about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

21 mars 2008

Saison de l'écriture

Je me suis rendue compte récemment que mes périodes lecture/écriture ne coïncidaient jamais.
Il y a résolument dans ma vie des épisodes, plus ou moins longs, consacrés à l’une ou à l’autre, mais de manière quasi obsessionnelle et systématique.
Quand l’envie de lire me prend, c’est une boulimie de lignes qui m’envahit : je lis jusqu’à l’endormissement, jusqu’au dégoût, jusqu’à l’overdose de ces mots d’auteurs qui me touchent ou m’indiffèrent.
Je ne possède que peu de livres, trop nourrie depuis mon enfance des exemplaires cornés et odorants des rayonnages de la bibliothèque, et l’idée même d’annoter de ma main la marge d’un ouvrage dont j’aurais fait l’acquisition m’apparaît comme un blasphème.
Je respecte l’objet-livre et son histoire en tant que tel, et ne tente de me l’approprier que l’espace de ma lecture, par l’imagination, l’identification psychologique, parfois jusqu’au transfert momentané.
Dans ma "culture littéraire" il y a de tout et de rien, romans, nouvelles, biographies, poèmes, contes et j’en passe, du genre littéraire, d’auteurs connus ou pas du tout.
J’en ai oublié la plupart, à vrai dire, et retenu que peu, mais à coup sûr ils ont tous apporté leur contribution au puzzle de mon existence, des choix que j’ai faits et des directions que j’ai prises.
Alors, lorsque la frénésie me prend, je les sélectionne le plus souvent selon des critères qui mêlent le hasard à l’intuition, et les dévore sans relâche de la première à la dernière miette de mot.
De bonnes surprises parfois, des déceptions aussi, ou pire certains qui ne m’atteignent en rien, mais la joie de lire est toujours intacte.
Dans l’idéal, pour être rassasiée, ne serait-ce que provisoirement, il faut que je trouve le livre qui me bouscule, me bouleverse, m’apprenne, m’interroge sur mes convictions les plus profondes, me laisse sans voix et stupide de ne pas l’avoir lu plus tôt.
Il y en a comme ça, qui font que vous ne serez jamais plus la/le même, aussitôt la dernière page achevée.
Oui ce que j’aime dans la lecture c’est, en plus du rapport charnel, sensuel (littéralement) avec l’objet, ce besoin impérieux, essentiel, que l’on mette à mal mes neurones, mon mode de pensée même, mes certitudes, et c’est sans doute la finalité de cette orgie de chapitres.
Lire beaucoup, de tout, du bon et du médiocre, pour mieux apprécier la pépite qui se cache dans la masse et saura faire chavirer mes sens sans crier gare, et me faire renoncer à écrire quoi que ce soit sans que je ne chiffonne chaque ébauche de début de genèse de naissance de prémices de commencement de texte.
Après avoir lu tant et tant de pages rédigées par d’autres, au prix de mois, d’années de travail ou de l’œuvre d’une vie, comment ne pas penser que tout à déjà été écrit ?
Comment imaginer pouvoir apporter quelque chose à l’autre, le distraire, susciter de l’intérêt, éveiller une étincelle, l’attiser, et satisfaire et l’auteur, et le lecteur ?
