about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

30 mai 2006

Bonne fête môa!

Fait et dit devant le fait accompli c’était ma fête aussi en fait.
Le cadeau de ma fille trônait depuis plusieurs jours sur le meuble du salon, dans son joli emballage mauve, sa couleur préférée.
Depuis qu’elle l’avait rapporté de l’école, chaque jour elle m’assurait que je pouvais l’ouvrir avant la date et qu’elle me promettait de ne rien dire à sa maîtresse.
Incorruptible et d’une patience exemplaire, j’ai sagement attendu le jour J, non sans avoir préalablement et discrètement palpé ledit paquet pour éliminer l’hypothèse du collier de pâtes ou du porte-photos en pinces à linge.
D’ailleurs c’est une appréhension qu’ont beaucoup de futures mères et à quoi je réponds que pour le moment je n’ai pas eu ce genre de présent adorable mais difficilement utilisable au quotidien.
Enfin bref, alors que je claviotais sur mon PC, ma fille s’est approchée de moi avec son air de « maman je vais te faire une surprise ! ».
Et là j’ai eu droit à un « BONNE FETE MAMAN ! » hurlé à mon oreille gauche, un énorme bisou-câlin-d’amour, puis à deux jolis poèmes décorés de cœurs sur une carte et d’un mobile-cœur assorti, dont je n’ai pas encore bien saisi l’utilité (oh ! une kineton !)
Ma fille me certifie que je peux y ranger mes bijoux avant de le suspendre quelque part.
Je ne me suis pas permise de la contrarier et elle s’est entendue répondre l’expression consacrée : « c’est merveilleux ma chérie, tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir ! ».
C’est vrai que ça m’a fait plaisir, vraiment, comme tout cadeau fait avec amour et désintéressement.
N’empêche que j’ai beau le tourner dans tous les sens, d’abord je ne vois pas l’utilité de suspendre mes bijoux en l’air, ensuite des bijoux je n’en ai presque pas, et puis l’accrocher après quoi et où ?, et enfin, selon mes souvenirs de physique et de résistance, un tel assemblage de cartoline ne supportera pas le poids, ne serait-ce que d’une montre.
(Oh mon Dieu, esprit de môman, sors immédiatement de mon corps !)
Devant mon air perplexe mal dissimulé elle a ajouté que sa maîtresse lui avait dit que je pouvais ranger tout un tas de choses dans ce cœur-mobile.
Suffit juste que je trouve quoi ma puce, je vais réfléchir.
Et comme elle me récitait consciencieusement les poèmes de la carte, son frère se chargeait du fond sonore d’éboulements d’objets divers et variés.
La fête des mères à 18 mois ça ne veut pas dire grand chose.
Mais pour moi ça veut dire énormément. Je suis maman. J’ai la chance d’être maman.
D’avoir 2 superbes enfants intelligents et en bonne santé.
Et il en est qui ne réalisent pas cette chance.
Alors je pense à ma meilleure amie n°1 qui y a toujours cru et à qui la science a permis de réaliser son rêve de maternité, et à ma meilleure amie n°2 qui est en plein combat.
Je pense à toutes les mamans en devenir et à tous ces moments de bonheur qui les attendent.
Aux mamans imparfaites si parfaites aux yeux de leurs enfants.
Encore bonne fête à toutes les mamans.

28 mai 2006

Bonne fête môman!

