about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

28 avril 2006

Camping des flots bleus

Alors même que le film "Camping", avec Franck Dubosc –quelle coïncidence!(cf mon article "Pour toi Franck Dubosc")– sort sur nos écrans, je suis à la recherche désespérée d’une location de vacances (comprendre : mobilhome) pour ma petite famille cet été.
Mais évidemment s’y prendre fin avril pour la légendaire semaine du 15 août ça complique tout de suite les choses…
Toute ma vie je suis partie en vacances en camping, et après des essais infructueux en appartement et à l’hôtel, je renouvelle plus que jamais ma fidélité à ce type de vacances conviviales.
Ce sont de merveilleux souvenirs de moments passés avec ma famille, cette tant attendue semaine de vie commune permanente, sans les soucis du quotidien, déconnectés de la réalité et de la notion même du temps.
Ah, les préparatifs : La liste pour ne rien oublier des crèmes solaires ou des paillasses, l’itinéraire que mes sœurs et moi nous appliquions à refaire chaque année pour aller au même endroit, au cas où certaines villes auraient décidé de migrer entre temps…
Ensuite, le départ : un incroyable périple d’au moins 900 km et 12 heures, souvent effectué en 2 fois, avec coupure dodo intermédiaire, toujours sur la même aire de repos évidemment, à proximité de laquelle j’habite d’ailleurs désormais, ironie du sort.
Bref, voilà le tableau : 3 filles et leurs parents dans une voiture pas super grande, pas super puissante et sans autoradio, bien avant l’invention de la clim, tractant une caravane contre vents et marées, et ce jamais Ô grand jamais par l’autoroute : « les nationales c’est bien plus typique », c’est certain, mais aussi énoooooormément plus long quand on rêve de plonger dans la grande bleue !
Enfin une fois sur place, ce sont mille petits plaisirs simples que nous redécouvrons : savourer les repas cuits au camping gaz et accompagnés de chips bien grasses, traîner en maillot de bain du matin au soir, faire la queue après la plage pour prendre sa douche, en profiter pour sympathiser avec les parigos de l’emplacement A146, aller chercher des pains de glace à la superette et les rapporter à moitié fondus, prendre sans honte son rouleau de papier toilette pour aller aux sanitaires, sa bassine de vaisselle ou de linge sale pour la laver aux bacs collectifs à l’ancienne…
Pour les adultes, se faire une pétanque avec des inconnus sous un soleil de plomb, et poursuivre avec eux à l’apéro jusqu’au petit matin.
Pour les ados, faire la bamboula dans les soirées à thème du camping sans surveillance parentale et ébaucher une certaine indépendance par l’installation d’une tente canadienne à côté de la caravane familiale.
Et pour les enfants, le rêve, la liberté de vivre dehors toute la journée, de courir, sauter, danser et chanter sans que les voisins s’en plaignent.
Ce sont à tous les âges des liens qui se créent bien plus facilement que dans la « vraie vie ».
On met de côté certains codes-perte-de-temps-précieux, les esprits s’ouvrent et les CSP (Catégories Socio Professionnelles) s’effacent.
De signes extérieurs il ne reste plus que la marque du véhicule sur l’emplacement et une semaine de vie simple au confort réduit rend une certaine humilité aux plus blasés.
Ah, le camping, quand on y a goûté on ne peut plus s’en passer, et quoi qu’il arrive je vais trouver une solution pour nous créer encore cette année de beaux souvenirs…
Méditerranée nous voilà !
Et que le soleil soit au rendez-vous, car « Camping par temps bleu, Camping délicieux ! » ;-)

