11 mars 2008

Lettre ouverte à C.

Cette journée de la femme avait un goût bien amer cette année, après ce que tu m’avais annoncé une semaine plus tôt.
L’heure n’était plus à te dire que c’était prévisible, que tu pouvais te douter que ni le temps, ni la patience, ni le déménagement d’il y a quelques mois ne le feraient changer.
C’était tentant de te rappeler qu’il t’avait déjà frappée par le passé, prétendant à des « accidents », que sa personnalité déroutante , sa jalousie maladive et son alcoolisme grandissant avaient réussi à te couper du monde, des amis, de ta famille.
Que l’amour ça n’est pas ça, tout simplement.
J’aurais pu te blâmer de ne pas l’avoir quitté déjà depuis longtemps, de ne pas avoir réagi à ses accès de colère, de ne pas en avoir parlé avant, malgré les fluctuations de son comportement.
Mais je me suis souvenue qu’il y a plus de 10 ans, je m’étais fait prendre au même piège insidieux de la violence psychologique qui détruit à petit feu, de l’intérieur, dévalorise, fait perdre toute confiance en soi, en son propre jugement, et mène à douter de sa propre intégrité mentale.
Je me suis remémorée l’incompréhension et l’impuissance de l’entourage lorsque j’avais plié bagages avant l’irrévocable, les doutes qui m’assaillaient et la peur du lendemain, de l’inconnu, mais aussi l’instinct de survie et l’espoir, oui l’espoir.
Alors je me suis abstenue de porter un jugement et ai tenté de t’aider au plus vite comme je le pouvais, sans attendre que tu me le demandes, quitte à ce que tu m’en veuilles de me mêler ainsi de ta vie, d’intervenir sans ton autorisation sur le cours de ton avenir.
Parce que je voulais que tu en aies un, d’avenir, et je savais qu’en te laissant ainsi, déjà couverte d’ecchymoses et dangereusement amaigrie, le tien était plus qu’incertain,.
Tu as fini par comprendre que ma main n’était tendue vers toi que pour te protéger, et sortir tes enfants d’une situation qu’ils n’ont jamais choisie, que je faisais le choix, pour toi, de croire en des lendemains meilleurs.
« Violence conjugale » : les mots étaient lâchés, à la gendarmerie, aux associations d’aide aux femmes battues, et P., M., R., les hommes en bleu et moi t’avons accompagnée du mieux que nous avons pu au jour le jour, au fil de tes hésitations et de tes craintes, jusqu’à ce qu’enfin tu acceptes de porter plainte, de dénoncer l’individu malveillant qui confisquait ta vie, te réduisant à l’ombre de toi-même.
Bien sûr, il n’est jamais simple d’accepter un échec et de passer outre la culpabilité injustifiée et la peur, cette peur qui était ton quotidien et qui ne t’a pas encore quittée.
Bien sûr, il y a eu cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la tolérance, ce coup de trop porté à la chair de ta chair.
Bien sûr j’ai craint pour ta vie, celle des enfants, celle de M. venue te soutenir, et prié fort lorsque tu m’as dit que je signais ton arrêt de mort.
Je prie toujours à qui veut bien m’entendre quand la situation ne dépend pas que de moi, on ne sait jamais.
Mais ce dont je suis certaine, quoi qu’il arrive maintenant, est que tu as, nous avons, pris la meilleure décision, premier pas vers une nouvelle existence qu’il va te falloir reconstruire de toutes pièces sur des bases plus saines, plus sereines.
Ce qui est sûr est que demain, date de ton déménagement improvisé dans l’urgence chez M. et P., sera le premier jour du reste de ta vie, et que tu ne seras pas seule pour y faire face.

Tristes rappels : En France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon.
Entre 2005 et 2006, 330 000 femmes ont déclaré vivre avec un conjoint qui a porté la main sur elles. 8,8% seulement ont déposé plainte et 84% de ces actes n'ont fait l'objet d'aucun signalement à la police ou à la gendarmerie.
« Tant que la violence faite aux femmes sera occultée et relativisée , tant qu'elle ne sera pas suffisamment prise en compte par l'Etat et reconnue comme un véritable enjeu par la société tout entière , elle ne cessera pas. C'est à ce prix seulement que la France qui se revendique comme la patrie des droits de l'homme sera aussi celle des droits des femmes », écrit Amnesty International dans « les Violences faites aux femmes en France, une affaire d'Etat » ( Autrement, 2006 ).

