08 août 2006

Une semaine de retour aux sources : leçon n°1 = Ne pas avoir de regrets

En ce premier jour de vacances, la nuit m’a semblé bien étrange.
Seule dans mon lit, dans ma chambre d’enfant, puis d’adolescente, j’observe autour de moi et rien n’a changé.
Même tapisserie vieux rose, mêmes cadres aux murs, bureau et son contenu intacts, parquet ciré, armoire pleine de vêtements, ampoule toujours grillée de l’applique à droite du lit.
Je pourrais me dire que ma sœur va surgir de la chambre voisine et que nous allons discuter à la lueur d’une lampe torche, puis inévitablement finir par nous chamailler.
Je pourrais me dire que quand le réveil va sonner au matin je voudrai faire vite pour ne pas rater le bus qui m’emmène vers mes cours.
Je pourrais me dire que maman va m’appeler depuis la pièce du dessous, à intervalles réguliers, jusqu’à ce que je daigne ouvrir un œil.
Je pourrais me dire que je n’ai fait que rêver ces dix dernières années de ma vie, depuis que j’ai quitté le domicile familial.
Je pourrais me dire que mes erreurs et mes coups durs n’ont jamais existé, que ce n’était qu’un simple cauchemar et que l’avenir qui m’attend évitera ces écueils.
Je pourrais me dire que je ne m’imagine pas tout ce que la vie va me réserver, les changements, les départs, les renouveaux.
Je pourrais me dire que j’ai encore l’innocence et la fraîcheur qui me permettront de croquer la vie à pleines dents et d’en tirer le meilleur.
Je pourrais me dire tout ça.
Mais à y regarder plus attentivement, mon lit de bois rustique est un peu plus loin dans la pièce et a été remplacé par un modèle des années 60, avec placage acajou vernis effet miroir.
Sur le côté de l’armoire pend un long sac de plastique blanc contenant une robe de mariée aussi inutile que l’union qui l’a vue portée, témoin d’une erreur lointaine, depuis légitimée par un précieux bout de papier.
Sous le bureau, des albums aux pages incomplètes, aux photos découpées dans un accès de rage ou de déception, aux protagonistes dont parfois je ne me rappelle plus le nom.
Un mur entier est couvert de cartons remplis, reliques des déménagements successifs et d’une famille qui s’est agrandie.
J’entends dans la chambre opposée des éclats de rire échangés et un appel récurrent : « Maman, maman ! ».
C’est bien moi qu’on appelle, moi qui, malgré un chemin de vie des plus cahotiques, ai la chance d’être la personne la plus importante à cette heure-ci aux yeux de ces deux petits êtres.
Alors comment me dire que la vie est cruelle et n’en garder que des regrets ?
Elle m’a fait le plus beau cadeau qui soit, comme un pied de nez aux difficultés, et dans ma chambre d’enfant, devenue grande, je souris.



21 commentaires:

india a dit…

cool, je suis la preum's à laisser un commentaire! euh je voulais dire quoi en fait? ah oui, c'est magique de reussir à se rememorer ses jeunes années, comme si le temps n'avait jamais bougé...ça me fait pareil quand je dors chez ma grand-mère et j'adore ça!!
contente que tu sois revenue de vacances

Yojik a dit…

"Elle m’a fait le plus beau cadeau qui soit, comme un pied de nez aux difficultés, et dans ma chambre d’enfants, devenue grande, je souris."

Je te cite. Finalement pour rien d'autre qu'avoir l'impression de partager cette joie qui est la tienne.
Mais finalement c'est tout ce message que je pourrais me citer.
Merci CarrieB, votre plume fait sourire le dedans de ma tête.

roussepoule a dit…

Oui c'est joli et ça fait du bien. Ta douceur va me laisser un sourire au coin des levres aujourd'hui, alors que j'etais partie pour mettre des baffes...

stefie a dit…

Ces pour ces choses magnifiques que je suis heureuse de te retrouver !
Bon retour parmis nous :')

Naki a dit…

Je trouve ton texte superbe. Vraiment. Ca me fait pareil lorsque je retourne chez mes parents. Mes souvenirs d'enfance puis d'adolescence sont restés intacts grâce à un total de 52 journaux intimes écrits de l'âge de 10 à 18 ans...
Au plaisir de te lire,
Naki.

La Féline a dit…

Tu souris.... mais est-ce que tu joues encore à chat? ahahah!

Stéf a dit…

Je ne sais pas trop pourquoi mais tous tes textes en ce moement me font verser ma larme :'(... Merci à toi Carrie ;) !

CarrieB a dit…

@india : Eh oui, prem's, mais tu as un certain avantage au niveau du fuseau horaire!
Revenir aux sources de temps à autres nous fait prendre conscience du chemin parcouru...