Aujourd’hui c’était la fête de ma môman.
De la vôtre aussi ? Tiens, quel hasard !
Ma môman mérite pourtant bien une fête à elle toute seule, de nous avoir élevées mes sœurs et moi avec tant de courage et d’abnégation.
D’ailleurs depuis je n’ai de cesse de déployer des trésors d’imagination pour la surprendre, lui faire plaisir et la remercier encore et encore…
Cette fois-ci je lui ai écrit un petit poème, que je lui ai fait livrer avec un gros bouquet de roses multicolores et même le vase pour savoir où les mettre.
C’est ma môman, alors c’est pas grave si ce sont ses collègues qui ont accueilli le livreur parce qu’il est venu plus tôt que prévu, pas grave si elle les soupçonne fortement d’y avoir jeté un œil avant de lui donner, ni si elle m’a fait remarquer en passant que certaines commençaient déjà à flétrir parce qu’il fait particulièrement chaud à son travail.
C’est ma môman alors je comprends quand elle me dit que le concert-cadeau-de-noël était très bien mais que la climatisation était trop forte et qu’elle en est tombée malade.
C’est ma môman alors je la rassure quand elle me fait part de ses craintes de devoir enlever le haut pour le massage-relaxant-cadeau-d’anniversaire.
C’est ma môman alors je note sur mes tablettes que les concerts d’André Rieu reviennent vite au même et que ce serait bien de changer un peu.
C’est ma môman alors je m’excuse inutilement du résultat non escompté du shampoing-coupe-brushing offert chez son ex-coiffeur (d’où le «ex»).
C’est ma môman alors je sais qu’elle est débordée et c’est pour ça que je demande une rallonge de délai pour les bons-cadeaux-thalasso qu’elle n’utilisera que la veille de la péremption.
C’est ma môman à moi et c’est pour ça que je lui pardonne tout et continue à lui faire des surprises alors qu’elle me certifie qu’un dessin ou un poème suffirait.
Parce que je suis heureuse qu’elle soit là pour moi quand j’en ai besoin malgré la distance, qu’elle soit là tout simplement, qu’elle soit une grand-mère si attentive à ses petits enfants et parce que c’est plus facile de dire « je t’aime » comme ça.
Parce que je suis heureuse de l’avoir prise en exemple lorsque je suis devenue maman à mon tour.
Merci môman et bonne fête.

18 mai 2006

Sauvons les mots

J’ai toujours aimé écrire.
Le fait d’avoir grandi le nez dans les livres et d’avoir fait de la bibliothèque municipale ma résidence secondaire y est pour beaucoup.
J’adore cette atmosphère si particulière, ce silence et cette énergie mystique comparable à celle des églises vides, que j’aime à fréquenter aussi.
Se perdre dans les rayonnages à la recherche d’une oeuvre, tendre la main et saisir au hasard d’une étagère mon futur livre de chevet pour découvrir de nouveaux univers et en façonner les visages et paysages au gré de mon imagination.
Une odeur mêlée de poussière et d’encre, le grain du papier sous les doigts, une police d’écriture agréable à l’œil : c’est un festival pour les sens que ne procure aucun DVD ni ordinateur.
Et quid de ces nuits blanches à lire un bouquin d’un trait tant il tient en haleine, de ce mélange d’excitation et de curiosité de connaître la suite de l’histoire, de la rare liberté de le faire n’importe où et quand on en a envie?
J’apprécie particulièrement les livres usagés ou d’occasion, ceux qui, en plus de l’histoire qu’ils racontent, ont aussi leur propre histoire en tant qu’objet, que je me plais à deviner.
Qui a lu ce même livre avant moi ? Où ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi celui-ci et pas un autre ?
Ainsi ma boulimie de lectures diverses et variées m’a donné l’amour des mots, de l’orthographe et de notre bonne vieille grammaire.
Les mots ont une force et un pouvoir sans limites : ils déclenchent des guerres comme ils libèrent des peuples.
En poèmes j’aime les assembler, les sculpter de ma plume et la satisfaction de trouver le mot juste, celui qui traduit exactement le fond de ma pensée, une émotion, une situation.
Poème ou article, c’est toujours sur le papier qu’il se crée, au gré du stylo glissant sur la feuille quadrillée de mon cahier griffonné, relique miraculée de mes changements de vie successifs.
Amoureuse de la langue de Molière, je déplore l’avènement de l’ère texto qui écorche les mots et blasphème le Saint Bled.
A cette occasion je lance l’opération « Sauvons les mots », avec une collecte de mots sur la blogosphère.
Je m’explique : Des mots il en est comme du reste : il y a ceux que l’on aime et ceux que l’on n’aime pas.
Pour leur orthographe, leur signification ou simplement pour leur prononciation.
Les mots en «ouille » m’amusent : ratatouille, grenouille, gargouille…et d’autres m’enchantent : libellules, patchouli, sensuel…tandis que je boycotte certains : biscuit, tricot, frigidaire ou encore pantoufle…en fonction de critères personnels pas trés rationnels.
Quels sont les vôtres ?
Creusez-vous les méninges et donnez à la postérité un mot qui vous amuse, un qui vous enchante et un que vous boycottez : A vos claviers…partez !

