about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

27 mai 2007

C'est le pied!

Je me suis enfin réconciliée avec mes pieds.
Il faut dire qu’ils sont bien trop loin de mes yeux pour que je m’en soucie, et que j’ai passé tout l’hiver à les cacher dans mes bottes haut perchées, quand je ne les mettais pas carrément dans le plat.
Jusqu’alors je gardais les pieds sur terre et les considérais davantage sous leur aspect technique et bien pratique, leur rôle d’équilibre, d’amortisseur et de propulseur qui permet de tenir debout, marcher et éventuellement courir, que sous leur aspect esthétique.
J’ignorais qu’on pouvait prendre son pied à se le faire chouchouter.
Pourtant à bien y regarder, les pieds sont une structure complexe et intéressante à bien des niveaux.
Dotés de 28 os, 16 articulations, 20 muscles et 107 ligaments, ils sont loin d’être bêtes comme on le prétend facilement et supportent sans mot dire les 5 à 6000 pas quotidiens de leur propriétaire, même s’il s’est levé du pied gauche.
Omniprésents dans notre langage et nos expressions, ils sont aussi souvent l’objet d’un certain érotisme plus ou moins exacerbé selon les cultures et les goûts personnels.
J’ai d’ailleurs été impressionnée du nombre de blogs et forums (classés « adultes ») consacrés au pied et à ses habillages divers (et dété aussi !), par exemple celui-ci, ou celui-là, l’occasion de faire du pied plus souvent qu’à son tour.
Le pied est notamment considéré comme la partie la plus érotique du corps en Chine (même après l’abandon trop tardif des petits pieds bandés) et en Mauritanie le maquillage au henné des pieds et des mains fait partie intégrante du rituel du mariage.
Il faut dire que la symbolique sexuelle inhérente du pied est ancienne, on trouve ses traces dans les écrits de Confucius il y a 2500 ans, et plus tard Casanova lui-même déplorait que « la plus grande partie des hommes ne prend pas garde aux beaux pieds d’une femme ».
Au pied de la lettre, pour avoir le monde à ses pieds il faut mettre le pied à l’étrier, se mettre à pied d’œuvre, travailler d’arrache-pied, prendre des décisions à pied levé sans traîner des pieds ni lâcher pied.
Hors de question d’avoir les deux pieds dans le même sabot ou de ne pas savoir sur quel pied danser, sous peine de passer pour une casse-pieds.
Bon pied, bon œil, faire des pieds et des mains pour être sur un pied d’égalité, trouver chaussure à son pied ou un pied à terre, avancer sans mise à pied.
Et après avoir attendu de pied ferme, sur le pied de guerre, faire un pied de nez, les doigts de pieds en éventail, avant de s’en aller les pieds devant, six pieds sous terre.
Le pied c’est aussi en réflexologie la représentation miniaturisée du corps humain : à chaque « zone réflexe » correspond un organe, une glande ou une partie du corps : la peau de sa plante est 7 fois plus épaisse que celle du visage, mais est néanmoins, avec le bout des doigts, la région du corps la plus riche en terminaisons nerveuses : ça chatouille sous les pieds, et explique sans doute à quel point je me suis délectée de leur massage lors de la pédicure.
Comme 62 % de la population, j’ai des « pieds égyptiens », avec le gros orteil le plus avancé, contrairement aux « pieds grecs » (avec le 2ème orteil plus grand) et aux « pieds carrés » (avec les trois premiers orteils de la même longueur).
Maintenant que je les trouve fort jolis, je ne vais plus les dissimuler ni les ignorer, non.
Je vais mettre mes plus jolis nus-pieds et partir sur la pointe des pieds.
Ca vous fait une belle jambe ? Ca me fera les pieds, tiens.

