about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

25 février 2007

Quelques grammes de folie

Un jour j’ai chanté « Eternal Flame » devant un parterre de gens ivres morts sur un paquebot entre la Finlande et la Suède.
Un jour j’ai témoigné contre des braqueurs et feuilleté les catalogues de prévenus au poste de police.
Un jour j’ai fait percer mon nez dans une arrière-boutique de bord de mer, tatouer mon omoplate dans la cuisine d'un appartement et la cheville au salon.
Un jour j’ai attrapé une insolation sous le ciel de Tunisie dans un hôtel de luxe en construction.
Un jour j’ai traversé un vestiaire de footballeurs américains en train de se changer, sans fermer les yeux.
Un jour j’ai sauté en parapente du haut d’une montagne de 1540 mètres.
Un jour j’ai assisté à un grand prix de Formule 1 après une nuit blanche, sous un soleil de plomb et sans boire ni manger pendant plusieurs heures.
Un jour j’ai descendu et remonté des centaines de marches pour visiter les « gorges du pont du diable », enceinte de 7 mois.
Un jour j’ai reçu un baise-main de George Weah, abordé Obispo, serré la main aux membres du groupe Depeche Mode et accueilli un ministre.
Un jour de Saint-Valentin j’ai demandé le divorce et plié bagages.
Un jour je me suis roulée nue dans la neige après un sauna traditionnel.
Un jour je suis restée bloquée à l’aéroport d’Amsterdam sans un sou en poche pendant 12 heures à cause d’une tempête.
Un jour j’ai enjambé la clôture des voisins pour aller me baigner dans leur piscine, toute habillée.
Un jour j’avais 5 petits amis en même temps et ils se sont retrouvés sur le seuil de la maison familiale.
Un jour j’ai eu un fou-rire interminable lors d’une interview en direct dans le studio d’une radio locale.
Un jour j’ai dirigé un orchestre de 60 personnes.
Un jour j’ai décrépi un mur à la perceuse à percussion.
Un jour j’ai enfilé une combinaison de néoprène pour enchaîner canyoning et rafting dans les plus grandes gorges d’Europe.
Un jour j’ai tellement crié à un match de foot que j’en ai perdu la voix pendant une semaine.
Un jour j’ai décidé que je changerais de couleur de cheveux au rythme de mes humeurs, et je l’ai fait.
Un jour j’ai survolé la Grande Bleue en ULM avec un moniteur sexy en short.
Un jour j’ai fait toutes les attractions, même les pires, d’un parc à thème.
Heureusement tout ne s’est pas passé le même jour.
N’est-ce pas en saupoudrant nos vies de petites et grandes folies qu’on leur donne meilleur goût ?

14 février 2007

La vie en roses

C’est la tradition, c’est comme ça, à la Saint-Valentin les hommes, le plus souvent, offrent des fleurs à leur dulcinée.
Ils pourraient le faire tous les jours, d’ailleurs ça m’arrangerait si j’étais fleuriste, mais le marketing vient aussi parfois au secours des petits commerçants et artisans.
Si j’étais marchande de fleurs, ce jour-là j’observerais avec un regard amusé le drôle de défilé des clients, et j’aurais pour chacun une attention particulière.
Il y aurait ce jeune amoureux transi, à la recherche de la plus jolie rose, l’unique, peut-être encore en bouton, qui par sa beauté pourrait représenter l’idylle naissante et passionnée.
Suivrait ce cadre débordé, qui voudrait un joli bouquet tout prêt, parce que les cadeaux c’est bien, mais c’est encore mieux quand ça ne prend pas trop de temps.
Ensuite ce septuagénaire dont le cœur n’aurait jamais pris une ride, et qui prendrait le temps, parce que c’est tout ce qui lui reste, de choisir autant de fleurs coupées et parfumées que d’années passées aux côtés de sa moitié.
Puis ce chef d’entreprise, qui commanderait une brassée aux dimensions impressionnantes, autant que sa voiture de luxe allemande puisse en contenir.
Timidement entrerait ce jeune homme, qui me demanderait quel bouquet offrir à cette jeune fille à qui il oserait peut-être enfin déclarer sa flamme.
Un ouvrier fraîchement sorti du chantier lui emboîterait le pas, me confiant qu’il n’y connaît rien à ce genre de choses, mais qu’il veut juste faire plaisir à sa petite femme, dans la mesure de ses moyens.
Et c’est une femme qui entrerait à sa suite, qui aurait envie de surprendre son homme en inversant les rôles.
Puis une autre femme, une célibattante, qui n’attendrait plus qu’on lui offre et prendrait les devants pour mettre de la gaieté dans son appartement.
Un vieillard aux épaules voûtées par le chagrin, qui voudrait par delà la mort célébrer l’amour arraché en ornant une tombe toujours fleurie et lavée de larmes.
Deux hommes, flânant main dans la main dans la boutique et s’amusant à deviner quelles spécimens l’autre préfère, et décidant de composer un bouquet commun, aux accords de l’un et de l’autre.
Il y aurait aussi cette adolescente, qui voudrait offrir un sourire à sa mère, à qui aucun homme n’a plus rien offert depuis trop longtemps.
Et tant d’autres bien sûr.
Et cet homme étourdi qui ne comprendrait pas qu’à quelques minutes de la fermeture du magasin je ne puisse plus lui fournir de roses rouges, et qui me demanderait, désemparé, que choisir entre une plante en pot et une botte de glaïeuls, derniers vestiges de cette journée tourbillon.
Alors j’irais dans l’arrière-boutique lui chercher ces quelques roses que je comptais disposer dans le grand vase du salon le soir-même, et lui tendrais d’un air victorieux, sourire aux lèvres, alors que son inquiétude laisserait place à une reconnaissance complice.
Et je pourrais enfin fermer la porte derrière lui et abaisser le rideau de fer, non sans lui avoir glissé au passage le secret que je ne pouvais dévoiler jusqu’alors : que le plus beau cadeau en cette Saint-Valentin est l’amour de l’autre tout le reste de l’année…

