about thirty

Je viens de passer le cap de la trentaine : avide de vie, je compte bien la remplir d'expériences novatrices hétéroclites, des plaisirs simples de la vie aux expériences plus surprenantes. Je compte bien livrer mes impressions sur cette tranche de moi, dans une succession d'articles tantôt graves, tantôt légers, selon l'humeur du moment...

29 août 2006

Plaisir solitaire

Je l’ai eu à Noël.
Drôle d’idée pour un cadeau, mais après tout pourquoi pas ?
Ca se fait d’en avoir de nos jours, nous sommes des femmes libérées et il faut vivre avec son temps.
Maintenant qu’on peut le faire toutes seules à la maison tranquillement, pourquoi s’en priver ?
Ca faisait longtemps que j’en voulais un, mais je n’avais jamais osé franchir le pas, et puis le choix était si vaste que j’aurais eu du mal à décider si je l’avais acheté moi-même.
Des petits, des plus larges, des spécialisés, des blancs ou de couleur, des avec lubrifiant, j’en passe et des meilleurs…
J’écoutais mes amies me parler du leur et ça me faisait réellement envie, surtout quand je voyais le résultat et le sourire qu’elles affichaient.
Le prix était aussi déterminant parce que pour en avoir un avec un maximum de fonctions il fallait mettre la main au portefeuille et je culpabilisais un peu de dépenser une telle somme pour cet objet intime plus que superflu.
D’autant qu’il ne peut profiter qu’à moi, ce n’est pas le genre de choses qu’on prête, même à sa meilleure amie !
J’en voulais un pas trop bruyant, histoire que le bruit des vibrations ne réveille pas mes enfants : En effet, pas d’autre alternative que de l’utiliser pendant leur sieste, je me voyais mal faire ça devant eux !
La taille avait aussi toute son importance, puisqu’il fallait que je puisse l’emmener partout, en vacances tant qu’en week-end, mais qu’il soit tout de même suffisamment gros pour faire un travail de qualité.
Il fallait aussi qu’il ne me fasse pas mal, fait difficile à juger avant d’essayer, et comme nous sommes toutes faites différemment je pouvais mal compter sur les impressions de mes amies pour me faire une idée personnelle.
Et puis je suis allée voir sur Internet, comparer les modèles et le rapport qualité/prix, quand j’ai eu le coup de cœur pour le mien.
Ce qui a fait la différence ce sont les différents accessoires qui le rendent vraiment unique et qui s’adaptent à mes envies; il y avait même un embout supplémentaire pour une amie !!!
C’est celui-ci qu’il me fallait, et pas un autre.
Depuis que je l’ai, je ne le regrette pas et ne pourrais plus m’en passer : on s’habitue vite à ces petits plus qui nous rendent la vie plus agréable.
J’essaie de ne pas en abuser, deux à quatre fois par mois en moyenne suffisent pour me satisfaire.
En tous cas, je conseille à toutes d’investir, c’est le bonheur un épilateur !

Merci au coup de pouce d’inspiration de Yojik et de son post intitulé « Deux appareils à vibration pour l’hygiène corporelle » !

