27 octobre 2006

Dieu du stade 2026

Tu ne connais pas la peur, et elle ne cherche pas à te rencontrer.
Elle vient plutôt me voir lorsque tu te joues de l’espace et accumule les cascades.
Comme celle, inoubliable, il y a quelques mois, traumatisme crânien à la clé.
Tu te relèves et me souris, viens te blottir contre moi en attendant le baiser qui soigne tous les maux, avec une incroyable sérénité.
Et tu repars de plus belle, risquer ton corps et mon cœur de maman à chaque instant.
Tu es gourmand de vie, tu veux tout essayer, de l’oignon cru croqué à mes talons aiguille.
Tu joues la comédie, transpires les émotions par tous les pores de ta peau si douce.
Chaque sentiment est à l’extrême, de la colère où tu jettes tout à terre à la joie où tu sautilles en lâchant des « Youpiiiii », de la tendresse de tes longs câlins aux lourds sanglots de tes déceptions.
Tu sais me faire rire comme personne lorsque l’humeur n’est pas au rose, ton visage élastique m’invente des grimaces qui te font hurler aux éclats quand je te les montre dans une glace.
Tu as ce don de te faire aimer de tous, même en faisant les pires bêtises : un sourire de toi suffit à effacer le marqueur sur ton pull et tout ce que tu peux casser par ton manque total de délicatesse !
Tu veux brûler les étapes et agir comme les grands, comme ton icône de sœur que tu admires tant.
Tu connais sa fragilité et cherche déjà à la protéger.
Indépendant, comme elle, tu sais aussi mener avec une facilité déconcertante tes camarades petits et grands.
Tes épaules larges et ta taille suffisent à les convaincre, petit caïd tout de muscle qui cherche déjà la bagarre.
Un froncement de sourcils et ton regard bleu acier décourage l’enfant qui en veut au jouet maintenu fermement dans ta petite main.
Tu veux apprendre, comprendre, tu répètes et enregistres, lis, regardes, demandes, pour assouvir ta soif.
Tu t’exprimes déjà de phrases construites et intelligibles, comme peu d’enfants à ton âge, et impressionne notre entourage par cette élocution.
Tu sais ce que tu veux, sans doute un peu trop, et je dois trop souvent te rappeler qu’il n’en est pas ainsi.
Tu as pour moi cet amour des garçons pour leur mère, cette adoration mystérieuse de la première femme de ta vie que tu n’aimes pas partager.
Tu marques tes préférences , et, vis-à-vis des gens, au lieu de sourire à la volée, refuses tout net un baiser à l’un ou réclame la présence de l’autre.
Tu braves l’autorité autant que tu la cherches, tu testes les limites et acceptes les sanctions, mais a du mal à tirer des leçons de tes erreurs passées.
Tu joues tout en bruitages et mises en situation, mimes les scènes de la vie d’adulte du haut de ton presque mètre.
Tu ressembles tant à ton papa, et il se retrouve tant en toi.
Nos différences nous rapprochent et m’apprennent à devenir meilleure.
Tu es mon petit homme, preux chevalier à l’armure encore poreuse, et je t’aime.
Tu ne souffles que deux bougies aujourd’hui et tu es déjà tout ça et tellement plus encore.
Tu souffles tes deux bougies et déjà tu repars, en quête d’aventures, en conquête de ta vie.
Et grâce aux
leçons de tes ancêtres…tu seras un homme mon fils.

24 octobre 2006

Quand chaîne sait pas quoi dire...

Sur l’invitation de Muse, je me reprends au jeu des questions, parce que notre monde, mon monde et le vôtre manquent de légèreté ces derniers temps…

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
« Cette fois, c’est sûr : la matière noire, cette substance égale à 25% de la masse de l’univers, existe. Des astrophysiciens en ont la preuve. »
Bon d’accord c’est pas un vraiment un livre, mais un magazine (Science et Vie – Octobre 2006), mais il était à portée de main (il a juste fallu que je fasse un sprint jusqu’au buraliste du coin, que je jette des cailloux contre le rideau de fer pour que quelqu’un m’ouvre à une heure si tardive et que je prétende que la vie de quelqu’un dépendait d’une découverte liée au gène PDE4D révélée page 36 : qu’est-ce qu’il faut pas faire pour paraître intelligente…)