26 commentaires:

Pema a dit…

je t'admire pour ce que tu as fait pour elle.
Combien de personnes, sous pretexte de ne pas se mêler de la vie des autres, laissent l'intolérable se passer derrière des portes fermées.
Je lui souhaite de réussir cette nouvelle vie...

LOLO, Tahiti Herald Tribune a dit…

Ce n'est pas de l'ingérence c'est de l'Amour.
Mais difficile d'avoir du discernement quand on est dans une telle spirale.
Chacun de tes mots est comme autant de bras tendus.
Bravo Carrie
Bon courage C.

féekabossée a dit…

Que dire ?
Faut pas la lâcher, au moins pendant quelque temps, même si elle ne le demande pas. Faut la surveiller d'un coin d'oeil discret, et ce n'est pas facile... Tu sauras très bien faire ça, j'en suis certaine, et dans peu de temps, elle s'ouvrira à nouveau comme une fleur sous tes yeux rassurés.
Courage. Et bisous plein.

ptite lel la lune... a dit…

je connais la maltraitance psychologique, tu la décris trés bien, avec toute cette souffrance...
ouais faut pas la lâcher...elle a besoin de plusieurs accés de déterminisme.c'est dur de quitter ce genre d'homme, un pas en avant, un en arrière.
Et le travail de reprise de confiance commencera!!
ouais journée de la femme...
ça me donne envie de chialer, ça me rappelle mon histoire mais sans les coups physiques, mais avec la peur permanente de l'autre.

CarrieB a dit…

@Pema : Il n’y a pas d’admiration qui tienne, j’ai fait (et bien accompagnée) ce que je devais faire et que n’importe quelle personne normale est censée faire, surtout quand ça nous touche de près. Moi aussi je lui souhaite le meilleur, demain sera déjà un grand soulagement.

@lolo : Oui je crois que c’est ça aussi ;-) Le recul, je l’ai déjà par la distance qui nous séparait, et c’était important d’avoir les pieds sur terre pour prendre rapidement les bonnes décisions. Je ne manquerai pas de lui transmettre tes mots d’encouragement bien sûr.

@ma fée : Oh là-dessus, il ne faut pas t’inquiéter, je ne risque pas de la lâcher ! Et je sais que M. et P. sauront bien veiller sur elle. Elle va déjà mieux à l’aube de ce nouveau départ, et j’espère que ça n’ira qu'en s'améliorant maintenant. Bisous à toi aussi.

@lel : Je l’ai connue aussi malheureusement, et je m’en suis sortie, même si la situation était loin d’être la même. Ah la peur, c’est l’obstacle le plus grand face aux possibilités de se libérer de ce lourd secret, mais ne fais pas pleurer tes jolis yeux s’il te plait!

lunelô a dit…

oui, dur, si dur de se détacher de ça, culpabilité et emprise. Je ne connais pas la violence physique mais psychologique si. CE sont des situations tellement.... même quand on sait, qu'on a les ressorts, les tenants de cette non relation à l'autre, passé et presents, c'est pourtant si dur rt douloureux de s'en defaire. Mieux vaut un malheur connu qu'un bonheur connu dit alice miller.. CE n'est pas par masochisme mais trop souvent par manque de foi en soi. CEs chiffres sont toujours les mêmes, les mêmes que ceux de l'année dernière. les memes de que ceux de l'année d'apres?Combien sont detectées, sauvées, choyées? ET combien de personnes sont annhilées, du fait de l'emprise mentale et sourde, celle qu'on ne voit pas, celle qu'on ne reconnait pas. Bravo à elle et à toi d'avoir été prêtes. et puis il parait qu'il n'y a pas d'amour, que des preuves d'amour...alors en voila une belle,non?

papet croûton a dit…

J'espère que personne n'y verra une quelconque tentative de négation que la majorité des violences familiales est subie par les femmes, car c'est elles qui subissent 90% des coups conjugaux.
Je souhaiterais dire paisiblement que pour la violence psychologique, les femmes ne se débrouillent pas mal…
J'ai vécu il y a 30 ans, et je ne le souhaite à personne.
À BAS TOUTE VIOLENCE !

madame de K a dit…

Gloups ....
Que dire après avoir lu ça ?

