21 mars 2008

Saison de l'écriture

Je me suis rendue compte récemment que mes périodes lecture/écriture ne coïncidaient jamais.
Il y a résolument dans ma vie des épisodes, plus ou moins longs, consacrés à l’une ou à l’autre, mais de manière quasi obsessionnelle et systématique.
Quand l’envie de lire me prend, c’est une boulimie de lignes qui m’envahit : je lis jusqu’à l’endormissement, jusqu’au dégoût, jusqu’à l’overdose de ces mots d’auteurs qui me touchent ou m’indiffèrent.
Je ne possède que peu de livres, trop nourrie depuis mon enfance des exemplaires cornés et odorants des rayonnages de la bibliothèque, et l’idée même d’annoter de ma main la marge d’un ouvrage dont j’aurais fait l’acquisition m’apparaît comme un blasphème.
Je respecte l’objet-livre et son histoire en tant que tel, et ne tente de me l’approprier que l’espace de ma lecture, par l’imagination, l’identification psychologique, parfois jusqu’au transfert momentané.
Dans ma "culture littéraire" il y a de tout et de rien, romans, nouvelles, biographies, poèmes, contes et j’en passe, du genre littéraire, d’auteurs connus ou pas du tout.
J’en ai oublié la plupart, à vrai dire, et retenu que peu, mais à coup sûr ils ont tous apporté leur contribution au puzzle de mon existence, des choix que j’ai faits et des directions que j’ai prises.
Alors, lorsque la frénésie me prend, je les sélectionne le plus souvent selon des critères qui mêlent le hasard à l’intuition, et les dévore sans relâche de la première à la dernière miette de mot.
De bonnes surprises parfois, des déceptions aussi, ou pire certains qui ne m’atteignent en rien, mais la joie de lire est toujours intacte.
Dans l’idéal, pour être rassasiée, ne serait-ce que provisoirement, il faut que je trouve le livre qui me bouscule, me bouleverse, m’apprenne, m’interroge sur mes convictions les plus profondes, me laisse sans voix et stupide de ne pas l’avoir lu plus tôt.
Il y en a comme ça, qui font que vous ne serez jamais plus la/le même, aussitôt la dernière page achevée.
Oui ce que j’aime dans la lecture c’est, en plus du rapport charnel, sensuel (littéralement) avec l’objet, ce besoin impérieux, essentiel, que l’on mette à mal mes neurones, mon mode de pensée même, mes certitudes, et c’est sans doute la finalité de cette orgie de chapitres.
Lire beaucoup, de tout, du bon et du médiocre, pour mieux apprécier la pépite qui se cache dans la masse et saura faire chavirer mes sens sans crier gare, et me faire renoncer à écrire quoi que ce soit sans que je ne chiffonne chaque ébauche de début de genèse de naissance de prémices de commencement de texte.
Après avoir lu tant et tant de pages rédigées par d’autres, au prix de mois, d’années de travail ou de l’œuvre d’une vie, comment ne pas penser que tout à déjà été écrit ?
Comment imaginer pouvoir apporter quelque chose à l’autre, le distraire, susciter de l’intérêt, éveiller une étincelle, l’attiser, et satisfaire et l’auteur, et le lecteur ?
Mais l’écriture revient toujours, saison bénie, car à défaut de la connaître ou de la maîtriser, je l’aime et elle a toujours été quelque part à l’intérieur, faisant parfois un signe, se cachant, s’extériorisant tout à coup, puis repartant se blottir à l’abri de moi-même.
J’aime cet instant précis où une idée me vient, sans préméditation, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, légère ou plus personnelle, simple ou sur laquelle il me faudra travailler.
Un mot, une phrase, autour de laquelle il faudra construire une histoire, vécue ou non, de toutes pièces.
L’inspiration de départ est comme l’unique indice d’une enquête, une base de travail pour l’imagination, la mémoire, l’esprit en général, qu’il faudra analyser, fouiller, torturer aussi.
Quand les mots commencent à s’échapper du stylo sur la page blanche, soit ils s’enchaînent automatiquement en un flot rapide qui ne cesse qu’au point final, soit ils s’arrêtent trop tôt en une ph(r)ase incomplète.
Plus je m’implique dans l’écriture, plus elle me fait souffrir, trébucher à chaque étape sur des obstacles invisibles, tomber dans le trou noir de la page blanche.
Le vide ne m’a jamais tant effrayé que dans ma tête et sur le papier.
Je veux écrire, mais je ne peux pas : frustration extrême, tiraillement des méninges et douleur physique indescriptible, comme si tout le corps se contractait, s’arrêtait d’accomplir ses fonctions vitales, déçu de si peu de résultats fournis par le cerveau.
Mais quel bonheur quand les mots reviennent !
Même un seul, clé mystérieuse qui permet d’ouvrir la porte à la suite de syllabes encastrables, de sujets modulables, adjectifs interchangeables, verbes indispensables et compléments déplaçables, qui composeront le texte.
Etrangement mes cahiers ne sont pas du tout soignés, couverts de caractères illisibles et puérils, de symboles de renvoi vers note, de ratures grossières, qui ne correspondent en rien à mon écriture habituelle, comme s’il avait fallu conserver intact l’état d’esprit des premiers poèmes griffonnés de mon enfance.
Je noircis des pages en abondance, souvent plusieurs textes à la fois, passant de l’un à l’autre au gré de mon humeur, et dois limiter mes relectures pour ne pas tous les éliminer prématurément, et que certains subsistent malgré tout.
Alors j’écris pour le plaisir d’écrire, comme je lis pour le plaisir de lire, et peu importe le résultat, tant que l’envie est là.
J’écris à saturation, ou à satisfaction, mais n’insiste jamais quand le moment est venu, quand cahier et stylo implorent du repos.
Alors ils s’ouvrent seulement, avec parcimonie à quelques notes concises, quelques idées qui vagabondent, et qui peut-être plus tard feront l’objet d’un récit, ou pas.
En attendant revient le temps de la lecture, comme une saison nouvelle qu’on n’a jamais eu l’occasion d’attendre.
Saison aussi du partage des expériences : Qu'en est-il de votre relation à la lecture/l'écriture?