2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
Allez, je me lance, et certains savent à quel point le temps est mon ennemi…21 heures ? (ben oui j’ai couché les enfants y a pas longtemps et il fait noir dehors, déduction logique)

3) Vérifiez !
21h19 (trop forte, je devrais peut-être me recycler en horloge parlante ou me lancer dans la voyance)

4) Que portez-vous ?
Nuisette en satin.
De toutes façons je pourrais bien être en robe de chambre en pilou avec des bigoudis sur la tête que vous n’y verriez que du feu, ça a du bon le virtuel…

5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mes enfants avant de s’endormir. Et puis mes jambes oubliées de l’épilateur cette semaine.

6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
La télé en bruit de fond, un épisode de Prison Break en version québécoise, ça vaut le détour ( j’adore les versions canadiennes où chaque mot ou nom en anglais est prononcé à l’américaine et le reste du texte en français presque sans accent : « Hey, Mac Conn’l, tâche de dire à ma blonde que je lui ferai des becs dès que je sors de ce merdier de pancake, tabernacle »)

7) Quand vous êtes sorti(e) la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
C’était pour partir travailler ce matin, rien d’exceptionnel en soi, sauf si j’étais agent secret ou super-héroïne ou même juste présentatrice du JT.

8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
J’ai fait des cauchemars atroces, horribles, qui ont fait que je me suis réveillée ce matin toute retournée et vraiment mal à l’aise, si vous saviez…mais je ne me rappelle plus de rien, mais alors de rien.

9) Quand avez-vous ri la dernière fois?
Euh , là ça fait un petit moment, au moins une semaine (au pays de Carrie, comme dans tous les pays, on s’amuse on pleure on rit, il y a des méchants et des gentils…)

10) Qu'y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Grande pièce, grands murs, donc lithos de Dali, images d’Antonio Gacia, pendule colorée motif tortue, bâton de pluie, chapeau cantonnais, tapis style africain, cadre artisanal en branchages et 3 photos de mes enfants.
Et parce que mon premier questionnaire m’a permis de rencontrer Antonio alors que je parlais d’une de ses œuvres (j’en reparlerai prochainement), je rajouterais « une photo de George Clooney dans le plus simple appareil», même si c’est pas vrai.
On ne sait jamais, sur un malentendu il pourrait tomber sur mon blog en faisant une recherche sur google.
I love you George and if you do so baby, send me an e-mail.


11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une baguette pas trop cuite, comme tous les matins.
Bon, après le petit déj. j’irais sans doute dans une agence de voyages me préparer un petit tour du monde (quoi, je peux très bien faire l’école à mes enfants, et puis m’embêtez pas avec vos questions pratiques, d’abord j’ai autant de chances que ça m’arrive que de recevoir un mail de George)

12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
« De battre mon cœur s’est arrêté », sur les conseils d’un ami avisé.
J’ai découvert Romain Duris et son interprétation magistrale, et puis aussi qu’on pouvait fumer un nombre incroyalculable (joli mot, hein ?) de cigarettes en un minimum de temps dans un film.

13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Le sac à main d’une de mes collègues.
Je ne savais pas qu’on avait le droit de vendre des trucs pareils, et j’ai même du mal à le décrire : base polochon informe noire ornée de plusieurs rangées de volants multicolores à paillettes dorées et argentées mais en beaucoup plus moche encore, le genre de truc qui va avec tout puisqu’il ne va avec rien.
Je lui ai demandé de le mettre par terre parce que sa vision sur le bureau m’empêchait de me concentrer sur autre chose.

14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il est divertissant (on s’amuse comme on peut), ne donne pas mal à la tête (en tous cas pas à moi) et se mange sans faim (comme les Doubitchous de Sofia)

15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
Je suis une dangereuse psychopathe responsable de crimes immondes jamais élucidés.
Non, parce que je suis bonne princesse et que j’ai envie de vous faire sourire, mon troisième prénom c’est Roberte, et que le peuple s’amuse…

16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Une deuxième alors ? Stella sans doute, ou alors Mauricette, le choix est difficile (personne ne s’appelle Stella au moins ?)