13 mai 2006

SOS Chocoliques Anonymes

Juste pour me faire un peu plus de mal (mon côté maso), voir si je peux tenir le coup (mon côté battante) et aussi malheureusement par nécessité (mon côté grosse-en-devenir, voir l’article « Dommages collatéraux », toujours d’actualité), je teste une nouvelle privation (vraiment que ça à foutre, moi).
Bilan après 4 jours d’arrêt de Miamtella et autres n’importe-quoi-au-chocolat :
Pour résumer grossièrement, je dirais que ma vie n’a plus aucun sens (j’exagère à peine) et que, plus que pour le tabac, ex-faux-ami-parti-en-fumée, je suis en état de manque et d’une humeur massacrante.
Ceux qui me connaissent savent que CarrieB et le chocolat sont inséparables depuis l’enfance, amis pour la vie pour le pire et surtout pour le meilleur…
Juste une petite anecdote pour calmer les petits joueurs : quand môman passait à la caisse du supermarché le fond du caddie tapissé de pots de Miamtella, on lui demandait s’il fallait faire une facture pour l’association et elle répondait que c’était juste pour sa fille-1-pot-par-semaine (et encore, si on faisait pas de crêpes).
Bref, maintenant que vous cernez mieux la damoiselle, vous appréhendez mieux mon problème actuel : du soir au matin et du matin au soir, je vois chocolat, je pense chocolat, je vis chocolat et je rêve chocolat : mes enfants en chocolat, ma télé en chocolat et mes chaussures en chocolat.
Et si je vous attrape je vous mange, na.
Les pics de souffrance de la journée se situent aux moments clés du petit-déjeuner et du goûter évidemment.
Tandis que ma fille ingurgite goulûment des tartines de Miamtella au pain de mie (non non : pas d’erreur) ou les vestiges d’œufs de Pâques (stock disponible : ± 6 mois de consommation), je suis là, une goutte de salive au bord des lèvres, perplexe devant ma banane et mon biscuit (je déteste ce mot, j’en reparlerai) de régime hyperprotéiné.
Et quand elle me tend par pitié filiale un infime morceau de coin de tartine (généreuse mais quand même, on ne badine pas avec le chocolat dans la famille), je dois prendre sur moi et me targuer d’un piètre « non merci ma chérie, tu sais que maman ne doit plus manger de chocolat » totalement contradictoire avec l’étincelle d’envie dans mes yeux.
Aujourd’hui elle m’a vu avaler sans grand entrain, médusée, mes 1,5L d’eau additionnée de potion-à-la-pectine-hors-de-prix, 3 biscuits (beûrk le mot et le truc) tous secs, une banane trop mûre et un substitut de repas grisâtre qui n’a de la saveur chocolat que le nom.
Elle s‘est risquée à un « qu’est-ce que c’est ça ? », puis à un « et c’est bon ? », pour finir avec un « ben pourquoi t’en manges alors ? ».
Ah, naïve et insouciante enfant, la vie d’adulte féminine réserve bien des surprises…
Enfin tout ça c’était avant le dîner.
On ne s’improvise pas adepte de la cuisine minimaliste du jour au lendemain.
Donc c’est de la même manière qu’elle a pu m’observer, interloquée, engloutir en 2 temps 3 mouvements 2 parts géantes de lasagnes maison, suivies d’une part et demie (la sienne, elle m’a sentie bien inspirée) de tarte aux pommes.
Ah, ben c’est pas du chocolat : j’ai même pas trichéeu, nanananèèère.
A l’issue de ce copieux repas, mes sentiments sont assez partagés entre :
- Le fatalisme : De toutes façons j’ai beau faire attention à ce que je mange je continue inexorablement à prendre des kilos, au point que je me suis fâchée pour de bon avec ma balance : je l’ai retournée, carrément (mais jusqu’où irai-je comme ça ?) et
- La culpabilité : Pourquoi gâcher si bêtement les efforts surhumains de toute une journée ?
La faim peut-être.
« Bonjour, je m’appelle CarrieB, j’aurai bientôt 30 ans et je suis Chocolique. Aujourd’hui j’ai bien progressé : je n’ai écrit que 14 fois le mot chocolat dans mon article »
Je tue les dépendances les unes après les autres.
Reste l’alcool et les achats compulsifs et ma vie sera définitivement libre mais triste à mourir.

07 mai 2006

Qui veut gagner de l'argent en masse?