24 août 2006

7ème ciel, nouveau trou et chevauchée fantastique

Programme de vacances alléchant, n’est-il pas ?
Pour ce qui est du ciel, hormis ma vie très privée que je ne vous raconterai pas ici, c’est un inconnu qui m’y a fait grimper de manière tout à fait originale il y a quelques jours.
Il était brun, il était beau, il sentait bon le sable chaud…mon moniteur.
Son accent du soleil ne gâchait rien au personnage et force est de constater qu’il était d’un charme qui n’avait d’égal que sa gentillesse : je ne pouvais rêver meilleur partenaire pour cette nouvelle expérience.
Même que s’ils mettaient sa photo en accroche sur des affiches, l’ULM (ben oui, vous pensiez à quoi ?) deviendrait vite le sport le plus branché du public féminin, je ne vous dis que ça (pour celles qui veulent les coordonnées du club, on peut voir ça en coulisses).
Bref, je m’égare, encore une belle sensation de liberté, avec pour point fort le décollage, et l’illusion de confort par rapport au parapente d’être à moitié dans le vide, à moitié carlinguée.
Le bruit du moteur nous obligeait à hurler pour communiquer mais j’étais si intimidée (par le beau jeune homme autant que par le vieux doute de la chute possible) que je n’arrivais à dire, pardon crier, que des banalités du style : «Ah, il est drôlement grand cet étang» (pas la mer, mais l’étang de Thau), tandis que lui, très professionnel, me racontait avec passion son littoral et m’expliquait le fonctionnement de l’engin.
J’ai pris des tas de photos, nous avons survolé les terres, les étangs, les campings, puis la mer, de loin la plus jolie vue, pendant 45 minutes d’extase au lieu des 30 prévues : quand on aime on ne compte pas !
Aucun lien avec mon nouveau trou, je vous rassure.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, je ne suis pas une grande adepte du piercing.
Non que ça ne me plaise pas chez les autres, bien au contraire, mais je ne l’envisageais pas outre mesure sur mon corps à moi, déjà orné de deux tatouages vieux d’une dizaine d’années.
Et puis il y avait cette petite boutique sur le port, qui proposait la pose de strass dentaires.
Rien à voir, me direz-vous, mais vous vous trompez.
J’y suis entrée pour aller me renseigner sur cette fameuse pose de brillant indolore et en suis ressortie avec un piercing dans le nez…
Allez comprendre ce qui m’est passé par l’esprit entre les deux démarches !
Toujours est-il que je me retrouve avec cette énorme prothèse sur le nez, au terme d’un perçage en arrière boutique que je qualifierais d'artisanal, et dont je pourrais comparer les sensations à celles d’une bonne droite dans le nez d’un pas-gentil-qui-cogne.
Ou d’un coup de sabot d’un cheval contrarié (Carrie maître ès-transitions).
Et contrarié, visiblement il l’était, mon cheval, avant que l’on ne parte en balade pour une petite heure dans la garrigue.
Sollicités à l’extrême, toute la journée et toute la semaine, les chevaux de ce ranch, le soir venu, tentent de vaines rebellions.
Après l’avoir rassuré sur mes intentions tout à fait honnêtes, je l’enfourchais pour une chevauchée entre mûriers et figuiers sauvages.
Tandis que les autres montures allaient au pas, la mienne ne voyait que par le trot, alors soit.
Comme je demandais à l’accompagnateur (très mignon lui aussi, à croire qu’ils sélectionnent sur le physique pour les vacances) comment épargner un tant soit peu mon arrière-train de la frénésie de mon cheval, il s’est approché de moi et, sur le ton de la confidence, m’a dit ceci :
«Quand tu montes un cheval, c’est comme quand tu fais l’amour : ton bassin doit suivre parfaitement le mouvement de ton partenaire pour que ce soit plus agréable».
C’est à ce moment là que je lui ai demandé le sexe de mon partenaire du moment : tant qu’à faire comme si, autant que ce soit avec un spécimen masculin, chacune son truc.
«Oui oui, c’est un mâle, il s’appelle Panaché» : ça ne s’invente pas, étant donné mon faible pour la limonade…