06 février 2007

Petite page de publogcité

Déjà un an que ce blog est né.
Un an que j’y rédige des morceaux de vie, des sentiments, des pensées, sans contrainte de productivité, au rythme de mes envies, au gré des mots qui me viennent.
Il est ce que j’ai fait de lui, il me ressemble avec les petits points pastels de mes idées folles, l’espace et la clarté du grand air et de ce qui reste à accomplir, les textes bien alignés et bien rangés de mon esprit trop rigoureux, les sujets qui passent du coq à l’âme de ma vie remplie à ras bords.
Créé par hasard, un peu comme une toile qu’on achète et qu’on installe chez soi sans savoir vraiment ce que l’on va y peindre, je n’imaginais pas qu’un jour des inconnus viendraient m’y rejoindre et partager selon, des idées, des questions, des points communs ou opposés, bouts de chemin ou amitiés vraies.
Ce que je préfère en lui ce sont ses commentaires, parce qu’ils me sont tous chers, chacun pour une raison différente.
Ils sont de vous, ceux que je ne vois pas, que je ne connais pas pour la plupart, que j’ai eu la chance de rencontrer pour certains, mais que je lis toujours avec beaucoup de respect et d’émotion.
Et puis il y a ces lecteurs de l’ombre, ceux qui lisent mais ne commentent pas, passent sans laisser de trace, pour des raisons qui leur sont toutes personnelles, mais que je m’amuse parfois à deviner.
Parce que chaque blog personnel est aussi unique que son auteur, on essaie d’y être authentique mais pas réducteur, et parce qu’il est un merveilleux et accessible terrain de jeu pour la liberté d’expression, on aurait tort de se priver d’un des derniers bastions épargnés par une censure autre que la nôtre.
On le taxe volontiers d’égocentrisme, alors qu’il dispose d’une interactivité incroyable, de perte de temps, là où l’esprit s’évade enfin, de futilités alors que chacun peut y trouver son bonheur, de précieuses informations en coups de cœur au fil des liens.
On peut également lui accorder le mérite d’inciter à la lecture et à l’écriture, même si trop d’adolescents y transposent leur langage SMS lol lol mdr (« ah ah mort de rire », pour les non initiés) : l’intention y est déjà, et avec le temps…
Aimer écrire et savoir écrire ne vont pas forcément de pair et si chacun d’entre nous n’aspire pas à devenir écrivain, nous avons tous des choses à dire, ou à dessiner !
Véritable thérapie pour certains, compagnon de solitude pour d’autres, simple loisir ou soutien quotidien, ils naît et meurt avec des pages qui se tournent et des vies qui évoluent.
On y fixe des barrières plus ou moins hautes entre virtualité et réalité, des amitiés et des amours y germent malgré les distances kilométriques, les idées y sont souvent plus fortes que les apparences.
On y croise des individus de toutes classes sociales, de tous âges et de tous bords, on y apprend aussi, sur les autres et sur soi.
Pas besoin de le vendre, il a encore cet avantage non négligeable et si rare de la gratuité (sous réserve de la connexion à Internet, bien entendu) et nous sommes une poignée de millions à l’avoir déjà adopté en France.
L’essayer c’est l’adopter ?
En tous cas moi je ne l’échangerais pas contre 2 barils de séries policières à la télé…(mais pour un vrai câlin ou un bon bouquin, ça se discute, hein ?), et vous ?