Ce dimanche 25 mai est bien sûr celui de la fête de toutes les mamans, mais j’en ai déjà parlé par le passé suffisamment ici et là, et puis là aussi.Ce qu’on sait moins, c’est que cette date correspond aussi au pire cauchemar de chaque mère, de chaque parent : la disparition d’un enfant.
Aujourd’hui a lieu pour la 6ème année consécutive en France (la 25ème pour les USA) la Journée Mondiale des enfants disparus, dont le nombre s’élève ici encore chaque année à environ 40 000, qui pourraient être les vôtres, ou les miens.
Parmi eux, une grande partie de fugueurs, ou plutôt de fugueuses, puisque les filles sont plus nombreuses à oser quitter le domicile parental sur un coup de tête, et de plus en plus d’enlèvements parentaux, exponentiels à l’augmentation des séparations et divorces, et contre lesquels il est difficile d’agir, à plus forte raison lorsque le parent kidnappeur se cache à l’étranger.
La plupart des ces 40 000 mineurs sont heureusement retrouvés dans l’année, sachant que les 48 premières heures sont toujours décisives en cas d’enlèvement, et qu’en cas de fugue l’échéance du mois semble être souvent concluante.
Mais environ 2%, seulement et tellement à la fois, constituent les enlèvements criminels.
Seulement parce que le pourcentage faible semble une proportion "acceptable" pour un statisticien, tellement parce qu’aucune de ces histoires individuelles ne peut laisser insensible.
Face à ce drame, les familles concernées se sentent souvent abandonnées, obligées de se conformer aux recherches habituelles menées par la gendarmerie, démunies face à l’inconnu et anéanties, par l’inquiétude et la douleur, même si de plus en plus d’associations sont présentes à leurs côtés.
Dans tous les témoignages de parents, ce qui revient inlassablement comme le pire à surmonter est l’incertitude, même de nombreuses années après la disparition.
Comment faire le deuil contre nature d’un enfant quand l’espoir est intact, faute de corps, entretenu par de fausses alertes et l’absence de nouvelles, et quand on n’a aucun lieu où se recueillir, où pleurer une réalité officiellement constatée ?
En tant que mère, c’est sans aucun doute la pire chose qui pourrait m’arriver, et, tout en compatissant sincèrement avec les familles concernées, je n’ose imaginer dans quel désarroi une telle situation peut les placer, et je sais bien que personne n’est préparé à ce genre d’épreuve, que personne ne veut s’y préparer, à juste titre.
Sans doute n’y a-t-il pas plus de disparitions que par le passé, sans doute en entend-on davantage parler avec l’expansion des médias et la surexposition des « affaires », mais le risque est là, omniprésent, de l’école au supermarché, du quartier à la fête du village.
Sans devenir paranoïaque ou terroriser les enfants, la meilleure action de prévention reste la communication et la confiance, la liberté dans un cadre bien défini, et l’information des attitudes à avoir en cas de doute, plus que l’explication précise des dangers encourus.
J’en ai pour ma part parlé très simplement à ma fille dès qu’elle a été en âge de comprendre qu’il ne fallait pas répondre aux inconnus, quand l’occasion s’en est présentée, et continue à communiquer sur le sujet au fil de ses interrogations et de sa croissance.
Beaucoup de mamans dans mon entourage n’ont jamais abordé le sujet et pensent à tort traumatiser leur progéniture en évoquant une éventualité qui reste marginale.
Je pense personnellement que c’est dans tous les cas une bonne entrée en matière au monde tel qu’il est, fait certes de rose, mais aussi de nuances de gris et de noir, un monde imparfait à la mesure d’humains non exempts de failles.
Dans mes recherches pour cet article, j’ai découvert plusieurs outils simples et faciles d’accès aux plus jeunes, supports à une discussion mère/enfant par exemple, propice en ce jour spécial de fête des mères, mais aussi de mobilisation des pouvoirs publics et du grand public sur la problématique des disparitions d’enfants.
Il y a notamment le « marque-page de sécurité », avec les 7 conseils élémentaires de prudence et de sécurité de l’enfant, ou encore la mini-bande dessinée « Et toi, tu fais quoi ? », ou comment il peut faire face aux situations imprévues, disponibles l’un et l’autre gracieusement sur simple demande par mail à l’APEV (Aide aux Parents d’Enfants Victimes).
Pour éviter un jour d’être dans les 2% qui font mal, et parce que quand on peut prévenir, c’est faiblesse d’attendre (dixit Jean de Rotrou), parlons-en, parlons leur.