21 août 2006

Premier baiser

L’été et les vacances sont une période propice aux premières fois, c’est bien connu.
L’esprit est détendu, l’école est finie, les journées s’allongent et les ados se voient offrir un semblant de liberté (j’en ai parlé aussi ), et même parfois quelques soirées entières sans leurs parents.
J’observe donc autour de moi, à la plage, sur le port ou au bal du camping, les premiers émois des garçons acnéiques et des filles hystériques.
Ces petits regards en coin, envoi du copain/de la copine en repérage (ça ne se démode pas), premiers pas maladroits, puis échange de numéros de portable et de SMS plus directs.
Jusqu’au moment crucial où l’un des deux se jette à l’eau au risque du fameux râteau pour tenter LE baiser.
Au détour d’une vague, derrière un muret ou enlacés sur ce qui ressemble encore à un slow, ce sera LE premier baiser de toute une vie, qui sera suivi de bien d’autres encore, tous différents, tous particuliers.
Malgré l’apparente décontraction des djeun’s à ce sujet (oui je sais, je suis pas si vieille mais bon, je m’entraîne), je me suis laissée dire pour y être passée que cette première incartade dans la vie intime d’autrui avait une importance non négligeable.
LE premier baiser, MON premier baiser ?
Pour ne pas avoir été spécialement informée de ce qu’il fallait faire et du risque d’avoir des enfants suite à cette communion buccale ou non, j’appréhendais pas mal ce moment.
Je l’avais imaginé pourtant, avec un garçon pour lequel j’aurais des sentiments et réciproquement : au terme d’une balade main dans la main nous nous quitterions jusqu’au lendemain sur ce baiser doux et tendre, chaud et léger, comme une promesse de nos bouches entremêlées de saisir quelque chose de l’autre rien que pour soi.
Il en a été tout autrement dans les faits.
J’avais 12 ans ½ (à cet âge ça compte), c’était un jour de premières fois : première journée chez celle qui restera ma meilleure amie d’adolescence, premier tampon pour aller à la piscine, et première « vraie » rencontre.
A la ville, j’étais une jeune fille studieuse, trop grande pour son âge, pas à la mode (ou à la mienne), assez maladroite (tout ça n’a pas beaucoup changé depuis !), portant des lunettes et de longs cheveux la plupart du temps sagement nattés.
A la piscine le vilain grand canard devenait cygne, jeune fille aux formes prometteuses, aux yeux bleus et à la chevelure de sirène.
Petit aparté : mes cheveux n’ont jamais été coupés d’un centimètre jusque l’âge de 15 ans, d’où leur longueur impressionnante et d’où ma décision de porter une coupe courte à l’âge adulte.
Bref, mon amie et moi nagions en discutant, ou plutôt l’inverse, tradition féminine s’il en est, la piscine n’étant souvent qu’un endroit de plus où l’on cause, et les longueurs n’étant envisageables que si l’on vient seule, en désespoir de cause.
Un groupe de garçons s’amusait à frimer non loin de là, avec force concours de plongeons acrobatiques et simulations de combats aquatiques.
L’un d’entre eux me regardait d’une manière insistante, et finit par venir me voir, pendant qu’un de ses acolytes faisait de même avec mon amie.
Elle avait un an de plus que moi (elle a toujours d’ailleurs) et avait déjà embrassé un garçon, elle.
Mon prétendant et moi avons fait quelque peu connaissance.
Il s’appelait Thierry, avait 17 ans et travaillait déjà. Même qu’il avait une super mobylette.
Nous avons joué au chat et à la souris, et de petites allusions en judicieux compliments, je pensais que nous passerions à l’acte en partant de la piscine, devant si possible (ben oui, avec des témoins c’est mieux pour la première fois).
Je m’en suis donc retournée aux vestiaires, prendre une douche puis chercher mes affaires.
Lorsque je suis entrée dans une cabine pour me changer (j’étais très pudique, quoi «ça a bien changé alors» ?), quelqu’un a retenu la porte et s’est glissé dedans en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
Et c’est là, dans cette cabine, que j’ai découvert le baiser mouillé à rallonge et quelques caresses égarées.
Cette histoire a été sans suite, puisqu’il découvrit mon apparence au quotidien, mon jeune âge, et moi sa mauvaise réputation, ses fréquentations douteuses et son casier judiciaire.
Ce baiser fut suivi de bien d’autres, tous différents, tous particuliers, mais je m’en souviens comme si c’était hier.
Qu'en est-il du vôtre?

