Tu ne connais pas la peur, et elle ne cherche pas à te rencontrer.Elle vient plutôt me voir lorsque tu te joues de l’espace et accumule les cascades.
Comme celle, inoubliable, il y a quelques mois, traumatisme crânien à la clé.
Tu te relèves et me souris, viens te blottir contre moi en attendant le baiser qui soigne tous les maux, avec une incroyable sérénité.
Et tu repars de plus belle, risquer ton corps et mon cœur de maman à chaque instant.
Tu es gourmand de vie, tu veux tout essayer, de l’oignon cru croqué à mes talons aiguille.
Tu joues la comédie, transpires les émotions par tous les pores de ta peau si douce.
Chaque sentiment est à l’extrême, de la colère où tu jettes tout à terre à la joie où tu sautilles en lâchant des « Youpiiiii », de la tendresse de tes longs câlins aux lourds sanglots de tes déceptions.
Tu sais me faire rire comme personne lorsque l’humeur n’est pas au rose, ton visage élastique m’invente des grimaces qui te font hurler aux éclats quand je te les montre dans une glace.
Tu as ce don de te faire aimer de tous, même en faisant les pires bêtises : un sourire de toi suffit à effacer le marqueur sur ton pull et tout ce que tu peux casser par ton manque total de délicatesse !
Tu veux brûler les étapes et agir comme les grands, comme ton icône de sœur que tu admires tant.
Tu connais sa fragilité et cherche déjà à la protéger.
Indépendant, comme elle, tu sais aussi mener avec une facilité déconcertante tes camarades petits et grands.
Tes épaules larges et ta taille suffisent à les convaincre, petit caïd tout de muscle qui cherche déjà la bagarre.
Un froncement de sourcils et ton regard bleu acier décourage l’enfant qui en veut au jouet maintenu fermement dans ta petite main.
Tu veux apprendre, comprendre, tu répètes et enregistres, lis, regardes, demandes, pour assouvir ta soif.
Tu t’exprimes déjà de phrases construites et intelligibles, comme peu d’enfants à ton âge, et impressionne notre entourage par cette élocution.
Tu sais ce que tu veux, sans doute un peu trop, et je dois trop souvent te rappeler qu’il n’en est pas ainsi.
Tu as pour moi cet amour des garçons pour leur mère, cette adoration mystérieuse de la première femme de ta vie que tu n’aimes pas partager.
Tu marques tes préférences , et, vis-à-vis des gens, au lieu de sourire à la volée, refuses tout net un baiser à l’un ou réclame la présence de l’autre.
Tu braves l’autorité autant que tu la cherches, tu testes les limites et acceptes les sanctions, mais a du mal à tirer des leçons de tes erreurs passées.
Tu joues tout en bruitages et mises en situation, mimes les scènes de la vie d’adulte du haut de ton presque mètre.
Tu ressembles tant à ton papa, et il se retrouve tant en toi.
Nos différences nous rapprochent et m’apprennent à devenir meilleure.
Tu es mon petit homme, preux chevalier à l’armure encore poreuse, et je t’aime.
Tu ne souffles que deux bougies aujourd’hui et tu es déjà tout ça et tellement plus encore.
Tu souffles tes deux bougies et déjà tu repars, en quête d’aventures, en conquête de ta vie.
Et grâce aux leçons de tes ancêtres…tu seras un homme mon fils.