MissTortue a dit…

Dans "mon petit monde", les hommes sont parfois colériques, parfois "briseurs de coeurs" ou "coureurs de jupons" mais jamais violents envers les femmes.
J'ai toujours eu de la chance, et mes amies aussi.

Du coup, j'ai parfois tendance, à ma grande honte, à oublier que ce genre de situation existe.

Merci de me le rappeler.

Bonne chance à ton amie pour sa nouvelle vie...et je te souhaite plein d'énergie pour continuer à l'aider !

kundun a dit…

voilà bien une chose que, même si je comprends, je n'arrive pas à concevoir : faire souffrir l'autre.
Oh bien sûr, ces hommes qui font cela ont certainement de multiples "raisons" et traumatismes passés pour en arriver là, car la barbarie n'est pas dans les gênes, comme certains voudraient nous le faire croire. Mais cette réalité est tellement insupportable.
J'ai l'impression que pour les hommes, la violence est le dernier moyen d'expression de leur mal-être, si absurde que cela puisse être.
Les femmes ont tellement de mal à se rebeller face à cette violence, et l'amour qui les guide les amène à culpabiliser alors qu'elles sont les victimes.
Oui, tu n'as aucune question à te poser, tu as bien fait, et comment aurait-il pu en être autrement venant de toi. Tu es une personne extraordinnaire, une boule d'amour, et c'est ton coeur qui a parlé.
...la phrase qui m'a le plus fait mal dans ton post est le fait qu'il s'attaque "à la chair de sa chair", ça ça ne mérite aucune pitié. Et c'est justement pour cela que c'est la justice qui doit trancher, avec la loi comme garde fou, car la vindicte populaire serait meurtrière.
Je suis fier de te connaitre, et tout mon coeur accompagne ton amie, je sais qu'elle va y arriver, elle a une chance incroyable de vous avoir.

Figueres a dit…

Bouleversant témoignage.
Comment l’être humain peut-il en arriver là ? Je sais que l’alcool y est pour quelque chose mais ce n’est pas tout. A la base il y a cette épouvantable médiocrité de certains de notre espèce, irrécupérables à mon avis.
Le calvaire enduré par C. est peut-être terminé, c’est mon souhait, mais c’est maintenant une autre lutte qui commence pour elle… et pour ses proches (toi… ) Je crois que le courage dont tu fais toujours preuve mais aussi l’amour que tu lui portes, avec les tiens, sera un rempart pour la protéger.
Merci à toi pour être ce que tu es.

CarrieB a dit…

@lunelô : C’est impressionnant le nombre de personnes qui ont déjà fait face à cette emprise psychologique, en attente d’une véritable reconnaissance et législation. Effectivement même si on a une certaine conscience de la situation, il n’est pas facile de prendre une décision ferme et définitive, surtout quand on n’a connu que cela.
L’important est de rester à l’écoute de l’autre, des autres, et de surtout faire comprendre aux personnes concernées qu’on les croit, et qu’elles ne sont pas seules. Et crois moi, j’aurais préféré faire une autre preuve d’amour à C…

@papet : Je me suis renseignée aussi et la quantité d’hommes victimes de violences n’est pas négligeable. Toutes les formes de violences sont à condamner, et leurs auteurs aussi.

@Madame2 : Il n’y a rien de spécial à dire, juste être conscient de ce qui se passe dans la vie de toutes ces femmes, le dénoncer, et agir s’il le faut.