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Un deuxième alors ? Non, un garçon c’est déjà très bien merci, surtout qu’il en vaut au moins 2 à lui seul !
Je passe mon tour.

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui. Et puis finalement non.
Ca me fait penser à ma coiffeuse (permettez que je digresse), qui la dernière fois m’a dit très sérieusement qu’elle aimerait aller vivre en Italie, mais que comme elle ne sait pas à quoi ça ressemble et qu’elle ne parle pas un mot d’italien ça risque d’être difficile (et là évidemment j’ai éclaté de rire).
C’était juste avant qu’elle me dise tout aussi calmement qu’elle avait rêvé qu’elle accouchait d’un poney, avec force détails (et là je lui ai laissé un bon pourboire pour m’avoir fait hurler de rire un vendredi matin)

19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
« Je n’attendais que toi », ou « tu t’es trompée de porte ! », ou encore « On a mis des bières au frais » ?

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Le monde.

21) Aimez-vous danser ?
Demandez à un poisson s’il aime nager ou à un Gypsy King s’il aime jouer de la guitare…

22) Georges Bush ?
Toi-même

23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Ben un épisode de Prison break, y en a qui ne suivent pas vous voyez…
Enfin c’est surtout le générique qui est fort, et puis c’est pas humain d’enfermer de si beaux jeunes hommes dans des prisons même pas mixtes.

24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Alors, j’ordonne à tous ceux qui le souhaitent de se faire plaisir en répondant à ce questionnaire que, nous en conviendrons, nous pouvons qualifier de passionnant, voire transcendantal.

15 octobre 2006

Dreamin'

J’ai rêvé que je fêtais mes 30 automnes.
J’ai rêvé que j’avais un entourage formidable qui avait tout fait pour me rendre ce moment inoubliable.
J’ai rêvé d’une rencontre magique dans un endroit féérique, d’images familières et d’un portrait de moi.
D’un arbre de paix, hommage à la sérénité attendue, accompagné de mots d’amitié du bout du monde.
De lectures passionnantes, d’une machine à films souvenirs et d’un outil d’écriture aussi performant que beau.
De chocolats raffinés et de fines bulles de champagne en leitmotiv des festivités.
De larmes d’émotion et de preuves d’amour.
De restaurants où savourer les plats, les échanges et les rires.
De secrets bien gardés et de surprises qui font leur effet.
De retrouvailles émouvantes dans un hall de gare sous la pluie.
De rires d’enfants chers à mon cœur et de la chaleur des repas mitonnés par maman.
D’une amie fantastique et généreuse qui en accueille d’autres sans même les connaître et offre une soirée mémorable dans ses moindres détails.
D’un cahier illustré, clin d’œil à nos 10 années d’amitié sans ombre.
D’une petite boîte à musiques préférées qui tient dans le creux de ma main et de cadeaux fous rires.
De gâteaux aussi beaux que bons, de bougies soufflées, et de chants d’inconnus.
D’un bijou au sens si particulier que je garde à mon cou comme une pensée pour elle.
D’un invité surprise caché derrière une porte, de devinettes étranges me menant à ce retour inattendu au temps de mes 15 ans.
Des dessins de ma fille, ses mots qui ignorent les ans, les câlins de mon fils et ses baisers humides.
D’encens et de bougies aux senteurs gourmandes, d’un tableau des visages qui me sont les plus chers.
De discussions à cœur ouvert et d’ « au revoir » déchirants.
De danse jusqu’au bout de la nuit et de temps qui suspend son vol un moment.
De cadeaux sensations, parapente et bobsleigh, pour aller jusqu’au bout de moi-même, entre ciel et terre.
De bonnes bouteilles de vin, d’un pêle-mêle de photos de fêtes et d’amitiés dans ma région d’adoption.
De souhaits de tous ces invisibles qui n’ont jamais été si réels.
D’yeux qui pétillent, de sourires, de rires, de sincérité, de simplicité, de complicité, d’amour, d’amitié, de promesses et de joie.
J’ai rêvé de tout ça, et je n’ai pas voulu me réveiller…
Merci à tous et à toutes d’avoir fait de cet anniversaire le plus beau de ma vie.