28 commentaires:

papet croûton a dit…

À chacun sa façon d'écrire :
Comment diable s'arrangeait Georges Sand ? Cette robuste ouvrière de lettres trouvait le moyen de finir un roman, d'en commencer un autre dans la même heure, elle n'en perdait ni un amant, ni une bouffée de narguilé... ...Je n'aurais pas su en faire autant, et là où elle pensait à la grange pleine, je me suis attardée à contempler la verte fleur des blés"

kundun a dit…

pour ma part, je ne choisie pas d'écrire (enfin tout est relatif, si on peut parler d'écriture dans ce que je fais)une idée me vient, je pose les mains sur le clavier et ça coule tout seul. Parfois un mot, un jeu de mot, une envie, une histoire.
A vrai dire je ne sais pas si je serais capable d'écrire plus d'une page, avoir cette constance et cette rigueur indispensable. Faire un brouillon, revenir dessus, corriger, rayer.....trop flèmmard pour ça je pense.

sardine a dit…

Je profite de ce sujet pour faire un passage dans ta bulle et dire ceci : j'ai la sensation nette au moment où j'écris de libérer de la mémoire, et paradoxalement, de lier des choses, événements, sensations, rêveries qui dans la vie, n'auraient rien à faire ensemble....le vide qui s'en suit est une vraie joie.
Pour la lecture : je suis souvent déçue mais quand je découvre un auteur, j'ai à coeur de lire une grande partie de son oeuvre. Dernière découverte que je partage avec toi-vous : Guy Goffette "l'enfance, lingère" Une perle.
Je ne passe pas souvent alors je prends le temps...Des bises au passage, toujours aussi agréable de te lire.

féekabossée a dit…

Sujet d'amour, sujet fétiche, sujet douloureux autant qu'heureux.
Je partage tes sensations, page blanche un jour, page pleine le lendemain, douleur au ventre de ne pouvoir lier les mots comme on aimerait, papillons dans la tête quand ils dansent sans nous sur le papier, clavier... Je crains aussi souvent d'être trop imprègnée d'un style, d'une histoire lue qui m'a bouleversée, et de ne plus être dans mes écrits, mon propre style, mes propres envies. Alors les pauses lectures sont nécessaires quand la plume me brule les doigts, sortir de ces livres que j'aime pour n'être qu'un tête à tête avec mon calpin.
Lire pour le besoin de découvrir encore, écrire pour l'envie de SE découvrir encore ..