20 août 2006

Monologue de la maman X

Bon, 15h30, la sieste des enfants est finie.
C’est parti pour la plage !
Enfin, c’est parti : avant il faut quand même préparer deux-trois petites choses…
Par quoi on commence ?
Les maillots de bain, oui, évidemment : il faut les enfiler avant d’y aller, comme ça c’est fait.
Ah, mais avant de mettre les maillots, un passage aux toilettes pour ne pas avoir à faire face au « mamaaaaan, j’ai fait PIPI DANS L’EAUUUU » de l’autre jour.
Ensuite, un short et un T-Shirt par dessus la couche de bain pour le petit, une robe pour la grande, quelque chose qui va vite à enlever.
Les casquettes, les lunettes de soleil et les sandales, indispensables.
Ne pas oublier un slip et une couche de rechange pour le retour.
Ca y est, vestimentairement, c’est bon.
Deux grandes serviettes pour poser sur le sable, et deux autres pour l’essuyage, ça devrait aller.
Sauf que ça prend plein de place.
Qu’est-ce que je vais en faire ?
Un grand sac plastique, comme ça même mouillées je pourrai les ranger après, bonne idée.
Ah, et le parasol, encombrant mais pas superflu à condition qu’il n’y ait pas trop de vent, son ennemi juré.
Un coup d’œil dehors…non, une légère brise, ça marche.
Un sac isotherme, dans lequel je vais mettre un paquet de mouchoirs (ça sert toujours), des lingettes (idem), la crème solaire que j’appliquerai sur place, des compotes à boire et des brioches pour le goûter, et une grosse bouteille d’eau parce que s’hydrater souvent c’est important.
Un peu de monnaie au cas où l’envie d’un beignet me prenne irrésistiblement, l’appareil photo pour immortaliser les plus beaux moments, et un peu de lecture au cas où.
Il y a aussi les grandes épuisettes pour aller pêcher dans les rochers, qu’on va mettre avec le parasol dans une main.
Oh mon Dieu, j’allais oublier les jouets de plage !
Alors, seaux, pelles, râteaux, emporte-pièces, et tout ce qui me tombe sous la main en double, même si je sais que fatalement ils se battront pour avoir la pelle verte, alors que la rouge est très jolie aussi.
Bon, 16h30, on n’est toujours pas partis et c’est l’heure du goûter.
On retourne aux toilettes parce qu’entre temps on a bu quand même, et je donnerai le goûter en route pour gagner du temps.
Après tout, la plage n’est qu’à 300 mètres à pied.
La poussette est chargée, les bras aussi, on peut sortir du camping.
17 heures : Arrivée à la plage en comptant un arrêt pour jeter un œil à une boutique de jeux de plage et un autre pour l’achat de viennoiseries complémentaires au goûter.
Installation du campement et tentative de gestion de l’empressement des enfants à aller se baigner, habillés ou non.
Tartinage de crème solaire bleue sur la moindre parcelle visible de leur peau et diverses recommandations d’usage.
Une baignade, un château de sable et…il est déjà 18h30 !
Allez, on remballe tout parce qu’après il faudra encore rincer et étendre tout ça, donner les douches et préparer le repas.
Ah, les vacances…

11 août 2006

Leçon n°4 (et dernière) = Retour aux sources ou douche froide ?

« La nostalgie c’est une belle somme d’idéalisations qui part en miettes lorsqu’on veut s’y attarder »
CarrieB