04 octobre 2006

Ce 4 octobre là...

Une petite chanson pour l'occasion, vous connaissez tous la musique...

Cette année là
Je criais pour la première fois
Les blogueurs ne me connaissaient pas
Quelle année cette année là

Cette année là
Le concorde venait d’ouvrir ses ailes
Le football découvrait Saint-Etienne
Et le public aimait ça

Déjà la canicule du siècle s’abattait sur la France
Et Oshima signe une première avec l’Empire des Sens

Cette année là
Le changement d’heure atteint l’été, l’hiver
L’Amérique élit Jimmy Carter
Plus j’y pense et moins j’oublie

Et j’ai ouvert mes yeux à la lueur du jour
Et découvert ce monde de guerres, de folie et d’amour

Cette année là
Tautou, Delerm, Anaïs et Vieira
Font leurs premières risettes comme moi
Quelle année cette année là

C’est là qu’on a dit adieu à Jean Gabin, le déserteur
Tandis que « Love to love you » chantait la Summer

Cette année là
Mao meurt et le loto s’installe
On croyait qu’on serait riches pour 10 balles
Quelle année cette année là

C’était hier mais aujourd’hui rien n’a changé
C’est la même âme qui aujourd’hui fête ses 30 années

C‘était l’année soixante seize
C‘était l’année soixante seize
C‘était l’année soixante seize
C‘était l’année soixante seize...

01 octobre 2006

Trois soeurs

Un article, trois portraits croisés, 6 mains qui écrivent, plusieurs yeux qui lisent, beaucoup de sentiments.

De nos coins de planète respectifs nous voilà réunies comme autrefois, chacune ayant écrit avec son cœur, ses émotions, ses souvenirs, sur l’autre qui découvre ses mots…

« Tu es arrivée comme ça, par hasard.
On ne s’y attendait pas vraiment et, du coup, tu m’as, d’emblée, placée à la tête d’une fratrie dont il fallait que je sois absolument l’exemple.
Je me rappelle d’une petite blonde, toute frisottée avec de grands yeux bleus qui faisaient craquer tous ceux qu’elle croisait.
On aurait pu partager des tas de trucs de filles, mais hélas, j’étais un garçon manqué...
J’aurais pu être ton "chaperon"’ lors de nos sorties, mais hélas, éloignement oblige, CarrieB a du prendre le relais.
Complices de toujours, vous me tendiez régulièrement des pièges qui m’ont parfois valu de passer de très mauvaises soirées en tête à tête avec nos parents.
Tu t’amusais : c’était de ton âge, et tu me relatais régulièrement les bêtises et les nombreux sévices que tu infligeais à ceux qui ne partageaient pas ton point de vue.
Bonne élève, étudiante assidue, nos parents n’ont jamais eu quoi que ce soit à redire.
Adolescente, tu n’as jamais fait de vagues, jusqu’au jour fatidique où j’ai bien failli te perdre… jeune permis, une voiture, un virage, un arbre … et, au final, plus de peur que de mal, fort heureusement.
Et puis, un jour pas fait comme un autre, ton existence a pris un nouveau tournant : tu rencontres ton prince charmant.
Tu prends la décision la plus importante de ta vie et décide de t’envoler vers d’autres cieux en laissant famille et amis sur place.
Tu accomplis le rêve de chacun d’entre nous à force de volonté et d’obstination.
Aujourd’hui, je suis encore admirative et très fière de la jeune femme que tu es devenue : la petite bouille blonde a réussi à s’imposer et à se faire apprécier de tous.
Le dernier mousquetaire est devenu un exemple.
On a souvent croisé le fer toutes les trois mais, quoi qu’il arrive, nous serons toujours solidaires.»