Pema a dit…

tu sais quoi? je suis jalouse, j'ai rêvé être écrivain(e?)... mais je sais que je ne le suis pas parce que je n'ai pas ce plaisir de l'écriture...
je crois que l'école m'a trop formatée...
quand je m'exprime par écrit, c'est plus pour vomir des sentiments... je vois pas d'autre image...

LOLO, Tahiti Herald Tribune a dit…

De toute façon Carrie, ce qui est bien avec toi, c'est que pleine saison ou hors saison, ton blog a toujours livré de très beaux fruits.
Ma relation à l'écriture ? aujourd'hui pas envie... la tête ailleurs, et le coeur aussi..............

Muse a dit…

En ce moment, je lis par auteur, jusqu'à épuiser ses livres..Tout jane austen, tout Coelho...
Pour l'écriture, je connais la panne séche, trop d'émotion!

MissTortue a dit…

L'écriture ce n'est pas un choix pour moi, en général elle s'impose.
"Il faut" que j'écrive à certains moments... pour évacuer ou pour m'amuser aussi.

C'est vers 10/12 ans que j'ai commencé mon premier journal intime. Il avait un cadenas...
J'ai toujours le cahier mais plus le cadenas...
:-)

Les textes étaient des récits de mes journées (la lecture du "Journal d'Anne Frank" m'avait marquée, tant pour son contenu que pour sa forme.)

Ensuite, en bonne ado, j'y suis allée de mes petits poèmes.

Et puis des textes de chansons, parfois tellement profondément "moi" que je ne les proposais même pas à mes potes guitaristes pour les mettre en musique.

Du format papier, je suis passée un jour au format blog, besoin de m'exposer peut-être, et d'être relue par quelqu'un d'autre que moi-même.

Mais je continue d'écrire de la même façon : d'un jet (ou presque).

Comme toi, une idée ou un mot me "chatouille", au détour d'un événement, d'un film, d'une rencontre ou d'un livre tout juste refermé... alors il me prend l'envie folle d'aligner les mots et les phrases, comme les perles d'un collier.
Et ça m'apaise jusqu'à la fois suivante...

Mémère Cendrillon a dit…

Mes plus belles lectures ne sont que souffrance. Des coups de poing. De ceux qui vous empêchent de dormir, et qui font de vous un être différent.
Des mots qui s'enchaînent et qui font apparaître des réalités nouvelles, des voyages inconnus, des idées qui volent en éclat.
Je suis maso. Complètement maso.

L'écriture, c'est un moyen de me recentrer, de libérer une tension, de lui permettre d'exister pleinement dans mon cerveau de "limite hyperactive".

Ton billet est superbement rythmé. En lisant, je chevauchais un cheval, et je galopais au vent, enivrée.

Merci CarrieB !

Mme de K a dit…

Puisque c'est ici le confessionnal, j'avoue : ce que j'aime quand je lis, c'est qu'on me raconte une histoire, avec des sensations et des sentiments, des bruits, des odeurs, de l'amour, du vent, du soleil, des aventures, des drames, des bonheurs !
Et quand j'écris, je te le donne en mille ... j'aime raconter des histoires ;-) je suis pas du tout genre journal intime ou vomissement de sentiments (comme l'a si élégamment dit Pema ;-)

Minipoucine a dit…

Personnellement, la lecture, c'est une sorte de drogue temporaire. Je m'explique: à certaines périodes de ma vie, je peux lire sans cesse, sans arrêt, dès qu'un moment se présente, hop je me plonge dans le bouquin du moment. Et quand celui-ci est fini, j'en entame un autre. Et je fais cela jusqu'à l'indigestion, jusqu'à arriver au stade du j'en peux plus, j'en veux plus. Alors survient, très souvent, une période d'accalmie durant laquelle je ne vais plus toucher un bouquin pendant une ou deux semaines. Mais jamais plus, le manque finit toujours par prendre le dessus et par gagner le combat.
Quant à l'écriture, j'écris quand bon me semble, quand une idée me traverse l'esprit. Mais c'est beaucoup moins concentré, beaucoup plus dilué que la lecture.
En tout cas, ton article m'a fait réagir et je vois que je ne suis pas la seule. Quel plaisir!:o)