Cette semaine était sensée être celle du retour aux sources.
Aux sources de quoi ?
De ma vie, mon enfance, ma famille, ma région, mes amis…
Commençons par les amis, si on enlève ceux qui étaient partis en vacances ou indisponibles, la liste est radicalement restreinte !
Disposant d’un peu plus de temps que lors de mes visites éclair habituelles, j’en profite pour rendre visite à une camarade de collège croisée il y a quelques années en boîte de nuit et avec qui nous échangeons de temps en temps par mail des nouvelles des petits derniers.
Rencontre assez insipide, et la discussion ne tournant qu’autour d’elle, de ses problèmes de déprime, d’amis qui ont lâché le navire, de fosse septique bouchée (si, si !), de fils ingérable et de deuxième grossesse accidentelle.
Après 15 ans ça n’est pas forcément ce à quoi on peut s’attendre !
Elle me donne aussi des nouvelles de gens dont je ne me rappelle plus, avec force « mais si, la blonde avec l’appareil dentaire en 6ème6 ! », « tu sais, le brun boutonneux qu’on charriait en classe de neige en 5ème2 ! ».
C’est une grande habituée et accro des sites de recherche de camarades de classe, méthode testée et non approuvée par moi (cf. cet ancien post).
Son fils manque à plusieurs reprises de tuer mes enfants, utilisant aussi bien la technique de l’étranglement à mains nues que celle, plus radicale, de la poignée de pics à barbecue.
Après avoir désarmé de justesse le petit monstre je suggère gentiment à sa maman de nous offrir un petit verre d’eau et lui demande si je peu m’asseoir puisque visiblement j’étais sensée l’écouter sans intervenir, debout et la gorge sèche.
Je l’écoute patiemment avec un oeil sur les enfants et sens qu’elle a du mal à me laisser repartir quand le moment vient, maintenant qu’elle a quelqu’un qui veut bien l’écouter.
Et peu importe que je ne lui ai absolument pas parlé de ce que moi j’étais devenue.
J’en avais gardé une meilleure image dans le passé finalement.
Heureusement que ma meilleure amie ne m’a pas laissé tomber, elle !
Pour ce qui est de la famille, j’aurais dû savoir qu’un retour chez papa-maman seule, sans pare-feu, et de surcroît avec les enfants, était une idée stupide.
Déjà à l’époque ça ne marchait pas, alors avec l’expérience de l’indépendance et la distance…
Je ne rentrerai pas dans les détails pour des raisons évidentes de lecture de blog par des proches, mais il en est ressorti que de l’idéalisation naît inévitablement la déception.
En ce qui concerne ma région, enfin, plus précisément mon département, j’en ai redécouvert les plus désagréables côtés tout au long de la semaine.
J’avais oublié qu’au mois d’août il pouvait faire entre 10 et 15 °C la journée, pleuvoir des cordes pendant de longues heures, et le tout largement assaisonné de vent et de brouillard.
Quid des tenues légères emportées dans la valise, des baignades au bord des lacs, des sorties au parc ou des promenades à cheval ?
Au placard.
« Pourtant la semaine dernière, je t’assure… »
A la place, musées, balançoire lors des rares éclaircies (= plus de pluie, mais toujours froid) et magasins, parce qu’à l’abri des intempéries et pour acheter la tenue du jour, ce qui consiste à rhabiller mes enfants pour l’hiver, puisque c’est bien à cette saison que ressemble cette première semaine d’août ici!
Tous les éléments se sont réunis, ou plutôt se sont déchaînés contre moi en quelques jours.
A croire que le destin a voulu me faire comprendre que ce n’est pas en regardant en arrière que je construirai mon avenir et celui des miens !