@MissTortue : Malheureusement la violence est présente dans toutes les couches de la société, et je crois qu’ironiquement il est d’autant plus difficile d’être crédible que le statut du conjoint est élevé. C’est effectivement une chance, au vu des chiffres, d’y échapper. Merci pour tes encouragements, et l’énergie vient toute seule quand il s’agit de se battre pour la bonne cause !

@kundun : « La violence, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est un échec », disait Sartre. De là à faire subir son échec personnel à plus faible que soi, il n’y a qu’un pas, qui est allègrement franchi par des hommes voulant réaffirmer sans doute une virilité dont ils doutent. Je n’arrive pas à comprendre non plus ce genre de comportement irresponsable, ce sadisme, cette négation de l’autre qu’ils font même passer pour de l’amour.
Et pour ce qui est de la justice, j’ai appris que les plaintes avaient été classées sans suite par le procureur, parce qu’il n’y avait pas assez de sang. A méditer.


@Figueres : Ca m’a fait du bien de l’écrire, peut-être pour m’en libérer un peu ? Je sais que tu es bien placé pour comprendre ma situation, à laquelle tu as toi aussi été confronté récemment, et pour laquelle tu as toi aussi agi au mieux. Une nouvelle lutte commence effectivement pour elle, ça ne va pas être facile de se reconstruire et de tout recommencer à zéro, mais je suis sûre qu’elle y arrivera, avec beaucoup d’amour et de compréhension.

Mémère Cendrillon a dit…

Magnifique billet, main aimante et tendue vers cette femme en miettes. Il y a qq années, une amie proche m'a téléphoné, le jour de mon anniversaire, elle chuchotait, sanglotait : elle était cachée dans un coin de sa chambre, il avait arraché le chambranle pour la frapper. J'ai quitté le boulot et suis allée la chercher. je n'oublierai jamais la terreur dans ses yeux, je n'oublierai jamais ce sang partout, ce paysage de désolation.
Des bises

Minipoucine a dit…

Elle a de la chance de t'avoir à ses côtés cette femme, une amie comme toi, il n'y en a souvent que trop peu, surtout dans de telles circonstances. Bravo pour ton soutien. Souhaitons des jours meilleurs à ton amie et à ses enfants. Bises

natpointG a dit…

Voilà une belle preuve d'amour.

Comme tu dis en fin de billet, il serait temps que ce pays deviennent le pays des droits de la femme...

bises nath

alexia a dit…

Il aurait suffit d’une parole, d’un pleur, d’un cri, d’une photo pour me faire sauter dans un avion en direction de C. mais je ne savais pas tout ca… et malgré moi j’ai du laisser l’intolérable se passer à cause de la distance. N’ayant connu aucune violence physique ou psychologique moi-même, j’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre pourquoi certaines femmes acceptent de vivre dans la peur permanente de l’autre quand on sait qu’on peut vivre autrement…mais que cette volonté, ce courage, cette détermination à vouloir s’en sortir ne dépend que d’une seule personne…même si l’entourage représente une aide précieuse dans un tel épisode.
Ces détraqués choisissent manifestement des proies au passé fragile, à la personnalité ébranlée par les coups durs. Les amis, la famille, les proches culpabilisent et se sentent impuissants, vivent avec la crainte que le prochain coup sera fatal mais la victime, elle, semble voir les choses sous un autre angle et heureusement le déclic finit par arriver, comme si on ouvrait les yeux à la personne sur sa condition, son état de santé, sur le danger avec lequel elle vit et fait vivre ses enfants. J’admire ce que toi, R, P, M ont fait pour notre C., je me sens si décalée ici que je réalise seulement petit à petit ce qui s’est passé. J’ai aussi culpabilisé mais ce mélange de colère et d’incompréhension qui m’ont envahi n’auraient pas fait de moi la meilleure diplomate pour aborder le sujet.
Cet article est une formidable preuve d’amour aussi bien pour C. que pour toutes les autres femmes concernées. Je sais à quel point ce triste épisode a bouleversé votre quotidien et j’espère que C. tirera des leçons de cette expérience traumatisante et apprendra ce qu’est le vrai bonheur!