CarrieB a dit…

@papet : …et George Sand disait : « Je travaille la nuit, je monte à cheval le jour, je joue au billard le soir, je dors le matin. C’est toujours la même vie » (Correspondances)

@kundun : J’envie ce côté impulsif de l’écriture, que je ne connais pas. Il faut que je passe impérativement par l’étape papier, et que je retravaille, et je comprends aussi cette angoisse de dépasser la page, peur de ne pas avoir assez de choses intéressantes à dire pour ne pas tenir le rythme et captiver l’attention. Autant j’aime la rigueur, autant je déteste la page blanche !

@Sardine : Ca me fait plaisir de te lire ici, la fée et moi reparlions le week-end dernier justement de notre rencontre il y a plus d’un an déjà, et constations que nous étions les seules « survivantes de blog » de cette époque ! J’espère en tous cas que tu écris toujours, et que cela va aboutir sur un ouvrage à dévorer ! Je prends bonne note de ta recommandation de lecture, que j’ai hâte de découvrir. Des bises à toi et à ton maquereau, et passe quand tu veux, tu es la bienvenue.

@ma fée : …et en plus toi tu travailles entourée de tant de tentations ! Lire et écrire permettent chacun de découvrir et de se découvrir, c’est une quête sans fin, l’appétit qui vient en mangeant, la curiosité-défaut-pas-si-vilain, de surprise en surprise…

@Muse : Lire peut permettre de s’évader des soucis du quotidien, écrire nous y ramène fatalement. Je comprends ton état d’esprit en ce moment, j’ai suivi ces dernières semaines avec attention sur ton blog, même si je n’ai pas commenté, courage.

@Pema : Jamais je ne me prétendrai écrivain, d’ailleurs beaucoup s’approprient ce titre sans raison. Etre auteur et être écrivain, ça n’est pas la même paire de manches ! Et comme je dis souvent, il ne suffit pas d’aimer écrire pour bien écrire : le plaisir de l’écriture peut ne pas être là, ça n’empêche pas le talent, tu en es une jolie preuve.
Quant à te trouver trop formatée, je ne pense pas qu’en écrivant sincèrement, avec son cœur, on puisse penser aux règles d’écriture apprises à l’école, et sur lesquelles d’ailleurs nous nous sommes tous bâtis. Les sentiments sont uniques, et chaque style d’écriture aussi.

@Lolo : C’est gentil, ces fruits sont chacun une partie de ma vie, de ma mémoire, et je pense que je prendrai plaisir à les relire d’ici quelques années, et à les faire partager à mes enfants quand les années auront effacé une partie de mes souvenirs. Toi, tu es en train de t’en fabriquer, des souvenirs, et des beaux, alors l’heure de l’écriture viendra peut-être après coup ; il faut vivre sa vie avant de l’écrire !

@MissTortue : Ton commentaire ne m’étonne pas de la part d’une maîtresse-chanteuse (rien à voir avec un maître-chanteur, bien sûr). C’est bien d’utiliser l’écriture pour extérioriser ses sentiments, sous quelque forme que ce soit, quand on n’est pas forcément quelqu’un qui ose les formuler oralement. Alors tu as raison, l’écriture s’impose plus qu’on ne la choisit.

@MémèreCendrillon : Je ne crois pas que tu sois maso, juste passionnée, impliquée, vivante tout simplement. Merci à toi aussi de nous faire partager tout ça !

@Mme2 : J’aime la même chose que toi dans mes lectures, que le livre m’emporte dans ce monde de sensations nouvelles ou connues, et ce que j’aime aussi, c’est lire tes belles histoires! Ce qui est intéressant, c’est que nous avons tous notre propre raison d’écrire, et notre propre façon de le faire, et je découvre les unes et les autres des vôtres avec plaisir !

@Minipoucine : Comme quoi on ne lit pas forcément comme on écrit ! Et peut-on dévorer des tas de livres sans jamais avoir la tentation de l’écriture, ou inversement se mettre à écrire sans jamais avoir pris goût à la lecture ?

papet croûton a dit…

Au fait, je citais de Colette, mais tout le monde le savait...