10 août 2006

Leçon n°3 = Savoir penser à soi

Ce n’est pas parce qu’on est mère de famille qu’on doit se laisser aller, toute "femme moderne" vous le dira.
Nous restons femmes avant tout et ça nous fait plaisir qu’on nous le fasse remarquer de temps à autre.
Bien sûr, il y a le coiffeur, les moments qu’on s’accorde jalousement dans la salle de bain, un gommage par ci, un lait hydratant par là, mais le temps est compté et les occasions sont rares.
Ce jour-là, sortie événement entre filles : après-midi thermalisme (je rappelle à toutes fins utiles que la thalasso ne concerne que l’eau de mer et que le thermalisme utilise l’eau minérale issue de sources).
Nous commençons par une escale gustative à la fontaine multi-sources froides ou chaudes, aux propriétés variées.
Je bois un peu de tout, histoire d’être sûre d’être en bonne santé.
Ensuite à l’entrée du centre on nous annonce qu’il n’y aura pas de soins possibles parce que nous n'avons pas réservé et qu'ils sont overbookés, ah ben ça commence bien.
Nous devrons donc nous contenter du minimum, largement suffisant avouons-le pour une bonne après-midi de détente.
Tout d’abord séance fou-rire à l’essayage de bonnet de bain, obligatoire pour certaines activités : accessoire kitschissime s’il en est, à l’instar du caleçon long ou du cache-oreilles moumoute, il arrive à rendre laids et ridicules les plus beaux spécimens féminins (et à plus forte raison, les spécimens plus communs, en l’occurrence nous).
On en aurait presque oublié que j’ai toujours mon sac à main, bien que fin prête en maillot de bain-bonnet-peignoir-claquettes.
Une fois réparé ce petit oubli, descente dans les sous-sols de l’édifice romain, avec passage interminable dans un long couloir chauffé naturellement à plus de 40°C, direction les étuves et leurs 70°C.
Les douches froides pré et post transpiration, dans une petite pièce ronde, sont plongées dans l’obscurité, il faut y aller à tâtons (détail important pour la suite).
S’ensuit une halte dans la salle des céramiques chaudes, avant une autre bien méritée en salle de repos, cette salle au frais et aux transats alignés qui trouve toute son utilité, étant données la chaleur et l’humidité ambiantes.
Mais pas trop longtemps quand même, quand on n’a pas l’habitude de se détendre on s’ennuie vite.
La salle des trombes d’eau nous attend, et avec elle un nouveau fou-rire.
Des jets d’eau à forte pression jaillissent de toutes parts, et visiblement mon voisin de droite à dû se laisser surprendre : son, comment dirais-je, appendice, pend comme une âme en peine à l’extérieur de son slip de bain.
Peut-être alerté par nos rires d’une discrétion douteuse, il entreprend au bout d‘un long moment un rassemblement de son service 3 pièces au milieu du maillot, mais en vain : c’est désormais une des pièces latérales qui se fait la malle.
Nous migrons vers le jacuzzi en gloussant et en croisant les doigts pour que le monsieur en question n’ait pas la même idée, et poussons un soupir de soulagement en les voyant sortir de la salle, lui et son testicule en quête de liberté.
Plus tard je retourne à l’étuve romaine seule, pendant que mes amies vont s’extasier devant les moulures du plafond d’une autre salle de repos.
Je commence par la salle de douche, où je me crois seule et où j’aperçois au bout du compte, soulagée de n’avoir pas trop tâté et pris la première douche, qu’il y a un homme qui se rince tout près de moi, dans le plus simple appareil.
Même dans le noir, il y a des coupes de profil qui ne trompent pas.
Je ne m’attarde donc pas et retourne dans l’étuve, où le monsieur en question ne tarde pas à me rejoindre, avec une serviette de bain autour de la taille au lieu du traditionnel maillot de bain assis sur serviette.
C’est quand il commence à se frotter les jambes en les relevant et les écartant que je décide de rejoindre prématurément mes amies.
L’une d’entre elles (la plus zen, évidemment) a même réussi à s’endormir, alors pour les autres, ni une ni deux, échauffement à la salle de fitness en attendant le cours d’aquagym et le réveil de la belle au frais dormant.
Pas de tenue de sport à l’horizon, donc c’est en maillot de bain que nous faisons chauffer (ou griller, mais pas par l’effort) les machines de musculation, sous le regard intéressé, amusé ou choqué, c’est selon, des passants de la ville que seuls quelques mètres et une vitre séparent de nous (température extérieure : 15°C).
Cerise sur le gâteau, le cours d’aquagym, un peu beaucoup perturbé par nos soins, est une pure merveille de rires et le moniteur lui même en est tout déconcentré, même s’il est plus dur de faire les malignes au bout de quelques exercices, et qu’avouons le, ça le change un peu des sexagénaires qu’il a l’habitude d’entraîner.
Une douche, un détour par la boutique et il est déjà temps de partir.
Le temps passe encore plus vite quand on ne fait rien ou qu’on se fait plaisir tout simplement.
En parlant de plaisir, il se trouve que le hasard, qui fait parfois bien les choses, a mis sur notre chemin le meilleur chocolatier de la ville…après le réconfort, le réconfort!

09 août 2006

Leçon n°2 = L’amitié est la similitude des âmes

Le texte qui va suivre a été remis à ma meilleure amie pour ses 30 ans, que nous avons fêtés lors de mon séjour.
J’ai eu envie de le publier sur mon blog parce qu’elle fait partie de ma vie, et que j’ai la chance de l’avoir à mes côtés, malgré l’éloignement.