Mais l’écriture revient toujours, saison bénie, car à défaut de la connaître ou de la maîtriser, je l’aime et elle a toujours été quelque part à l’intérieur, faisant parfois un signe, se cachant, s’extériorisant tout à coup, puis repartant se blottir à l’abri de moi-même.
J’aime cet instant précis où une idée me vient, sans préméditation, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, légère ou plus personnelle, simple ou sur laquelle il me faudra travailler.
Un mot, une phrase, autour de laquelle il faudra construire une histoire, vécue ou non, de toutes pièces.
L’inspiration de départ est comme l’unique indice d’une enquête, une base de travail pour l’imagination, la mémoire, l’esprit en général, qu’il faudra analyser, fouiller, torturer aussi.
Quand les mots commencent à s’échapper du stylo sur la page blanche, soit ils s’enchaînent automatiquement en un flot rapide qui ne cesse qu’au point final, soit ils s’arrêtent trop tôt en une ph(r)ase incomplète.
Plus je m’implique dans l’écriture, plus elle me fait souffrir, trébucher à chaque étape sur des obstacles invisibles, tomber dans le trou noir de la page blanche.
Le vide ne m’a jamais tant effrayé que dans ma tête et sur le papier.
Je veux écrire, mais je ne peux pas : frustration extrême, tiraillement des méninges et douleur physique indescriptible, comme si tout le corps se contractait, s’arrêtait d’accomplir ses fonctions vitales, déçu de si peu de résultats fournis par le cerveau.
Mais quel bonheur quand les mots reviennent !
Même un seul, clé mystérieuse qui permet d’ouvrir la porte à la suite de syllabes encastrables, de sujets modulables, adjectifs interchangeables, verbes indispensables et compléments déplaçables, qui composeront le texte.
Etrangement mes cahiers ne sont pas du tout soignés, couverts de caractères illisibles et puérils, de symboles de renvoi vers note, de ratures grossières, qui ne correspondent en rien à mon écriture habituelle, comme s’il avait fallu conserver intact l’état d’esprit des premiers poèmes griffonnés de mon enfance.
Je noircis des pages en abondance, souvent plusieurs textes à la fois, passant de l’un à l’autre au gré de mon humeur, et dois limiter mes relectures pour ne pas tous les éliminer prématurément, et que certains subsistent malgré tout.
Alors j’écris pour le plaisir d’écrire, comme je lis pour le plaisir de lire, et peu importe le résultat, tant que l’envie est là.
J’écris à saturation, ou à satisfaction, mais n’insiste jamais quand le moment est venu, quand cahier et stylo implorent du repos.
Alors ils s’ouvrent seulement, avec parcimonie à quelques notes concises, quelques idées qui vagabondent, et qui peut-être plus tard feront l’objet d’un récit, ou pas.
En attendant revient le temps de la lecture, comme une saison nouvelle qu’on n’a jamais eu l’occasion d’attendre.
Saison aussi du partage des expériences : Qu'en est-il de votre relation à la lecture/l'écriture?