19 avril 2006

Ma philosophie

Il y a un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la Religion, avec un grand R, pas une en particulier.
Thème évidemment difficile et risqué à aborder sur la Toile, mais je précise d’ores et déjà que ce qui va suivre n’est que le fruit de ma réflexion personnelle, et qu’en aucun cas je ne remets en cause les convictions de chacun.
Très tôt je me suis posée des questions, après une éducation chrétienne traditionnelle ponctuée de catéchisme, de 2 communions, d’un court séjour au couvent et de l’appréhension d’un prêtre psychorigide.
J’ai aussi posé ces questions, qui sont restées sans réponse ou dont la réponse unique et immuable me laissait sur ma faim.
J’ai toujours eu du mal avec les postulats, surtout lorsqu’ils basculent dans l’invraisemblance.
J’ai donc effectué quelques recherches à mes heures perdues et tenté d’aborder sans a priori les religions « phares » de notre société.
Mes 2 conclusions principales sont les suivantes : tout d’abord il existe un abîme entre les textes référents et leurs interprétations puis applications au travers des rites et principes de vies des croyants et autres disciples.
Et d’autre part les religions en question possèdent une étrange proximité sur les thèmes primordiaux, avec pour objectif commun une croyance qui apaise les esprits, une vision positive de l’après vie, une foi en l’être humain, en l’Amour et en la Paix.
Qu’en avons-nous fait ?
Sans parler de l’extrémisme et des innombrables guerres suscitées par les erreurs d’interprétation humaines, les religions ont servi de prétextes aux pires atrocités, à des vengeances ou enrichissements personnels, soit exactement l’inverse de leur but originel.
L’essentiel en fait n’est-il pas de croire, juste croire ?
L’existence serait-elle supportable sans la foi, ne serait-ce qu’en soi ?
D’avantage qu’une représentation ou une histoire personnelle à rebondissements, Dieu, ou peu importe le nom qu’on lui donne, est une idée, un principe universel, le facteur invisible de cohésion possible entre les hommes.
Supposons une minute que Dieu est en chacun de nous, que chaque être humain est une partie du puzzle de la création, qui se fait et se défait à l’infini, au rythme des naissances et décès.
Le sentiment d’appartenance à un tout pourrait en lui-même donner un sens à la vie, faire que l’on respecte l’autre en tant que partie de ce tout, en ayant conscience que si l’équilibre est rompu sur l’un des maillons, c’est toute la chaîne qui s’en ressentira.
Ce que l’on pourrait appeler intérêt général, ou conscience collective, qui selon ce principe primerait sur les actes égoïstes.
Nous prendrions soin les uns des autres, ainsi que de notre lieu de passage.
S’il y avait une foi en l’avenir, détruirions-nous ainsi les ressources qui manqueront aux générations futures ?
Monde idéal, n’est-ce pas ? Certains vouent pourtant leur vie à cet espoir.
Les sociétés appelées « primitives », bien que souvent déjà hiérarchisées, agissaient dans l’intérêt du groupe et de sa survie. Il en est de même avec les animaux et la perpétuation de l’espèce.
Désormais la course à l’évolution a aiguisé les individualités, la société de consommation a accentué l’avidité, et peu importent les moyens ou au détriment de qui ou de quoi.
Le paroxysme de cet état de fait me semble être la réponse à la « crise de la foi » par la création opportuniste de nouvelles pseudo-religions.
Ainsi, sur les théories avancées plus haut et avec un soupçon de charisme et de théâtralisation je pourrais vous inciter à me rejoindre, abandonner tous vos biens, vos amis, vos familles, entrer en méditation passive à but constructif, prendre des cours intensifs de réfection de l’âme et tirer des plans sur la comète en pensant que notre élite sauvera l’humanité rien que par le pouvoir de la pensée positive.
En admettant l’hypothèse peu probable que je vous laisse encore le droit de réfléchir, vous découvririez logiquement tôt ou tard qu’il n’y a pas de remède miracle aux faiblesses humaines et n’aspireriez qu’à retourner chez vous, reprendre votre travail, vous inscrire comme bénévole à temps partiel dans une association et trier vos déchets.
Un petit pas pour l’homme…