Nous nous sommes connues dans des circonstances improbables, improvisées sportives passives, toi par cet amour naissant et moi par cette mission chère à mon cœur.
Nous avons appris à nous connaître progressivement, comme ces amours au long cours qui se construisent avec le temps.
Nous nous sommes trouvé, si différentes et pourtant si proches, une poignée de points communs sans importance.
Nous avons passé de longues heures à parler, à nous confier, loin de tous, sur les sentiers de cette forêt.
Nous ne nous sommes jamais jugées, jamais fâchées.
Nous avons traversé les épreuves ensemble, l’une soutenant l’autre comme une béquille salvatrice.
Nous sommes sincères l’une envers l’autre, sans arrière-pensée ni faux-semblant.
Tu es l’unique rescapée de mes changements de route successifs.
Tu as toujours cru en moi, comme je croirai toujours en toi, et m’a donné la force de devenir meilleure.
Tes larmes ont coulé comme les miennes, même si nous n’avons pas pleuré ensemble.
Tu souris à la vie même quand elle ne te sourit pas, une belle leçon d’optimisme.
Tu portes en toi des failles et des souffrances que tes fous-rires donnent l’illusion d’occulter, une belle leçon de courage.
Tu as le charme et la beauté de celles qui aiment profondément les gens et qui leurs vouent leur vie, sans doute un peu trop, et assurément à tes dépends.
Tu es une mère et une épouse aimante, j’ai eu la chance d’en témoigner devant les plus hautes instances.
Alors si, comme le prétend Alcuin, « L’amitié est la similitude des âmes », je suis heureuse d’être ton amie pour que mon âme prenne de la graine de la tienne…

Encore bon anniversaire ma Stef.

08 août 2006

Une semaine de retour aux sources : leçon n°1 = Ne pas avoir de regrets

En ce premier jour de vacances, la nuit m’a semblé bien étrange.
Seule dans mon lit, dans ma chambre d’enfant, puis d’adolescente, j’observe autour de moi et rien n’a changé.
Même tapisserie vieux rose, mêmes cadres aux murs, bureau et son contenu intacts, parquet ciré, armoire pleine de vêtements, ampoule toujours grillée de l’applique à droite du lit.
Je pourrais me dire que ma sœur va surgir de la chambre voisine et que nous allons discuter à la lueur d’une lampe torche, puis inévitablement finir par nous chamailler.
Je pourrais me dire que quand le réveil va sonner au matin je voudrai faire vite pour ne pas rater le bus qui m’emmène vers mes cours.
Je pourrais me dire que maman va m’appeler depuis la pièce du dessous, à intervalles réguliers, jusqu’à ce que je daigne ouvrir un œil.
Je pourrais me dire que je n’ai fait que rêver ces dix dernières années de ma vie, depuis que j’ai quitté le domicile familial.
Je pourrais me dire que mes erreurs et mes coups durs n’ont jamais existé, que ce n’était qu’un simple cauchemar et que l’avenir qui m’attend évitera ces écueils.
Je pourrais me dire que je ne m’imagine pas tout ce que la vie va me réserver, les changements, les départs, les renouveaux.
Je pourrais me dire que j’ai encore l’innocence et la fraîcheur qui me permettront de croquer la vie à pleines dents et d’en tirer le meilleur.
Je pourrais me dire tout ça.
Mais à y regarder plus attentivement, mon lit de bois rustique est un peu plus loin dans la pièce et a été remplacé par un modèle des années 60, avec placage acajou vernis effet miroir.
Sur le côté de l’armoire pend un long sac de plastique blanc contenant une robe de mariée aussi inutile que l’union qui l’a vue portée, témoin d’une erreur lointaine, depuis légitimée par un précieux bout de papier.
Sous le bureau, des albums aux pages incomplètes, aux photos découpées dans un accès de rage ou de déception, aux protagonistes dont parfois je ne me rappelle plus le nom.
Un mur entier est couvert de cartons remplis, reliques des déménagements successifs et d’une famille qui s’est agrandie.
J’entends dans la chambre opposée des éclats de rire échangés et un appel récurrent : « Maman, maman ! ».
C’est bien moi qu’on appelle, moi qui, malgré un chemin de vie des plus cahotiques, ai la chance d’être la personne la plus importante à cette heure-ci aux yeux de ces deux petits êtres.
Alors comment me dire que la vie est cruelle et n’en garder que des regrets ?
Elle m’a fait le plus beau cadeau qui soit, comme un pied de nez aux difficultés, et dans ma chambre d’enfant, devenue grande, je souris.