Sophie a dit…

Il est arrivé la même chose à la nounou de mon fils qui est étrangère et ne savait comment se défendre.
Nous sommes allées ensemble chez le médecin pour faire les constats.
J'espère que j'ai eu moins su l'aider.
Ce qui est sûr par contre, c'est que toi Carrie, tu sais aider la personne que tu soutiens.
Courage à vous tous.

CarrieB a dit…

@Mémère Cendrillon : Tu as eu la bonne réaction, tu as été là pour elle et je crois que c’est le plus important à retenir : qu’il faut toujours avoir quelqu’un de confiance à appeler en cas de coup dur (et pour les bons moments aussi bien sûr), mais combien de ces femmes sont seules, isolées, sans famille ni amis pour les aider ? Je ne suis pas sûre qu’on puisse s’en sortir dans ces conditions, quand toute sa vie est axée autour de l’homme en question. Ce « paysage de désolation » ne devrait plus exister, nulle part.

@Minipoucine : L’amitié (ou l’amour) est là aussi pour ce genre de circonstances, et mon soutien n’a rien d’exceptionnel parce que la plupart auraient agi comme ça à ma place.
Pour ce qui est de C., elle va déjà un peu mieux, elle m’a dit hier toute heureuse qu’elle avait passé une après-midi à jouer avec sa fille, chose qu’elle n’avait pas été capable de faire depuis une éternité.

@natpointG : Il est clair que les dispositifs mis en place par l’Etat sont largement insuffisants.
Le 3919 (SOS femmes battues) est saturé d’appels et j’ai du attendre près d’une heure pour joindre une conseillère ! Légalement, les solutions sont encore très limitées et la victime trop peu protégée, pas de solution de relogement, pas de solution pour la vie professionnelle…
Ce problème est encore trop mis à l’écart malgré les chiffres alarmants chaque année, sans compter le nombre de vies brisées.

@alexia : Tu n’as pas à t’en vouloir de quoi que ce soit. Seul le résultat compte, qu’elle et ses enfants soient à l’abri, et peu importe la manière ou qui a fait quoi. Tu sais qu’on ne t’en a pas parlé au départ pour ne pas t’inquiéter inutilement, tu es à l’étranger et nous savons que tu te serais sentie coupable de ne rien pouvoir faire. C’est sûr que c’est difficile d’aider quelqu’un qui n’est pas sûr de vouloir/pouvoir s’en sortir, mais le tout est de contourner ça et de provoquer du mieux qu’on peut la prise de conscience, puis la décision. Ces détraqués, comme tu dis, choisissent peut-être des proies fragiles, mais ils savent aussi instiller la paranoïa, la peur, la violence psychologique, au compte-goutte, de sorte que quelqu’un qui a toutes ses facultés les perde progressivement, jusqu’à ne plus être capable de juger le bien du mal.
J’espère aussi que C. saura tirer les conséquences de cette sale période, et se reconstruire une vraie vie, pour elle et les enfants. Les cartes sont entre ses mains maintenant.

@Sophie : Bien sûr que tu as su l’aider, et c’est tout à ton honneur. Si chacun était à l’écoute de l’autre et apportait sa petite contribution, nous n’en serions peut-être pas là.
Bienvenue à toi et merci pour tes encouragements.

Stéf a dit…

Très beau témoignage d'amour que tu nous fais là... Heureusement que vous êtes tous là, C. va s'en sortir et vous y serez pour beaucoup.
J'ai bien pensé à vous cette semaine et espère que tout s'est déroulé au mieux ;) !
Courage à C. et plein plein de bisous à vous tous...

gael a dit…

bravo carrie, comme les autres, je te felicite :)
j'aurais aimé moi aussi avoir 1 amie comme toi à mes cotés qd j'etais victime de violence, et que j'ai porté plainte ..... traverser cela seule, c'est vraiment plus difficile et des fois, ça rend même dingue ....