07 avril 2006

Dommages collatéraux

Bilan après 2 mois d’arrêt du tabac :
- Je suis encore vivante, alors qu’après toutes ces années de dépendance je n’étais pas certaine de survivre sans cigarette.
- Je suis encore vivante bis, alors qu’il n’était pas gagné que mon entourage me supporte en état de sevrage (déjà en temps normal…).
- Il n’y a pas de porté disparu dans ma famille, merci aux exercices de respiration active.
- +4 kg, ça c’était prévisible, et même pas (que) par gourmandise, non.
J’ai réellement faim en permanence, de grosses fringales qui ne sont apaisées que par des aliments très sucrés à absorption hypercalorique immédiate ( gâteaux, bonbons et en général n’importe quoi tartiné de Miamtella [je ne publierai le nom de la vraie marque qu’en échange d’un approvisionnement gratuit à l’année, je suis en pleines négociations]).
- Je n’ai pas (encore) été licenciée pour tentative de meurtre sur supérieur hiérarchique direct, et Dieu sait que l’idée n’a pas fait que m’effleurer ces derniers temps.
- Je fais des rêves récurrents de nourriture, même en pleine journée, où je suis fréquemment poursuivie par une armée de yaourts à 0% alors que je tente d’atteindre la mer de Miamtella et sa plage de smurties. Je saute vite dans une barquette à la fraise et vogue contre vents et marées jusqu’à l’île de Pâques (pas la vraie, celle faite d’œufs et lapins en chocolat bien sûr).
- Je trouve que les gens qui fument puent, et j’ai même dit à monsieur CarrieB cette semaine qu’il sentait le vieux pneu (?!), d’ailleurs je suis étonnée à chaque fois que je le vois avec une cigarette à la main, comme si elle était devenue l’accessoire intrus qui ne colle plus à personne : elle est devenue has-been dans notre ère de la bio-zen attitude, hein dis ?
- Je continue à me mettre dans la partie « fumeur » au restaurant, ce que je peux expliquer par 3 raisons : 1/ on a ses petites habitudes, les personnes du coin fumeur me sont familiers ; 2/ cela représente un test permanent par l’exposition directe à la fumée ; 3/ il faut avouer qu’il y a souvent moins d‘enfants en zone fumeurs.
Quoi qu’est-ce de cette dernière raison ignoble venant d’une mère de famille ? Ben oui, quand je suis seule j’aime en profiter pour manger tranquillement, sans qu’on crie dans mes oreilles ou qu’on joue au kangourou autour de ma chaise, j’ai ma dose à la maison merci.
- En soirée j’ai une tendance inconsciente à doubler ma consommation d’alcool. Une amie m’avait dit « j’ai arrêté de fumer, mais qu’est-ce que je picole ! » et je n’avais pas compris le rapport. La contenance fournie par la cigarette est remplacée par le verre que l’on ne quitte pas de la soirée et qu’on nous remplit fatalement dès qu’on l’a porté à sa bouche de peur qu’on meure de soif.
- Je n’ai aucune envie de refumer : étrange, surtout après un traitement pas vraiment pris dans les règles et écourté. Je ne pensais pas que ça serait si facile et ça en devient suspect : je me prépare au pire, à ce jour où inévitablement je me réveillerai avec une sensation de manque terrible et serai prête à tout pour en griller une.
- Je ne constate pas de changement notable sur ma santé, sens juste un peu mieux le goût des aliments, ce qui m’incite évidemment à en consommer plus qu’avant, ben voyons…
- Je ne vois pas non plus d’augmentation sensible de mon pouvoir d’achat : mais où est donc passé l’argent de mes cartouches de clopes ?

Bilan Général : Plutôt positif dans l’ensemble, le principal bémol étant le chemin de l’obésité que je suis en train de prendre allègrement et en sifflotant, tel le petit chaperon rouge remplissant son panier de kilos de graisse au gré de ses envies.

Conclusions : Prise en main urgente à prévoir avant grosse déprime pré-estivale annoncée.

Moyens à mettre en œuvre :
- Inscription dans la salle de sport la plus proche, avec programme personnalisé et promesse d’assiduité écrite,
- Barricadage du placard à douceurs avec des bouteilles d’eau minérales et des corbeilles de fruits,
- Placardage de photos de mannequins anorexiques sur mon frigo,
- Achat du maillot de bain de mes rêves en taille 36,
- Utilisation abusive de substituts de repas « savoureux » (=imbuvables) et autres pilules coupe-faim placebo,
- Badigeonnage appliqué et régulier de ma super cure magique miracle Minceur 14 jours sur les « rondeurs disgracieuses » (zone allant des chevilles au cou),
- Achat d’un vélo pour le retour des beaux jours. Se dire qu’il est un instrument de torture mais aussi un moyen de s’évader et d’être au calme,
- Achat d’un appareil pas trop encombrant pour faire des abdos à la maison sans me tuer le dos. Penser à sa reconversion en porte-manteau d’appoint.