14 mai 2007

Petite soeur

Hier encore, tu avais 20 ans, et tu prenais l’avion pour une terre inconnue, le cœur léger, cheveux au vent, pour ne suivre que ton instinct et les élans de ton cœur.
Tu as bravé le froid, les doutes et les longues nuits, la barrière d’une langue et d’une culture mystérieuses.
Tu as surmonté la distance qui t’éloignait des tiens, sans échapper pourtant à la mélancolie parfois, à la nostalgie souvent.
Huit années ont passé, et autant d’anniversaires que nous n’avons pu fêter ensemble, et aujourd’hui encore je ne peux t’embrasser.
Huit années loin de toi, mais si proche en même temps, car tu es souvent la première informée de tous nos évènements, car pas une semaine ne se passe sans se donner de nouvelles et pas un jour sans que je ne pense à toi.
Quand je ferme les yeux je nous revois enfants, partageant la même chambre, une complicité, des fous-rires et des pleurs, des délires au magnétophone ou des chorégraphies, puis quelques confidences, des amitiés aussi.
Tes jolies boucles blondes sont devenues lisses et de jais, comme la naïveté et la candeur ont fait place à une personnalité bien trempée et à l’humour cinglant.
A mesure des épreuves que tu as traversées, ta carapace s’est endurcie et ton ambition renforcée, mais je sais bien que ton armure n ‘est pas sans faille et que rien n’est facile.
Je sais que le temps loin de ta famille te pèse, mais je sais aussi tout ce qu’il t’apporte, et si c’est le bonheur, ce temps n’est pas perdu.
Tu me manque, tu nous manque, mais il faut faire des choix, et cette partie de ta vie devait se faire là-bas.
Pour devenir celle que tu es à présent, et apprécier davantage chaque mot, chaque regard, chaque contact, ces quelques précieuses fois où nous nous sommes revues.
Je ne doute pas qu’un jour nous nous réunirons, parce qu’un jour il sera temps, parce qu’un jour nous ne pourrons plus, parce qu’un jour il le faudra peut-être.
Mais en attendant, je veux que tu saches que je crois en toi, que quoi qu’il arrive je serai toujours là pour toi, que quand tu es heureuse je le suis avec toi et que quand tu es triste je pleure avec toi.
Parce que c’est le même sang qui coule dans nos veines et unit nos pensées, le même préambule à l’histoire de nos vies, dont nous écrivons les pages en parallèle, toi là-bas, moi ici.
Parce que quand tu es née je me suis dit qu’un ange avec de si petites ailes avait besoin d’une épaule sous laquelle s’abriter ou sur laquelle s’appuyer quand le vent souffle fort et que l’envol effraie.
Parce que j’ai été ta grande sœur, que je le suis encore et le serai toujours.
Bon anniversaire petite sœur.

09 mai 2007

France : 12 points

Puisqu’une élection en cache toujours une autre, à l’heure où certains pleurent et d’autres exultent, adoucissons donc nos mœurs avec un vote musical.
Je veux parler de l’Eurovision bien sûr ! Vous vous souvenez ? Ta ta ta ta ta ta ta tadam…
Une des rares émissions que j’avais l’autorisation de suivre enfant, avec ses costumes à paillettes et ses chansons-flans, ses artistes « exotiques », étoiles filantes souvent sorties de nulle part et qui y sont retournées sitôt la compétition terminée.
Au fil des années et du défilé des chanteuses larmoyantes et en marge de l’évolution de la société, comme la plupart des gens je me suis lassée de ce concept kitchissime, cité spontanément au premier rang des émissions ringardes.
Oui mais.
L’année dernière, sur les conseils avisés de ma finlandaise préférée, j’ai mis mes sales a priori de côté pour constater avec étonnement (et un peu d’effroi aussi) la victoire du groupe de hard rock finnois Lordi.
En plus d’avoir reboosté l’égo du peuple scandinave, cette victoire a eu le mérite de remettre en cause l’institution poussiéreuse, de bousculer les règles établies et de donner un nouveau souffle à l’Eurovision.
Souffle confirmé cette année par la sélection des candidats des 42 ( !) nations participantes, qui ose enfin l’originalité et l’audace, parfois trop même, à l’image de la drag queen candidate de l’Ukraine, d’un DJ Bobo suisse qui inciterait « à des comportements destructeurs ou suicidaires », ou encore des paroles engagées anti-nucléaire iranien du chanteur israëlien, qui créent d’ores et déjà la polémique.
Si vous ne le savez pas encore, la finale a lieu ce samedi 12 mai à Helsinki, présentée (pour ceux qui seraient déjà tentés de dire qu’ils ont piscine ou concours de scrabble) par la très sexy Jaana et le non moins craquant Mikko (rien que pour ça, ça vaut le détour).
Mais pour qui donc voter ? vous entends-je déjà gémir (si, si) : encore un dilemme ?
Il sera malheureusement impossible d’apporter notre voix aux représentants français, les Fatal Picards, mes chouchous décalés et drôles à souhait, que je vous invite à découvrir d’urgence sur leur site désopilant, et par la vidéo de leur chanson « l’amour à la française ».
J’ai donc visionné pour vous l’intégralité des clips des candidats (et vous vous demandiez où j’étais passée), pour vous présenter un résumé très subjectif de ce que j’ai pu observer et/ou entendre sur le site eurofans :