@yojik : Heureuse d'avoir fait vasciller la bougie à l'intérieur de la citrouille

@ma rousse : Peut-être vais-je demander à être déclarée d'utilité publique, comme ça je ne paierai plus d'impôts ;-)

@stefie : Contente aussi d'avoir retrouvé tes jolis dessins, ils m'ont bien fait rire hier soir

@naki : Merci du compliment, et malheureusement pas de journal intime pour moi, trop peur de laisser des preuves compromettantes à l'époque, et trop occupée à lire ceux de mes soeurs :-)

@la féline : Bien chûr que che choue encore à chat, quelle quechtion?!

féekabossée a dit…

ah quel bonheur de te voir revenir , de te lire , une semaine c'est pas grand chose , mais on a l'impression que tu étais partie depuis un demi siècle ...
repars pas trop vite hein ....
et je ne sais pas quoi dire sur ce texte qui me donne la chair de cocotte , sinon , que c'est du PUR CARRIEB .....et du velours aussi ....

barnabé a dit…

C'est toujours étrange de retourner dans sa chambre de chez nos parents qui n'est plus tout à fait chez nous comme avant.

Il faut que je me fasse un post-it de ta note pour en faire une à ma sauce.
C'est une chouette note.

Mister E a dit…

Euh c'est toujours d'aussi beaux textes empliss d'emotions et de nostalgie ... Bon sinon moi j'ai rien a dire la dessus j'ai vecu dans un placard de 2m carré pendant toute mon enfance et moman me calinait avec au choid le pied ou le fer à repasser ...

Miro Carlo a dit…

C'est effectivement une étrange sensation que de se replonger dans les souvenirs d'enfance, moi j'ai eu la chance de pouvoir retourner voir la maison de mes grands parents, et là c'est une beau livre pleins d'images qui s'ouvre, c'est bizzare mais ça fait du bien...

CarrieB a dit…

@stef : Ah ben tu vois, on poste même en même temps!
Et encore ce n'est que le début, je vais en remettre une couche bientôt...;-)

@ma fée : Moi aussi je suis contente de vous retrouver, même si c'est pas pour très longtemps encore

@barnabé : Merci. J'ai hâte de lire la tienne!

@misterE : Contente de te retrouver aussi, et tes envies d'espace doivent être dûes aux 2m² alors je suppose ;-)

@miro carlo : C'est vrai que c'est une sensation vraiment étrange, agréable et effrayante à la fois, assez troublante à coup sûr.

pepina a dit…

j'aimerai bien faire ma maline comme le sautres à dire que c'est bon de retrouver mon enfance... mais je crois qu'elle est encore trop proche de moi pour que j'arrive à la retrouver...
Le bonheur des locations fait que j'ai eu plusieurs chambres, donc des osuvenirs dispersés, et cette terre qui est un peu trop grande quand on voudrait l'enjamber en seulement deux ou trois pas...
Déjà à cause des couchers de soleil, et ensuite parce que je pourrais aussi vous dire que ça me fait cet effet quand j'y retourne dans ma chambre...
bon sinon je souris aux pieds de nez qui viendront...

bon je peux pas dire que je suis contente de te retoruver car ça fait trop peu de temps que je viens ici, mais vivement que je me sois habituée aux petits pois de couleurs pour que tu partes et que je sois ocntente de te lire à nouveau!)

alexia a dit…

alors comme ca, tu aurais lu les petits secrets de ma vie passionnante dans mes journaux intimes? j'aurais du me douter de ca quand tu as arrêté d'acheter "OK Podium"!

Ton article me semble bien familier, moi aussi je ressens la même chose les rares fois où je rends visite aux parents. Même odeur de produit anti-mites dans les armoires mais c'est chaque fois une surprise de l'ouvrir pour y retrouver ses vieux vêtements en se demandant comment on a pu porter ca!

Anonyme a dit…

je suis assise sous le grand cerisier, je joue à la coiffeuse (avec un sechoir à pile qui fait du vent en vrai..;), je mange des glaces tupperware à l'orange faites par ma mére et surtout j'ai la légéreté et l'insoucience de l'enfance... c'est d'ailleurs ce que j'aime observé chez mes enfants. Ils ont bien de la chance !!

barberine a dit…

j'suis pas reveillée... c'est moi ...là, juste au dessus!

Chris...de Burgh a dit…

Ton texte m'a fait faire un come back extraordinaire et a ravivé tout un tas de souvenirs lointains ... Ah ! nostalgie, quand tu nous tiens ! C'était l'époque de l'insouciance où nos journées n'étaient que sourire (et disputes!)J'espère que nous laisserons également ce genre de souvenirs à nos enfants, tite soeur.
Passe de bonnes vacances!
Chris

tanette a dit…

Il n'y a pas longtemps que j'ai découvert ce blog. Le billet d'aujourd'hui plein de souvenirs nostalgiques me plaît particulièrement. Très bien écrit, belle fin positive.

CarrieB a dit…

@pepina : Ce qu'on garde de notre enfance n'est pas forcément dans une pièce, ni dans un objet, c'est là, dans la tête et dans le coeur, et ça, même avec les déménagements ça ne bouge pas.

@mes soeurettes : Contente de vous avoir fait partager ce bond dans le passé, et Alex, le passé vient à toi demain ;-)

@Barberine : C'est là qu'on se dit qu'on a été bêtes de vouloir grandir trop vite...

LOLO TAHITI a dit…

Encore un joli post Carrie ! Même si le décor de chacun est différent, je crois que beaucoup se sont reconnus dans cette nostalgie que nous portons tous en nous.
Je suis content d'être revenu de vacances : 3 billets de Carrie d'un coup, je te laisse, j'en ai encore deux à lire...