Ah si j'étais riche! Qui n'a pas un jour prononcé ces paroles, ne serait-ce qu'intérieurement?
Avec tous ces jeux, loteries et autres machines à sous attrappe-lambda, on veut me faire croire que je peux être la prochaine sur la liste des élus-élite-et l'fric. Et je me surprends à y croire. Un peu.

Alors admettons, même si la probabilité se rapproche du zéro absolu, que dame Chance vienne frapper à ma porte, telle la stupéfiante chauve-souris de Bigard. Admettons.
Mais que ferais-je donc de tout cet argent versé subitement sur mon compte courant, sous les yeux ébahis de mon banquier autoproclamé meilleur ami dans la seconde?
Certains disent que ce sont de trop grosses sommes (ouais, ouais, tant que c'est pas dans leur poche), et d'autres que ça ne pose pas de problème majeur (honteux mais honnête).
Quoi qu'il en soit le souci principal reste de garder les pieds sur terre, moins simple qu'il n'y paraît, et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, à plus forte raison lorsque l'on est issu d'un milieu modeste.
Beaucoup d'exemples l'ont montré : la tentation de rattraper le temps perdu en se gavant de superflu est souvent la plus forte.
Le fameux Guy Saint-Hilaire (cliquer sur le titre du message pour la vidéo) ne rêve-t-il pas de "quitter (sa) femme et se payer des putes de luxe"?
Aller à la simplicité et à l'essentiel alors?
Une maison, une voiture, un voyage et des placements sûrs de "bon père de famille" pour payer les études des enfants?
C'est la réponse que je me plais à apporter, occultant sciemment que, malgré le fait d'avoir la tête sur le cou (qui a sa tête posée sur ses épaules si ce n'est Quasimodo?!) et de connaître la valeur du moindre euro que je gagne à la sueur de mon front (oui, 'fait particulièrement chaud dans mon bureau), je vais fatalement me laisser aller à des FIS (pas vices : Folies Impulsives et Superficielles), telles que :
  • Partir en WE shopping à Londres ou New York sans attendre ni soldes, ni vol régulier, et faire ma pretty woman sans avoir besoin de l'être (pretty),
  • Faire le tour du monde en un an en famille avec un précepteur polyglote pour mes enfants et polyvalent pour moi (ooooh, quel esprit mal tourné : je parlais de cuisine, repassage...),
  • Faire construire aux 4 coins du monde un petit pied à terre doté du minimum vital (sauna, jacuzzi et piscine à débordement),
  • Créer en résidence principale une villa d'architecte meublée par les plus grands designers et équipée d'un dressing géant, d'une salle de cinéma, d'une autre de jeux, d'une dizaine de chambres, d'un salon d'esthétique-beauté-forme et des équipements de base sus-cités,
  • Payer wouat'mille dollars pour faire venir Magic Copperfield ou Ronald Mac Mickey en personne pour le goûter d'anniversaire des enfants (variante : Gad Elmabeau ou George Clownu pour le mien; Catherine BetaJones ou Salad Hayek pour M.CarrieB...noooon, ça c'est une blague bien sûr!)
  • Commander un steack haché frites (mon plat préféré) dans le restaurant de Marc Veyrat(ou pas)
  • Demander à Christian Pointdecroix qu'il retravaille une de ses robes en y ajoutant un corset de soie naturelle coloris prune, plus raccord avec mon teint,

Toutes ces petites choses insignifiantes qui trouvent soudain tout leur sens : incroyable, non?, alors que le mois précédent on se demandait comment séduire l'inspecteur des impôts pour qu'il accepte un échelonnement et qu'on ne tirait la chasse qu'en cas de grosse commission pour économiser l'eau (beûrk).

Oh mon Dieu, autre problème : et si les gens ne m'aimaient plus que pour mon argent, si en fait ceux qui m'entourent n'attendaient de moi que profits et faveurs?

C'est untel qui ne comprendra pas que je ne lui ai payé qu'une voiture alors que jai acheté une maison à l'autre et la jalousie inévitablement suscitée par la facilité.

Devenue paranoïaque dans le meilleur des cas, je tournerais le dos à mes amis, couperais les ponts avec ma famille, claquerais la porte au nez des associations qui me demanderaient de l'aide, oublierais le nom de mes voisins et partirais sans laisser d'adresse.

Ivre de tout, je n'aurais plus goût à rien et sombrerais dans une profonde dépression.

Je jetterais cet argent sale et non mérité par les fenêtres et perdrais toute notion de réalité.