Allemagne « Frauen regier’n die Welt » (c’est mal barré) : Un crooner jazzy dans la langue de Goethe, assez surprenant
Albanie « Hear my plea » (j’ai entendu, j’ai entendu) : Un monsieur avec un costume rouge, un accent anglais à couper au couteau et beaucoup trop de cheveux pour être vrais : à oublier très vite
Andorre « Salvem al Mon » (bonne idée) : Des ados qui sautent partout avec leurs guitares électriques, on dirait une pub pour Bi*ctol plus qu’une chanson engagée
Arménie « Anytime you need » (même pendant les vacances?) : Le chanteur a le charisme d’une huître, il ne bouge pas, et ce, même dans le clip alors qu’il y a le feu autour de lui, bonjour la récativité ! Il tenait quand même à montrer sa boucle de ceinture toute neuve pour l’occasion
Autriche « Get a life, get alive » (born to be) : Encore du rock, aux accents country-hard, mais sans ados, sympa
Belarus « Work your magic » (abracadabra): Musique à la James Bond, la ressemblance du chanteur avec Thierry Lhermitte jeune est assez troublante
Belgique « Love power » (and flower) : Retour à l’époque disco et boules à facettes, un Travolta plus bronzé et qui cache ses yeux en jouant de la guitare pour du beurre
Bosnie-Herzégovine « Rijeka bez imena » (toi-même) : Slow chamallow d’une autre charmante jeune femme, qui occupe ses loisirs à jouer au volley avec ses copines sur une péniche
Bulgarie « Water » (sans alcool): Voix étonnante de la part de la sœur jumelle de la candidate moldave, mais ça énerve très vite en fait
Croatie « Ja vjerujem u ljubav » (moi aussi) : Vieux rockeur sans saveur avec une jeune blonde à voix masculine : le mélange n’a pas meilleur goût
Chypre « Comme ci comme ça » ( et en français, svp !) : Rien que pour ça, ça mérite une mention spéciale ; plutôt original et trash
Danemark « Drama Queen » (ça ne s’invente pas) : Drag queen dont on remarquera les impressionnants chapeaux à plumes plus que le style pop qui lui, n’a rien d’original
Espagne « I love you mi vida » (qui ? moi ?) : Boys band comme on n’en voyait plus, il y en a pour tous les goûts mesdemoiselles et mesdames. Les nostalgiques des Worlds Apart y trouveront leur compte
Estonie « Partners in crime » (mais que fait la police ?) : Encore un joli petit bout de femme, une chanson mignonne et un effort chorégraphique notable
Finlande « Leave me alone » (puisque c’est demandé gentiment) : Belle interprète, qui crache de la fumée quand elle chante, mais il faut dire qu’en Finlande il fait particulièrement froid. On a bien compris le message, on n’a pas envie de l’embêter, mais la chanson est sympa
Georgie « Visionnary dream » (et alors, la finale?) : Jolie jeune fille, clone de Nolwenn Leroy, avec une voix intéressante, sur des effluves techno-celtiques
Grèce « Hello Maria » (j’arrive pas à taper en grec) : Musique pour ados, mélange orient/occident, n’est pas sans rappeler 123 Maria de Ricky Martin
Hongrie « Unsubstantial blues » ( c’est elle qui le dit) : Voix jazzy exceptionnelle, manque un peu de mélodie et a tendance à crier un peu trop mais j’aime beaucoup
Irlande « They can’t stop the spring » (sauf en hiver) : Groupe folklorique traditionnel bourré de bonnes intentions, mais rien de transcendant au final
Islande « Valentine lost » (on peut passer une annonce) : Comme quoi il n’y a pas de limite d’âge. On dirait Borloo avec de longs cheveux raides, mais la voix cassée est agréable
Israël « Push the button » (ou push pas plutôt) : Chanson multilingue ambiance musette/rock au texte engagé, décalé, je vote incontestablement pour
