Paris, tu paries ?
Mais au fait, à quoi reconnaît-on deux provinciales qui passent quelques jours à la capitale ?
Elles commencent par se perdre dans le hall de gare, ensuite se retrouvent systématiquement sur le quai de métro opposé à leur destination et, une fois dans la rue, prennent encore la mauvaise direction.
Elles ne se déplacent jamais sans leur plan détaillé des arrondissements et arrêts de métro, mais ne le tiennent pas forcément dans le bon sens.
Elles remarquent immédiatement que Paris ne sent pas bon, ni en sous-sol, ni en surface, et n’arrivent pas à faire abstraction du mélange d’odeurs qui atteint leurs narines, mais éveillent tous leurs autres sens pour compenser.
Elles courent, comme les parisiens, mais pas pour les mêmes raisons : d’abord emportées par le mouvement, elles veulent voir tant de choses, visiter, découvrir, que le temps leur manque toujours.
Elles s’excusent lorsqu’elles se font bousculer, sourient et osent même parler à des personnes qu’elles ne connaissent pas, tout en restant polies.
Elles ne s’engouffrent pas dans la première bouche souterraine en cas d’averse, elles préfèrent admirer l’architecture urbaine de plain-pied, même sous la pluie.
Elles ne regardent pas où elles marchent, leurs yeux s’attardent en l’air, sur des bâtiments chargés d’histoire ou bien plus hauts qu’elle n’en voient au quotidien.
Elles refusent de se laisser prendre au piège des attrape-touristes chargés de porte-clés Tour Eiffel et de T-shirts « I love Paris », mais s’attardent anormalement dans les boutiques des musées.
Elles se font aborder dès la sortie du train pour se faire vendre des livres d’occasion au prix des neufs, et enchaînent sur une bonne partie des malheureux de la ville lumière, en demande d’argent, de cigarettes ou d’attention.
Elles s’émerveillent de chaque chose, et par-dessus tout de ce choix trop large d’activités dont les autochtones n’imaginent peut-être pas le côté exceptionnel.
Elles n’hésitent pas à aider, dans la mesure de leurs capacités et de leur sens de l’orientation, d’autres provinciaux égarés à trouver leur chemin.
Elles disent qu’elles adorent Paris, mais n’envisageraient pas même une seconde d’y vivre.
Elles aiment se perdre dans les rues à la lueur des réverbères en refaisant le monde, et arriver malgré tout à retrouver leur hôtel, même au petit matin.
Et pour ces deux là, ce week-end précis, elles savent apprécier la douceur d’un soir en terrasse à Beaubourg, une pièce aussi intime qu’hilarante* et un restaurant aussi inattendu qu’expérimental**.
Elles découvrent avec admiration les grands classiques du Louvre, puis une exposition surprenante et qui submerge d’émotions***.
Elles rencontrent des blogueurs au grand cœur****, voient l’Opéra, Notre Dame, l’Ile Saint-Louis, Pigalle, Luxembourg, Montmartre, le marathon de Paris et tant d’autres!
Elles rentrent chez elles trop vite, épuisées mais des images plein les yeux et des sourires plein le cœur.
Paris, tu paries, Paris, que je te quitte?
Mais que je reviendrai un jour y rejouer la provinciale, ça c’est sûr, et avec plaisir.
* « Quand je serai grande j’aurai des chaussures rouges », pièce tendre, émouvante et drôle aux Blancs Manteaux, avec Valentine et Sandrine, comédiennes au bagout et au dynamisme sans faille : une soirée fous-rires à ne pas rater !
* « Quand je serai grande j’aurai des chaussures rouges », pièce tendre, émouvante et drôle aux Blancs Manteaux, avec Valentine et Sandrine, comédiennes au bagout et au dynamisme sans faille : une soirée fous-rires à ne pas rater !
** « Dans le noir ?», ou comment manger un menu surprise (ou boire un verre) dans l’obscurité totale, avec l’aide de guides non-voyants d’une grande compréhension : expérience sensorielle aussi étonnante que déstabilisante.
*** « Sorbonne Plage », à la bibliothèque Nationale de France, jusqu’au 18 mai, manuscrits originaux, photographies, dessins, films et enregistrements d'époque : correspondances, idéaux, et liens de 4 prix Nobel engagés
**** Mme de Keravel (et Monsieur, bien sûr, quel accueil!), Pepina (et junior, adorable) et Titouns (en coup de vent, à regrets)
