part.
Je ne me suis pas permise de la contrarier et elle s’est entendue répondre l’expression consacrée : « c’est merveilleux ma chérie, tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir ! ».
C’est vrai que ça m’a fait plaisir, vraiment, comme tout cadeau fait avec amour et désintéressement.
N’empêche que j’ai beau le tourner dans tous les sens, d’abord je ne vois pas l’utilité de suspendre mes bijoux en l’air, ensuite des bijoux je n’en ai presque pas, et puis l’accrocher après quoi et où ?, et enfin, selon mes souvenirs de physique et de résistance, un tel assemblage de cartoline ne supportera pas le poids, ne serait-ce que d’une montre.
(Oh mon Dieu, esprit de môman, sors immédiatement de mon corps !)
Devant mon air perplexe mal dissimulé elle a ajouté que sa maîtresse lui avait dit que je pouvais ranger tout un tas de choses dans ce cœur-mobile.
Suffit juste que je trouve quoi ma puce, je vais réfléchir.
Et comme elle me récitait consciencieusement les poèmes de la carte, son frère se chargeait du fond sonore d’éboulements d’objets divers et variés.
La fête des mères à 18 mois ça ne veut pas dire grand chose.
Mais pour moi ça veut dire énormément. Je suis maman. J’ai la chance d’être maman.
D’avoir 2 superbes enfants intelligents et en bonne santé.
Et il en est qui ne réalisent pas cette chance.
Alors je pense à ma meilleure amie n°1 qui y a toujours cru et à qui la science a permis de réaliser son rêve de maternité, et à ma meilleure amie n°2 qui est en plein combat.
Je pense à toutes les mamans en devenir et à tous ces moments de bonheur qui les attendent.
Aux mamans imparfaites si parfaites aux yeux de leurs enfants.
Encore bonne fête à toutes les mamans.