A retenir : Arrêter de fumer coûte une fortune en dommages collatéraux !

01 avril 2006

Le pouvoir des fleurs

Avertissement : "ceci est un article déprimant, déconseillé aux personnes en manque de bonne humeur"
Nous sommes un samedi matin, il est 10h30 et j'écris cet article de mon lit... comment ça je suis encore au lit avec des enfants en bas âge et alors que je n'ai même pas fait la fête hier soir??
Ca veut juste dire que ma période noire est arrivée, celle que je redoute tant tous les ans à la même époque depuis pas moins de 25 longues années.
A chaque fois je me dis que ça va peut-être être différent, qu'un miracle va se produire, et j'y ai d'autant plus cru pendant mes grossesses puisqu'on m'avait dit que cela pouvait tout stopper.
Ca n'a malheureusement jamais été le cas. Quand on joue à la loterie on y croit jusqu'au tirage...
"Le printemps est arrivé, la belle saison" : alors que la plupart des gens s'en réjouissent, je commence déjà à regretter les frimas de l'hiver.
Non que je n'apprécie pas la douceur du climat, les soirées qui s'allongent et les tenues qui racourcissent...
Ca a commencé il y a 4 jours, comme toujours sans crier gare : j'ai éternué une fois et ne me suis jamais vraiment arrêtée depuis.
Ensuite j'ai vu les acacias et la robe blanche des cerisiers le long de la route.
Je crains toujours plus les premiers jours d'atteinte, car ils sont en général les plus violents.
Hier soir je n'arrivais plus du tout à respirer par le nez, sans arriver à le faire cesser de couler pour autant.
C'est là que commence ma vie avec un mouchoir.
Ma difficulté à respirer me pousse à prendre de grandes bouffées d'air par la bouche, ce qui à la longue et au pire entraîne une toux persistante, une crise d'asthme et/ou de spasmophilie et une visite aux urgences. Hier soir on l'a évité de justesse.
Mais ce matin je suis allongée sur mon lit, et en bonus track de mes difficultés respiratoires c'est Saturday Night Fever dans mon crâne, sur joyeux fond de cris de mes enfants qui, je l'espère vraiment soit dit en passant, n'auront pas hérité du gène concerné.
Je sais que la prochaine étape symptômatique sera le gonflement et l'irritation des yeux, c'est tellement prévisible, seule l'échéance est inconnue.
Alors là, dans mon lit, je me dis que la vie est bien ironique et que ce sont les choses les plus agréables qui peuvent nous faire le plus de mal : voitures de sport, soleil, alcool, cigarettes, Amour, top-models et fleurs, entre autres.
Ca y est, j'ai prononcé le nom de l'agresseur qui me gâche les 6 plus beaux mois de l'année (non, pas les top-models, les fleurs).
Enfin plus exactement les pollens en tous genres, dont j'ai justement mis la photo d'un spécimen en introduction : digne des pires cauchemars, n'est ce pas?
A chaque fois qu'un homme a voulu m'offrir des fleurs, il a fallu que je les lui rende poliment, les prés en fleurs, jardins ou autres roseraies ne sont pas pour moi et je voue une haine sincère aux champs de colza.
Je dois également anticiper chaque éternuement dans les gestes de la vie quotidienne, et particulièrement au volant (vive la direction assistée) ou avec une casserole bouillante dans la main. Il faudrait que j'évite d'étendre mon linge dehors, que je me lave les cheveux dès que je rentre chez moi, que je n'aère pas ma chambre et que j'évite de sortir de manière générale.
J'ai naturellement conscience que cela n'est rien, comparé à ceux qui souffrent au quotidien à tout un tas de maladies plus moches les unes que les autres.
Chacun de nous porte un fardeau, physique, génétique, acquis ou psychologique.
Cet article est dédié à tous ceux et celles qui portent le même que moi, cette "pollution verte", soit 15 à 25% de la population tout de même. Antihistaminiques, nous voilà!