11 mars 2008

Lettre ouverte à C.

Cette journée de la femme avait un goût bien amer cette année, après ce que tu m’avais annoncé une semaine plus tôt.
L’heure n’était plus à te dire que c’était prévisible, que tu pouvais te douter que ni le temps, ni la patience, ni le déménagement d’il y a quelques mois ne le feraient changer.
C’était tentant de te rappeler qu’il t’avait déjà frappée par le passé, prétendant à des « accidents », que sa personnalité déroutante , sa jalousie maladive et son alcoolisme grandissant avaient réussi à te couper du monde, des amis, de ta famille.
Que l’amour ça n’est pas ça, tout simplement.
J’aurais pu te blâmer de ne pas l’avoir quitté déjà depuis longtemps, de ne pas avoir réagi à ses accès de colère, de ne pas en avoir parlé avant, malgré les fluctuations de son comportement.
Mais je me suis souvenue qu’il y a plus de 10 ans, je m’étais fait prendre au même piège insidieux de la violence psychologique qui détruit à petit feu, de l’intérieur, dévalorise, fait perdre toute confiance en soi, en son propre jugement, et mène à douter de sa propre intégrité mentale.
Je me suis remémorée l’incompréhension et l’impuissance de l’entourage lorsque j’avais plié bagages avant l’irrévocable, les doutes qui m’assaillaient et la peur du lendemain, de l’inconnu, mais aussi l’instinct de survie et l’espoir, oui l’espoir.
Alors je me suis abstenue de porter un jugement et ai tenté de t’aider au plus vite comme je le pouvais, sans attendre que tu me le demandes, quitte à ce que tu m’en veuilles de me mêler ainsi de ta vie, d’intervenir sans ton autorisation sur le cours de ton avenir.
Parce que je voulais que tu en aies un, d’avenir, et je savais qu’en te laissant ainsi, déjà couverte d’ecchymoses et dangereusement amaigrie, le tien était plus qu’incertain,.
Tu as fini par comprendre que ma main n’était tendue vers toi que pour te protéger, et sortir tes enfants d’une situation qu’ils n’ont jamais choisie, que je faisais le choix, pour toi, de croire en des lendemains meilleurs.
« Violence conjugale » : les mots étaient lâchés, à la gendarmerie, aux associations d’aide aux femmes battues, et P., M., R., les hommes en bleu et moi t’avons accompagnée du mieux que nous avons pu au jour le jour, au fil de tes hésitations et de tes craintes, jusqu’à ce qu’enfin tu acceptes de porter plainte, de dénoncer l’individu malveillant qui confisquait ta vie, te réduisant à l’ombre de toi-même.
Bien sûr, il n’est jamais simple d’accepter un échec et de passer outre la culpabilité injustifiée et la peur, cette peur qui était ton quotidien et qui ne t’a pas encore quittée.
Bien sûr, il y a eu cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la tolérance, ce coup de trop porté à la chair de ta chair.
Bien sûr j’ai craint pour ta vie, celle des enfants, celle de M. venue te soutenir, et prié fort lorsque tu m’as dit que je signais ton arrêt de mort.
Je prie toujours à qui veut bien m’entendre quand la situation ne dépend pas que de moi, on ne sait jamais.
Mais ce dont je suis certaine, quoi qu’il arrive maintenant, est que tu as, nous avons, pris la meilleure décision, premier pas vers une nouvelle existence qu’il va te falloir reconstruire de toutes pièces sur des bases plus saines, plus sereines.
Ce qui est sûr est que demain, date de ton déménagement improvisé dans l’urgence chez M. et P., sera le premier jour du reste de ta vie, et que tu ne seras pas seule pour y faire face.

Tristes rappels : En France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon.
Entre 2005 et 2006, 330 000 femmes ont déclaré vivre avec un conjoint qui a porté la main sur elles. 8,8% seulement ont déposé plainte et 84% de ces actes n'ont fait l'objet d'aucun signalement à la police ou à la gendarmerie.
« Tant que la violence faite aux femmes sera occultée et relativisée , tant qu'elle ne sera pas suffisamment prise en compte par l'Etat et reconnue comme un véritable enjeu par la société tout entière , elle ne cessera pas. C'est à ce prix seulement que la France qui se revendique comme la patrie des droits de l'homme sera aussi celle des droits des femmes », écrit Amnesty International dans « les Violences faites aux femmes en France, une affaire d'Etat » ( Autrement, 2006 ).

06 mars 2008

Prends le temps...de tout regarder!

video

Avec toutes mes excuses à l’anonyme à qui j’ai emprunté le début de ce diaporama...

Pour les malheureux qui n’arriveraient pas à lire le film, vous pouvez télécharger Windows Media Player .

Et, sélectionnée ou pas, je compte bien aller au Festival de Romans (en même temps, c’est près de chez moi), alors si vous en êtes aussi, faites moi signe pour qu’on s’y rencontre !

Rappel :
http://www.festivalderomans.com/festival_de_romans/participants/
Catégorie « blog de vie », « aboutthirty » fiche détaillée, « voter pour aboutthirty », puis attente confirmation par mail et valider le vote

PS : Vous avez vu? J'ai réussi à transformer un fichier Powerpoint en fichier vidéo toute seule comme une grande, je suis trop forte!

Important, edit du 13/03 : Il semblerait qu’un ou plusieurs admirateurs secrets aient utilisé un ou des comptes mail provisoires pour m’attribuer d’avantage de voix, et je viens d’en être informée par l’équipe du Festival. Ce phénomène n’est pas isolé, puisqu’il concerne a priori plusieurs blogueurs, mais ça n’est pas nous rendre service que d’adopter ce genre de comportement, alors merci de ne plus rien en faire. Je préfère de loin être la dernière de la liste honnêtement que la première de façon frauduleuse !