Lettonie « Questa Notte » (quoi, cette nuit ?) : En costume de cérémonie, un sextuor loin du boys band, mais qui chante en italien et devrait ravir les adeptes de Frédéric François et autres Franck Mickaël
Lituanie « Love or leave » (ça a le mérite d’être clair) : Idéal avant d’aller se coucher, guitare et bossa, et elle se plaint d’être toute seule au petit matin !
ARY Macédoine « MojoT CbeT » (il est où ton monde ?): Très jolie demoiselle aux airs de Catherine Zeta-Jones, mais rien d’original, bien dans la tradition des chansons de l’Eurovision
Malte « Vertigo » (rien à voir avec U2) : La pauvre court pendant quasiment tout le clip, et après un fantôme en plus. On dirait la B.O. du nouveau volet de « Zorro »
Moldavie « Fight » (toi d’abord) : Encore une très jolie chanteuse, qui a une voix bien douce pour chanter sur du son hard-rock, mais pas très convaincante sur l’ensemble
Montenegro « Hajde croci » (marcher, danser, pff) : Toujours ambiance rock, l’important n’est-il pas de participer ?
Norvège « Ven a bailar conmigo » (si tu veux) : Etonnant, des accents hispaniques pour représenter la Norvège ! La chanteuse a de toute évidence abusé des UV et de la vitamine C
Pays-Bas « On top of the world » (quel temps là haut ?) : Encore une jolie interprète, voix soul et pêche, un morceau qui s’écoute bien
Pologne « Time to party » (déjà ?) : Duo surfant sur la vague années 20 à la Aguilera, associée à du rap : ne restera à coup sûr pas dans les annales
Portugal « Dança comigo » (j’ai déjà dit oui au norvégien) : Même pas la danse de l’été, ça ne donne ni envie d’envahir le dancefloor, ni d’en écouter davantage
Roumanie « Chérie chérie je t’aime » (impossible de le taper en roumain) : Ca commence comme du Brassens et ça finit en Kazatchok, chanson multilingue qui veut jouer la carte de l’humour, sans trop de succès
Royaume-Uni « Flying the flag (for you) » (ah, ces anglais) : De toute évidence ils n’organiseront pas la compétition l’année prochaine, c’est sans intérêt
Russie « Song # 1 » (pas beaucoup d’imagination) : Un girls band typique pour vous messieurs, sexy et à la chorégraphie bien rôdée
Serbie « Molitva » ( amen) : Magnifique voix, desservie par la langue, mais encore bien dans la tradition eurovisive (si je veux). Allez, j’aime bien quand même
Slovénie « Cvet z juga » (je suis allergique) : Chanteuse lyrique mixée version techno, dans le clip elle chante devant une salle vide, et en fait on ne se demande pas vraiment pourquoi
Suède « The worrying kind » (quand y a de la gène…) : Mi travesti, mi Dave Gahan avec des cheveux, musique très 70’s mais la personnalité vaut le détour
Suisse « Vampires are alive » (même pas vrai) : Ca change du « Chihuahua » de 2003, pour le peu ! Le titre veut déjà tout dire, le clip a des airs de remix Thriller/Matrix, on aime ou on déteste, sachant que je ne fais pas partie de la première catégorie…
Tchéquie « Mala Dama » (ça arrive) : Lordi, le groupe vainqueur de l’année dernière, mais sans déguisement
Turquie « Shake it up sekerim » (traduction qui vaut le détour : « secoue le chérie ») : Un Djamel Debbouze qui se veut George Mickaël, dansant entre miroirs et jolies nanas, sur un son entre techno et raï, assez entêtant
Ukraine « Dancing lasha tumbai » (et ça se danse comment ?) : Assez indescriptible en fait, une drag queen (encore !) avec un entonnoir sur la tête, qui fait de la techno-accordéon ; il faut le voir pour le croire, mais ça fonctionne !

Les demi finales de ce soir vont déjà vous aider à faire un peu de tri dans tout ça, mais après c’est à vous de vous débrouiller tous seuls comme des grands !
Alors comme ça, à chaud, pour quel pays se porterait votre préférence ?