Quel triste sort...Moi, riche? Jamais!!!

Chaque samedi, alors que je pointe les numéros de Legrosmillions je pousse un soupir de soulagement de ne pas avoir coché les bon numéros et donc de ne pas avoir à porter ce lourd fardeau de cadeau empoisonné.

Je joue uniquement pour l'adrénaline du contrôle des résultats, oui madame (ou mademoiselle, ou monsieur).

Bon, le jour où le problème se posera réellement, je reverrai peut-être mon point de vue.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

02 mai 2006

Sortez moi de cette boîte : je moisis!

Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ?
En cette année charnière de ma vie, je me suis décidée à me regarder un peu plus le nombril.
C’est l’heure des bilans avant un nouveau départ.
Professionnellement cela va faire 4 ans que je suis au même poste, dans la même boîte sans avenir, dans la même ville fantôme.
Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, la grande majorité du personnel de l’entreprise ignorait jusqu’à mon existence – pourtant nous ne sommes qu’une centaine – et à ce jour seules 2 ou 3 personnes savent en quoi consiste mon job, et encore, approximativement.
« Contrôleur de Gestion Commerciale et Marketing » : faut dire que ça ne parle pas à tout le monde ! Ca veut dire tout et n’importe quoi, comme mes tâches en fait.
Sachant que je n’ai aucune perspective d’évolution et encore moins d’augmentation, là je sature : je moisis dans ma boîte hermétique, à l’ambiance électrique, à la hiérarchie marquée et inflexible, tournée vers le passé plus que vers l’avenir.
Après pas mal de candidatures présentées à d’autres entreprises pour d’autres postes et pour lesquelles je n’ai eu aucun retour (comme souvent, malheureusement), j’avais décidé il y a quelque temps de me remettre aux études en plus de mon job.
D’abord parce que j’ai toujours voulu reprendre des études arrêtées à contre cœur, et ensuite parce que je pensais qu’un diplôme supplémentaire m’ouvrirait de nouvelles portes.
J’avais donc trouvé une formation continue à horaires adaptés en Licence d’Economie et Gestion, ben oui pourquoi pas?
Après avoir assisté assidûment à toutes les réunions d’information et rencontré plusieurs enseignants, je me suis retrouvée confrontée au financement, paradoxalement quasi impossible dans la mesure où les cours n’empiétaient pas sur mon temps de travail.
On croit rêver : en ne voulant pas pénaliser mon entreprise, c’est moi que je sanctionne !
Formez-vous, qu’ils disaient… Enfin bon, je ne vais pas refaire le système français.
Face à ce problème et après analyse du programme de cours détaillé, pas forcément en phase avec mes aspirations, j’ai décidé de renoncer à ce projet et de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.
Je viens donc de déposer auprès du
Fongecif une demande de bilan de compétences, et cette perspective me réjouit beaucoup.
ENFIN je vais être écoutée, prendre le temps (24 heures) de parler de moi, de ce que je sais faire, de ce que j’aime faire, de ce que j’aurais envie de faire, de ce que je suis prête à faire…
J’ai déjà hâte de connaître les résultats pour pouvoir prendre les choses en main en toute connaissance de cause : me diriger vers un domaine où mes connaissances actuelles suffisent ou choisir une formation en rapport avec mon nouveau projet.
Vous imaginez le cauchemar ? : « Mademoiselle CarrieB, vous êtes faite pour être Contrôleur de Gestion Commerciale et Marketing dans une PME » ou encore « bonne à rien en particulier » !
Sérieusement je ne pense pas que l’on me dira que je suis faite pour tel ou tel métier précisément, mais ce travail dégrossira le terrain et me donnera des pistes d’action, des axes de recherche privilégiés.
Cela fait 10 ans cette année (snif !) que j’ai obtenu mon dernier diplôme, donc à peu près autant d’activité professionnelle hors grossesses et il est grand temps pour moi de faire ce bilan.
Je veux pouvoir dire un jour que j’aime vraiment ce que je fais, que je me lève le matin avec plaisir pour aller travailler, même si c’est pour vendre des saucissons à l’ail ou fabriquer des presse-purée à la chaîne.
Comme tout un chacun je rêve de trouver le métier qui me va, qui me passionne, et surtout qui me donne envie de le garder. Utopiste, moi ?
Du rêve à la réalité, encore une question : le Fongecif va-t-il financer mon bilan ?
Retour à la case départ…