« Avide de découvrir la vie et ses richesses tu coches activement les cases de ta liste des 100 choses à vivre avant que toi et tes dents ne dormiez plus ensemble.
Coquette et intrépide, si tu dois sauter en parachute ça sera avec des vêtements assortis et un ricil impeccable.
Mais la jouissance de ces divertissements périlleux dont tu es partisane a des limites car quelques traits obsessionnels enveniment malgré toi ton esprit aventureux.
Victime d’un esclavage robotique, le summum de la folie c’est pas de te rouler nue dans la neige ou encore de te percer la peau.
C’est faire la guerre à ton aspirateur, porter les mêmes habits 3 jours d’affilée et ne pas classer tes vêtements par pile de couleurs.
S’ils avaient des noms, ils seraient probablement rangés par ordre alphabétique dans ton armoire.
Quand même les chaussettes de la garde-robe connaissent la chaude caresse du fer à repasser on peut bien parler d’obsession maladive, de perfectionnisme.
Prévoyante et consciencieuse, tu fais partie de ceux qui vont au garage avant l'accident, chez le dentiste avant la rage de dent, tes enfants ne partiront pas à l'école sans un mouchoir en poche ou sans un goûter dans le sac.
Une journée planifiée qui ne se passe pas comme prévu te rendra aisément anxieuse.
Du rouge à lèvres sur les dents ou une épice oubliée dans le gratin de la veille te met dans le même état de panique qu’un dossier non bouclé rendu en retard.
Ton cauchemar c'est partir au boulot en chaussons pas maquillée dans une voiture qui tombe en panne à mi-chemin sans téléphone portable.
Tes glandes lacrymales ont la gâchette sensible et te trahissent cruellement dans ces moments d'incertitudes.
Ton enthousiasme, ton esprit créatif et ton talent s'ajoutent à ton sourire rayonnant et constituent les ingrédients vitaux pour atteindre tes objectifs.
Généreuse, spontanée et légèrement impulsive, l'originalité d'un sac à main sait te faire tourner la tête.
En plus d'être le Zapatta de la famille, douée pour l'improvisation et amuser la galerie tu as l'art de jongler avec les mots, de dompter les expressions et tu nous comble de tes acrobaties syntaxiques.
Ambitieuse raisonnable à tendance hyperactive, tu passes une partie de ton temps à vouloir être là où tu n'as pas le temps d'être. »


« De 4 ans mon aînée, c’est tout naturellement que je t’ai prise en exemple pendant mes jeunes années.
Sérieuse et plutôt introvertie, à l’inverse de mes loufoqueries quotidiennes, tu me traînais pourtant dans bien des premières fois, parfois de ton plein gré mais plus souvent contrainte et forcée !
Quoi qu’il en soit, tu m’as acceptée dans ce monde de « grands » qui n’était pas le mien.
J’étais fière d’être à tes côtés, fière d’être ta petite sœur, de partager, de m’identifier, d’imiter.
Tu traçais le chemin et je te suivais les yeux fermés, sourire aux lèvres, cheveux aux vent.
Premiers jeux, premières sorties, premiers émois, premières bêtises, nous sommes allées jusqu’à commettre la même étrange erreur de choix dans nos vies personnelles par la suite.
Notre vie amoureuse était souvent synchronisée, mais nous ne nous sommes jamais battues le même garçon.
Tu les aimais grands, mystérieux, doux et rassurants, quand je les cherchais originaux, drôles et passionnés.
Nous discutions longuement, écoutions la même musique, mais finissions toujours par nous chamailler et moi par regagner ma chambre par des chemins glissants.
Mais inlassablement je revenais, incapable de t’en vouloir, incapable d’être loin de toi.
Tu pleurais sur les photos, collectionnais papiers de chewing gums et paquets de cigarettes vides, t’extasiais devant des dinosaures et je ne te comprenais pas.
Tu cachais ton corps sous des vêtements masculins et sombres et je ne te comprenais pas.
Tu m’as témoigné ta confiance, promue marraine d’un déjà trop grand garçon, et tata d’une chipie aux grands yeux ébahis et là je t’ai compris.
Tu veux voir le verre à moitié plein là où je ne le vois qu’à peine rempli, tu mets un point d’honneur à vivre tes espoirs jusqu’au bout et ne pas décider tant que tu n’es pas sûre.
Nos caractères, que tout a toujours opposé, se sont ainsi accommodés et complétés, même si j’aurais tendance à vouloir inverser les rôles et te protéger à ma manière, pas toujours la plus habile, souvent tourmentée de ne pas pouvoir te donner cette force qui parfois te manque… »
A mes sœurs, avec tout mon amour