Chris d'Ego a dit…

J'ai le même rapport avec la lecture qu'avec la sport: irrégulier. J'en ai besoin pour me ressourcer, pour m'évader, me libérer mais j'en fais pas toujours ma priorité.
Quant à l'écriture, c'est le support indispensable pour poser mes idées, mes impressions, mes observations, mes sentiments. Sans elle, je n'existe pas!

lunelô a dit…

quand j'ai vu que tu avais posté la dessus je me suis dit que je me laisserai le temps de la reflexion tant le sujet lecture ecriture est délicat pour moi...j'y reviens ce soir ;)
J'ai ce même rapport sensuel au livre, j'ai ce besoin presque irrépréssible de toucher consulter caresser des couvertures quand je passe devant l'etal d'un libraire et j'aime l'odeur des vieux romans aux pages jaunis par le temps.
Dès mes 6 ans, je me suis rendue à la bibliothèque comme d'autres vont a la messe, religieusement, j'y passais des heures jusqu' à la fermeture ou je quittais le lieu à regret, lire beaucoup absorber de tout du rire du pleur du reflexif, du nauséabond du pas de ton àge, lire et relire parfois quand ma tete tournait en rond un dimanche de fermeture et quil me fallait lui trouver une occupation lire en serie ado du faux policier de l'horreur des classiques...lire... et puis la source s'est tarie, j'ai lu mais avec moins d'urgence moins de frénésie avec parcimonie moi qui m'engageais à lire jusqu'au bout je suis devenue zappeuse lisant plusieurs livres que je ne finissais parfois quand je ne les abandonnais pas des mois durant...
Et puis un jour l'urgence non plus de remplir mais de sortir expurger il a fallu. Je me suis mise a cracher mes maux...des carnets noircis de gris de nuages de brouillard? ET l'espoir que la plume pourrait creer de la fiction mais elle n'y arrive cependant toujours pas.DEs mois durant j'ai ecrit longtemps, petits cahiers à la couverture cartonnée qui temoignent de mes doutes, de mes incertitudes de mes peurs... MAis moi je voulais ecrire, rire et ecrire produire des histoires pas poser la mienne. Alors j'ai refermé les carnets. J'ai depuis toujours cet amour du lire, du livre et de l'ecrit mais je ne sais plus quoi en faire. L'ecriture, j'y ai un rapport tellement instincif tellement charnel et fort que je ne peux m'en servir que dans ce cadre. Professionnellement j'ecris mal, mes mots ne sont plus ces petites pierres que je cisele a l'envie pour qu'elles s'ajustent. LEs mots de mon blog ne sont pas toujours mes mots n'ont plus... Je ne m'y retrouve pas sis souvent. ALors je me demande pourquoi je l'ai fait finalement. A quoi il sert. Mon blog c'etait pour ecrire mais je n'y écrit pas, j'y echange ici et là... Lire et ecrire sans doute que ça sert aussi à ça.alors c'est si rageant quand les mots vous echappent.
Merci pour ta plume demoiselle.

Jean-Marc a dit…

Bonjour
Je découvre ton blog grace à minipoucine et j'apprécue beaucoup de le parcourir.
C'est tellement important l'écriture est un formidable moyen pour s'exprimer et tu le fais fort bien.
A bientôt j'espère.

Amicalement

NatpointG a dit…

Comme la Fée, parfois je fais des pauses lectures pour ne pas être influencée dans mon écriture, quand on rentre dans un personnage, quand on intègre la plume d'un auteur, il est difficile de s'en éloigner... J'aime autant lire qu'écrire, je crois que je ne sais plus me passer ni de l'un ni de l'autre, l'écriture est parfois douloureuse mais tellement jouissive quand on arrive en quelques mots à exprimer un sentiment qu'on n'a jamais pu dire.

Pour résumer ma pensée, petite citation de Marguerite Duras : «Ecrire, c'était la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée.»

Merci pour ce beau billet.

CarrieB a dit…

@papet : Bien sûr que tout le monde le savait…non ?

