about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

28 février 2008

Entretien d’embauche : attention sport extrême !

Après le rafting, le parapente ou le bobsleigh, j’ai trouvé, un peu malgré moi, un nouveau hobby générateur d’adrénaline : l’entretien d’embauche.
Il a l’avantage de n’être coûteux qu’en temps, même si le temps c’est de l’argent, enfin plus pour l’entreprise que pour le candidat quand même.
Il ne nécessite pas d’équipement particulier, juste une tenue correcte et un tant soit peu élégante, dans laquelle on se sente bien.
Au niveau des protections, ni casque ni harnachement : une solide personnalité est censée suffire, les attentes mesurées et les pieds sur terre.
Tout comme la veille d’une épreuve sportive, il vaut mieux éviter les abus et fêtes trop bien arrosées, sous peine de ne pas avoir le temps de retrouver tous ses moyens pour le face à face.
On peut manger presque ce que l’on veut au repas qui précède l’épreuve, sans craindre la nausée, sachant qu’il est toutefois recommandé d’éviter légumes secs et plats trop généreusement épicés, pour convenance personnelle tant que pour le confort de l’interlocuteur.
Pas d’exigences climatiques favorables, si ce ne sont celles qui permettent d’aller au point A domicile au point B lieu de l’entrevue par un moyen de transport approprié dans de bonnes conditions.
C’est une discipline qui se pratique de préférence seul, parce qu’en groupe la solidarité n’est pas toujours de mise, avouons le : les coups bas sont fréquents et l’esprit d’équipe totalement absent.
Elle nécessite d’être d’une ponctualité sans faille, sous peine non seulement de laisser une très très mauvaise impression, mais aussi et surtout de rater sa chance à tout jamais.
Avec un entraînement régulier, elle permet de garder le cap sur ses objectifs et d’en améliorer la pratique.
La condition physique y est moins importante que la psychologique : un long entraînement mental peut être nécessaire, avec option répétition orale, au volant de sa voiture ou dans le métro (pour les adeptes de la dernière minute), ou encore devant le miroir de la salle de bain (pour les nostalgiques des discomobiles des années 80, ou pour vérifier la cohérence de l’ensemble geste/discours/apparence).
Stimulé par l’adrénaline, il n’est pas rare d’y accomplir des exploits, tours de force de facilité d’élocution, d’assurance et d’aisance d’échanges dont on ne se serait pas senti capable quelques heures plus tôt.
Cela n’empêche pas l’entretien de pouvoir être aussi épuisant pour l’esprit que pour le corps (et ce, sans penser à la promotion canapé bien sûr), le stress causant inévitablement et entre autres quelques contractures musculaires et encombrant la tête de toutes sortes de questions aussi stupides qu’inutiles (puisque a posteriori).
Alors, comme avant et après le grand saut, les coups de fil et SMS affluent, pour encourager et rassurer d’abord, pour savoir et rassurer encore ensuite.
Dans la plupart des cas, on en sort content de l’avoir fait, mais soulagé que ce soit fini.
Mais là où la situation se complique et où la différence avec les autres sports extrêmes se fait vraiment ressentir, c’est au niveau de l’échéance, de la réservation, du rendez-vous, parce qu’on a beau faire de notre mieux, envoyer de jolies lettres, une photo avec un beau sourire, téléphoner gentiment, l’initiative viendra toujours du recruteur.
Et une fois le cap passé, il y a encore cette attente lourde, pesante, insoutenable, et cet espoir mêlé d’angoisse, qui aboutissent bien plus souvent à des déceptions qu’à des joies et en font une activité des plus fortes en émotions.
Cependant, bien plus que du mérite, une satisfaction personnelle ou un certificat, l’entretien d’embauche peut ouvrir de belles promesses d’avenir et ça, c’est un sacré enjeu.

05 février 2008

Une rencontre tout sauf virtuelle

Ca faisait longtemps, trop sans doute, que je n’avais pas franchi le pas du virtuel au réel.
Ca faisait longtemps, trop sans doute, que j’avais envie de les rencontrer, mais l’occasion ne s’était pas présentée.
Alors j’ai créé l’occasion, proposé une date, un week-end entier pour ne pas faire les choses à moitié, et le seul regret que j’ai est que nous ne l’ayons pas fait plus tôt.
Ils sont arrivés devant ma porte, avec des fleurs et des sourires, deux beaux enfants presque identiques mais en même temps si différents.
Très vite leurs enfants et les nôtres jouaient ensemble comme s’ils s’étaient toujours connus.
Très vite nous avons eu l’impression de nous être tous toujours connus.
Si la lecture de leurs écrits respectifs était une bonne introduction, la réalité de leurs personnalités respectives méritait qu’on ne s’en arrête pas là.
Ses mots à elle me touchent par l’émotion qui en transpire, par sa faculté à donner, aimer et écouter l’autre et les autres.
Sa vie est un combat, contre elle, pour elle, et pour tous ceux qui n’en ont plus la force ou pas la possibilité.
Elle veut croire en un monde meilleur alors qu’elle en côtoie souvent le pire, elle ne baisse pas les bras quand ce serait sans doute plus facile.
Ses mots à lui me touchent par leur sincérité et leur simplicité, des vérités-hameçons lancés sur la toile et qui accrochent, ne laissent jamais indifférents.
Son humour, son ironie aussi des choses de la vie, ne sont pas sans cacher une profonde sensibilité à l’humain et des blessures passées.
Il donne sans compter quand il aime, quitte à se prendre de plein fouet revers de médailles et reproches.
Elle et Il sont entiers, généreux, sur les chemins virtuels et dans la vie aussi.
D’anecdotes en confidences, de discussions en éclats de rire, de jeux improbables en mots inventés, de repas partagés en verres trinqués, le bonheur simple d’être soi-même et d’être bien ensemble.
Le temps nous a filé trop vite entre les doigts et les heures, même volées à la nuit, sont passées sur la pointe des pieds sans qu’on s’en aperçoive.
La frustration de leur départ n’a fait que confirmer cette merveilleuse impression qu’une belle amitié était en train de naître et que, c’est sûr, nous allions bientôt nous revoir.
On sait tous qu’on a encore beaucoup de choses à se dire, beaucoup à apprendre les uns des autres et, insatiables, l’impatience est déjà là de la prochaine opportunité.
Les moments que nous avons partagé sont de précieuses pépites que j’ajoute à ma petite collection, depuis déjà 2 ans que ce blog existe.
Merci à Kundun et sa douce, pour ce qu’ils sont et pour leur amitié.