courage à ton amie
bisous à toi

Chris d'Ego a dit…

Emprise psychologique, je connais aussi et même si je peux me définir comme une personnalité forte, je me suis faite ronger par le sentiment de culpabilité. Il a fallu que je touche le fond pour m'en sortir, seule, mais ensuite quelle libération!
Il y a une semaine, alors que je faisais un petit job le week-end, un mec m'a littéralement agressée verbalement parce que je faisais simplement mon travail (à savoir contrôler des badges sur un événement). S'il avait pu me cogner, il l'aurait fait. Ses yeux sortaient de la tête, il était comme fou...pour rien, pour rien. J'étais tellement choquée que j'avais envie de pleurer. Je ne serais pas surprise d'apprendre que ce mec, si incontrôlable et mal dans sa peau, puisse aussi être source de violence dans la sphère privée. Le pire est que, même en étant restée calme et souriante, il ne voulait rien entendre. Est-ce que la violence est incurable?

CarrieB a dit…

@Stef : Tu sais maintenant que tout s’est bien passé, même s’il reste tout à reconstruire et que ça ne va pas être simple ! Plein de bisous à vous aussi bien sûr.

@gael : L’essentiel est que tu t’en sois sortie, et avec d’autant plus de mérite que tu l’as fait seule. Ce genre d’histoire peut rendre la victime dingue, ou son entourage, mais qu’est-ce que la folie quand on est en vie ?

@Chris d’Ego : Et une de plus sur la liste de la violence psychologique, ça n’est visiblement pas un phénomène isolé malheureusement. La violence est présente partout dans notre société, et on peut en être la victime involontaire chaque jour, au coin de la rue, en bas de chez soi; on le vit d’autant plus mal qu’on l’a déjà subie par le passé au quotidien. Je ne sais pas si elle est incurable, en même temps elle est surexposée à la télévision, au cinéma, dans le marketing, sous toutes ses formes, et donc entretenue dans une certaine légitimité.

gael a dit…

merci ma belle :)
je suis en effet sortie de mon mariage, mais en ce qui concerne l'homme contre lequel j'ai porté plainte (si tu te souviens) le procès n'a pas encore eu lieu . Le temps d'attente de la justice te laisse toute liberté de penser à cette "personne" .....

et non, je ne suis pas contre 1 pti coup de main :(

Muse a dit…

Et dire que je connais une jeune fille, 17 ans, follement éprise de son tortionnaire...pffffff!Elle refuse de le quitter.

CarrieB a dit…

@gael : Déjà il va y avoir un procès, tu vas pouvoir espérer un jugement. Les plaintes de C. ont été classées sans suite parce qu’apparemment il n’y a pas eu assez de sang versé !
Coup de main ou pas, je pense que le plus important est notre démarche propre, parce que même avec toute l’aide du monde on ne peut pas s’en sortir réellement tant qu’on ne l’a pas décidé, et nous sommes malgré tout seuls face à notre destin, seuls à décider de ce que nous allons essayer d'en faire.

@Muse : Ca me fait plaisir de te revoir par ici, je sais que ces derniers temps n’ont pas été faciles pour toi. L’amour a ses raisons que la raison n’a pas, ça n’est jamais aussi vrai que dans ce genre de situation malheureusement…

gael a dit…

je suis vraiment désolée pour C , elle doit ressentir 1 affreux sentiment d'injustice :(
de mon coté non plus je ne sais pas s'il y aura procès car l'affaire à été transmise au parquet de paris là où je residais avant .... peut etre que moi non plus, ma plainte n'aboutira pas mais je puis dire que, le seul fait d'avoir porté plainte m'a deja bcp soulagée, je tiens à ce que tous les gens qui ont été ds ma situation le sache : dire, auprès des "autorités competentes" et être "entendu(e)" enleve deja comme par magie, d'1 gros poids :)

si le tribunal juge que mon affaire manque de preuves ou je ne sais quoi, je sais que je serai tout de même plus apaisée "qu'avant" ....

je souhaite bon courage à ton amie, et qu'elle n'hesite pas à essayer d ese rapprocher d'assos d'aide aux femmes, la parole y est souvent plus aisée, on a moins l'impression de "gener" notre entourage en ne pouvant pas tout lui dire, en le protegeant de nos interrogations .

bisous à toi, j'ai hate de mieux te connaitre :)