@Chris d’Ego : Heureusement que je n’ai pas le même rapport avec la lecture que le sport, parce que je ne lirais jamais, et heureusement aussi qu’on existe sans l’écriture ! Poser ses mots sur le papier permet d’en laisser une trace, ou de remettre de l’ordre dans ses idées, se libérer de quelque chose, partager des idées, mais sans la réalité de nos vies c’est l’écriture qui n’existerait pas.

@lunelô : Effectivement, ravie de voir que le sujet t’inspire ! Contente aussi de voir que je ne suis pas la seule à avoir grandi dans une bibliothèque, et pas la seule non plus à avoir vécu ce trop plein qui a laissé place à une traversée du désert littéraire temporaire. Pour ce qui est de l’écriture, peut-être doit-on avoir écrit sa propre vie avant d’entamer la fiction ? Ou peut-être attendre plus de recul ? Il faut être persévérante, le temps viendra, c’est sûr.
Quant à ton blog, s’il sert à échanger c’est déjà énorme, et rien ne t’empêche d’y écrire plus longuement, d’y tenter des essais de fiction ou des choses plus personnelles…ou d’en ouvrir un autre qui te permettra de faire tout ça !

@Jean-Marc : Merci de ta visite et de tes compliments, j’ai été moi aussi ravie de découvrir ton blog et un jour c’est sûr nous arriverons à nous trouver simultanément sur la messagerie !

@NatpointG : Pour ne pas être influencée dans l’écriture, j’évite de lire les œuvres complètes d’un auteur d’affilée, je change de style d’un livre à l’autre. Et c’est vrai que souvent quand on prend plaisir à la lecture et à l’écriture, il est dur de s’en passer, mais ce sont des drogues légales et presque sans effets nocifs (tout dépend de ce qu’on lit et écrit bien sûr !).

@re papet : Ca y est, c’est fait, j’ai enlevé ce spam, et ton commentaire, merci !

Sabine a dit…

Bonjour et bonne journée
A bientôt

Jean-Marc a dit…

Je viens te souhaiter une bonne soirée Carrie

Bises

gael a dit…

au contraire de toi carrie, je prefere garder 1 livre plutot que de le ramener à la bibli (mais chui po 1 voleuse hein !) j'aime pouvoir l'emmener partout avec moi, le preter, le faire decouvrir et pouvoir le relire à tout moment .

ce sont surtout des livres de poche, qui sont tout cornés et emplis de souvenirs .... ticket de metro, billet de tgv, bout de papier du moment, emballage de chinngom ..... j'ai besoin de livres ds ma vie, sans eux je me sens vide :)

nina de zio peppino a dit…

L'écriture…la lecture. Un bijou précieux que tout le monde ne peut s'offrir. Il convoite les grands bonimenteurs mais n'appartient qu'à de humbles rêveurs. Ton texte est passionnant!

CarrieB a dit…

@Sabine : Ben tout pareil, sauf qu’on ne parle pas de la même journée !

@Jean-Marc : Comme pour Sabine, bonne soirée à toi aussi, enfin devrais-je dire nuit en cette heure tardive !

@gael : Ce doit être une question de personnalité et de perception, je n’arrive pas à m’attacher à des objets, c’est comme ça. Je ne suis que de passage pour ce livre qui va être manipulé par d’autres générations après moi et qui l’avait déjà été bien avant ma naissance; mon attitude vis-à-vis des livres rejoint celle que j’ai envers la vie…

@nina (permets que j’abrège ton pseudo) : Bienvenue et ravie également d’avoir découvert ton blog, avec des histoires de dents quand on s’appelle Carrie, ça ne pouvait pas mieux commencer !

Sabine a dit…

Bonne fin de journée
BISES

Jean-Marc a dit…

Je passe te faire un coucou Carrie et surtout te souhaiter un très bon week end.
A bientôt j'espère
Bisous

MissQ a dit…

promis je répondrait mais sur mon blog, je te ferais signe !

kiss

just green ray through the night a dit…

J'aime beaucoup ce que vous faites !

le capitaine a dit…

J'arrive de chez Pema.
Bel article que celui-ci, qui décrit néanmoins l'écriture, plus comme un besoin métabolique que comme un véritable plaisir, ce à quoi je souscris pleinement.
Ecrire est un acte abhérant, libératoire, inutile et fondamental.
:-b